Etude Influence Hitch

Published on juillet 25th, 2016 | by Marc

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Les Grands Styles de Réalisations au Cinéma

120 ans que le cinéma existe et bien des films ont été fait. Bien des réalisateurs se sont illustrés grâce à leur talent. Chacun des grands réalisateurs a son style, même si on peut se rendre compte qu’il y a des similitudes, des courants, des familles de réalisation, une sorte d’appartenance, une certaine façon de faire un film.

Je me suis efforcé de recréer ces grandes catégories dans cette étude. Bien sûr ce n’est qu’un essai, qui n’a pas pour vocation a être exhaustif, mais il permettra de se faire une idée.

A noter qu’il y a certain réalisateur dans plusieurs catégories, bien souvent parce que leur style est multiple et ne se résume pas à une seule catégorie.

Si vous en voyez d’autre n’hésitez pas à me le faire remarquer, je compléterai la liste.

1 - Les Dramaturges

by Strauss-Peyton Studio, bromide print, circa 1920Principalement des réalisateurs de comédie. Ils abordent le cinéma comme une version filmée du Théâtre. Il y a donc un travail primordial avec les acteurs (voir parfois ils sont eux même acteurs), de grandes répétitions en amont de l’ensemble du film comme pour un filage au théâtre et les comédiens sont l’élément vital de ce genre de film (ou l’expressivité pour les dessins animés). Du coup le réalisateur aura tendance à filmer en plan large ou en champ contre champ. Il n’y a pas de travail de l’image, on est dans le minimum syndical, il n’y a pas d’idée de mise en scène et pas de dramatisation non plus, tout se reposant sur la mise en image du scénario, l’interprétation des comédiens et sur le rythme qu’ils insufflent au film.

On peut compter parmi eux : Charlie Chaplin, Buster Keaton, Woody Allen, Jean Marie Poiré, Francis Veber, Clint Eastwood, Ron Howard, Jodie Foster, Jane Campion, François Truffaud, Jacques Tati, Jean Renoir

2 - Les Réfléchis

Alfred-HitchcockIls considèrent le cinéma comme un art rigoureux comme pouvait l’être la peinture et la musique classique. Ce sont des réalisateurs qui pensent qu’un plan évoque certaine chose chez le spectateur et qu’on ne peut pas cadrer n’importe quoi, n’importe comment. Chaque élément dans le film est maîtrisé de A à Z, bien souvent à l’aide d’un Storyboard. Ils ont une conscience aiguë de la manière dont le spectateur peut vivre une scène et en joue pour le manipuler dans le but de lui faire ressentir des émotions. Sorte de réalisateur total, il n’y a pas de place (ou très peu) à l’improvisation et la vie peut parfois avoir du mal à s’insérer dans les plans si rigoureusement choisis.

On peut compter parmi eux : Alfred Hitchcock, Steven Spielberg, Brian De Palma, Robert Zemeckis, Paul Verhoeven, Soeur Watchowski, Jean Jacques Annaud, Henri Georges Clouzot, Woody Allen, Sam Mendes, les frères Coen, Mathieu Kassowitz, Satoshi Kon, Roman Polanski, Francis Ford Coppola, David Cronenberg, Michael Cimino, Frederico Fellini, Orson Welles, Billy Wilder, Serguei Eisenstein

La Mise en Scène d’Alfred Hitchcock

3 - Les Lettrés

CoenUn film c’est avant tout une bonne histoire, ces réalisateurs, vont donc s’investir à fond dedans, bien souvent en scénarisant eux même. C’est d’ailleurs ce qui les distinguent d’un Réfléchi, c’est à dire, qu’ils n’ont pas le détachement que pourrait avoir un Réfléchi sur l’histoire (qui pourraient eux modifier le scénario parce qu’ils estiment que leur idée de mise en scène le justifie.)

Un Lettré a murement pensé son histoire en amont et il est si proche de son récit qu’il y a peu de chance qu’il supprime un pan entier de son scénario, chaque détail compte, il aura même tendance à en rajouter, si l’inspiration lui vient sur le tournage. Souvent les personnages sont bien décrits et le rythme y est soutenu.

On peut compter parmi eux : Frère Coen, James Cameron, Francis Weber, Shane Black, Samuel Benchétrit, Jacques Audiard, Georges Lucas

4 - Les Improvisateurs

claude-lelouchIls n’aiment pas être enfermés dans un carcan et pour eux le cinéma est affaire de Liberté, ils sont diamétralement opposés aux Réfléchis. Pour eux, le cadre se décide sur le tournage, idem pour la lumière et les comédiens connaissent eux le texte (lorsqu’il y en a un) tout va se décider sur le moment. C’est une grande pression pour l’ensemble de l’équipe mais quand c’est réussi le film gagne en vitalité et en spontanéité.

On peut compter parmi eux : Claude Lelouch, Lars Von Trier, Wong Kar Wai

5 - Les Graphiques

jean_pierre_jeunetC’est des visuels, ils considèrent le cinéma comme une peinture ou une photo en mouvement, chaque détail doit être maitrisé afin que l’image soit parfaite. De part cet aspect de la maîtrise, ils se rapprochent des Réfléchis à la différence près que l’image est vraiment leur préoccupation centrale, ce qui n’est pas le cas des Réfléchis qui recherchent à maîtriser l’ensemble pour aller dans le sens du film, c’est à dire que fond et forme soit en adéquation. Il est possible qu’un Réfléchi est une image détériorée ou laide parce que l’histoire le nécessite, ce qui est impossible pour un Graphique qui est un maniaque de l’esthétisme. Ils auront même tendance à choisir des sujet de films qui leur permettront de faire de belles images.

On peut compter parmi eux : Jean Pierre Jeunet, Stanley Kubrick, Jean Jacques Beneix, Terence Malick, David Fincher, Sergio Leone, Terry Gilliam, Wong Kar Wai, Walt Disney, Miyasaki, Don Bluth, Alfonso Cuaron, Peter Jackson, Tim Burton, Zack Snyder, Ingmar Bergman, Max Ophuls, Fritz Lang, Jean Cocteau

6 - Les AVID

TarentinoC’est des aficionados du montage (sur les machines AVID entre autre). Ils auront tendance à construire l’ensemble de leur film sur une astuce de montage ou bien ils pourront rendre un scénario banal extraordinaire par le biais d’un montage inventif. Et lorsque l’on parle de montage inventif, il ne faut pas le confondre avec un montage frénétique, c’est la catégorie Nerveux décrite plus bas.

On peut compter parmi eux : Martin Scorsese, Oliver Stone, Daren Aronowski, Milos Forman, Baz Luhrmann, Quentin Tarentino

7 - Les Mystérieux

David LynchC’est bien souvent des réalisateurs Réfléchis à la base qui décident de donner de la profondeur à l’aspect artistique de leur œuvre. Il n’y a pas de demi mesure, on adore ou on déteste, ils sont bien souvent très clivants, certains les prenant pour des escrocs qui essayent d’enfumer des évidences, d’autres des génies qui transcendent le réel. On les distingue des Rebelles car leur approche, même si elle est parfois difficilement compréhensible au premier abord, est avant tout émotionnelle alors que l’autre est plus intellectuelle.

On peut compter parmi eux : David Lynch, Stanley Kubrick, Christophe Nolan, Richard Kelly, Darren Aronofsky

8 - Les Rebelles

Jean Luc godardLe cinéma est un art, mais comme tous les arts, il a des codes et des règles. Les Rebelles vont s’évertuer à casser ces codes au risque de parfois faire un film incompréhensible ou élitiste, mais c’est cette démarche qui permet de parfois découvrir des pépites uniques et de faire avancer le cinéma.

On peut compter parmi eux : Jean Luc Godard, Leos Carax, Gaspar Noé, Oliver Stone, Michelangelo Antonioni

9 - Les Nerveux

michael bayIls ont été biberonné à MTV et, pour eux, un bon montage passe par une accumulation de plan. Il n’y a pas de réflexion en amont, juste une volonté de faire du rythme, voir des ruptures de rythme, avec l’utilisation de ralentis / accélérés appelés Various Speed sans autre but que faire du « beau ». Là où les AVID pourraient s’apparenter à du piano, ici ce serait plus de la batterie.

On peut compter parmi eux : Josh Whedon, JJ Abrams, Michael Bay, Christophe Nolan, Damien Chazelle, tous les clips sur MTV

10 - Les Monomaniaques

john-wooIls aiment également l’image, ils se rapprochent des Graphiques, mais ils ont souvent un tic de mise en scène très reconnaissable qu’ils revendiquent faisant leur marque de fabrique. Ils n’ont pas la rigueur des Graphiques, ils n’ont pas non plus la polyvalence d’un Réfléchi, mais ce qu’ils font, ils excellent dedans.

On peut compter parmi eux : John Woo, Alfonso Curaon, Mel Gibson, Luc Besson

11 - Les Technologiques

young-george-lucas1Ils repoussent les limites du cinéma sur l’aspect technologique, sur l’équipement, sur les prouesses techniques et spectaculaires. L’idée de faire un film peut parfois être motivé, pour eux, uniquement pour relever ce challenge technologique.

On peut compter parmi eux : Georges Lucas, James Cameron, Jean Pierre Jeunet, Steven Spielberg, Robert Zemeckis, Michael Bay, Roland Emmerich, Howard Hugues, Georges Méliès, les soeurs Wachowski, Walt Disney, Pixar, Peter Jackson, Zack Snyder, Cecil B Demille

12 - Les Réalistes

Ken LoachLe réel doit primer sur tout. Un câble électrique dans le champ ? La comédienne a des rougeurs disgracieuses sur le front ? Ce n’est pas grave, dans la réalité, tout ça existerait. Et ici on veut du réel, de l’authentique, ne surtout pas tricher avec la lumière, du maquillage, ou tout type d’artifice. Comme le réel est recherché, bien souvent le cadrage se fera sur le vif, caméra à l’épaule afin d’obtenir un côté documentaire plus dans le ton de l’aspect réaliste recherché. La différence que l’on peut donner entre un Réaliste et un Improvisateur, c’est l’image. Dans celui des Réalistes l’image doit être non-esthétique (certains diront laide mais c’est une question de gout) alors que chez les improvisateurs, l’image peut avoir du caractère, voir être très stylisé chez Wong Kar Wai, par exemple, mais c’est le déroulement du tournage qui est sans garde fou. A l’inverse, il y aura sans doute de la préparation chez les Réalistes alors que chez les Improvisateurs, la spontanéité doit primer les répétitions seront donc minimisées voir n’existeront pas du tout.

On peut compter parmi eux : Ken Loach, Maiwenn, Thomas Vintenberg, Lars Von Trier, John Cassavetes, Jacques Audiard, Pedro Almodovar, Luchino Visconti, Robert Bresson

13 - Les Néo Réalistes

michael-hanekeJe les ai appelé les Néo Réaliste, parce qu’ils viennent des Réalistes, mais l’utilisation qu’ils font des procédés « réels » sont détournés pour en faire une fiction plus maîtrisée qu’il n’y parait. Mais quand je dis maîtrisé, le niveau n’atteindra jamais celui des Réfléchis, on se rapproche plus de celui des Monomaniaques. Un Neo Réaliste est un enfant improbable entre un Réaliste et un Monomaniaque. L’idée sera de filmer avec le plus de réalisme des phénomènes qui ne le sont pas du tout. C’est la différence avec les Réalistes et ce qui les rapprochent des Monomaniaques c’est qu’il n’y a pas d’idée de mise scène autre que caméra DV à l’épaule et l’utilisation du hors champ.

On peut compter parmi eux : Michael Haneke, Projet Blair Witch, Rec, Projet Almanach, Chronicle, Paranormal activity…

14 - Les Instinctifs

Howard HawksIls n’ont parfois pas fait d’école de cinéma, ou de formation artistique, ils ont appris le cinéma sur le tas, ou ont vu beaucoup de films, ils ont développé un goût de l’image, un gout du cinéma, mais leur absence de connaissance leur empêche de pouvoir maîtriser parfaitement ce qu’il raconte, néanmoins à la différence des Dramaturges, ils ont un style reconnaissable sans être, bien sûr, aussi poussé que les Graphiques.

On peut compter parmi eux : John Carpenter, Akira Kurosawa, Howard Hawks, John Ford

Allez plus loin

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« Tout ce qu’on ne vous apprendra jamais à l’école de cinéma« 

(et qui est pourtant essentiel pour réussir.)

Bonne lecture !

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