Pourquoi regarder en VF est une bonne chose ?

Oh le sujet polémique ! Qu’il est dur de nos jours de dire que l’on regarde un film en VF sans être toisé d’un regard de mépris ! On passe tout de suite pour un pauvre type qui n’y connait rien au cinéma, une sorte d’homme de Neandertal de l’audiovisuel. Comme j’ai souvent croisé beaucoup de pro-VO, je connais bien leurs arguments, et j’en ai ici un petit florilège que je vais m’empresser de contrer, car pour moi, regarder un film en VF est une BONNE chose.

Pour plus de rapidité et afin que l’article soit compris de tous, VO est l’abréviation de Version Originale et VF de Version Française.

La qualité du doubleur

Argument qui arrive en top liste, c’est que les doubleurs français sont nazes et qu’en gros ils sabotent le travail. Argument qui est plus que suspicieux venant de la bouche de quelqu’un qui ne jure QUE par la VO. Car si c’est vraiment un puriste, il ne regarde plus que des films en VO et plus du tout de VF, alors comment peut il savoir que la VF est pire ?

A cette question, la réponse est souvent : « parce que je connais très bien le film en VO et quand je suis tombé « par hasard » à la télé hier, j’ai pas pu, ça m’a tué le film, j’ai d’ailleurs pas pu aller au bout. » A cette réponse que vous avez souvent entendu, je répondrai qu’il y a un phénomène qui est assez courant et que même les aficionados de la VO ne peuvent nier, c’est l’accoutumance.

Il m’est, pour ma part, impossible, ou disons très difficile, de voir – et pour le coup d’entendre – Indiana Jones ou Retour vers le futur en VO, pourquoi ?

Pas parce que les acteurs originaux sont moins bons que les doubleurs, mais parce qu’enfant j’ai associé mes héros préférés à leur voix, et que tout autre voix vient comme parasiter mon habitude.

Et on pourrait croire que c’est parce qu’à l’époque il y avait de vrai doubleur, celle là aussi je l’ai d’ailleurs souvent entendu : « dans les années 80, il y avait de vrai doubleur, alors que maintenant… »

J’ai une amie qui a 23ans qui ne jure que par la VO et qui me confessait que quand elle était jeune (c’est à dire il n’y a pas si longtemps) les doubleurs étaient bons mais que maintenant ça laissé à désiré, elle me prenait comme exemple Harry Potter qu’elle avait vu enfant en VF et qu’il lui était impossible de voir en VO même maintenant. Et Harry Potter c’est les années 2000.

Les doubleurs ne sont pas de pire en pire, ils ne sont même pas meilleurs, c’est juste une question d’habitude et pas de qualité.

L’argument comme quoi certains doubleurs sabotent le film est recevable (ça peut arriver, le nier serait de la pure mauvaise foi) tout autant l’argument comme quoi certains doubleurs peuvent redresser la barre est tout aussi valable.

Nous parlions tout à l’heure d’Harry Potter,  Daniel Radcliffe, n’en déplaise à ses fans, n’est pas un bon comédien, en tout qu’à pas dans Harry Potter, c’est même le plus mauvais de la bande et pourtant en VF le ravage de son jeu est bien plus supportable.

Alors les pro VO peuvent argumenter que peu importe qu’il soit bon ou mauvais ça reste la version originale et que ce qui compte c’est l’authenticité. C’est justement le point qui suit.

L'authenticité du comédien

« Quand j’écoute Tom Hanks en VO j’entends sa respiration, je le sens presque présent, alors que sa voix en VF est comme trop propre et en plus les lèvres ne correspondent pas à ce qu’il dit. »

Vous l’avez déjà entendu celle là aussi. Et pourtant qu’est ce qu’il est tarte comme argument ! Premièrement, très souvent les acteurs originaux se doublent eux même et bien souvent le labial (c’est à dire le mouvement des lèvres) ne correspond pas aux paroles originales !

Les raisons sont nombreuses, bien souvent les sons extérieurs, rue, aéroport, foule, rendent le son direct inutilisable, et parfois c’est les comédiens eux même qui préfèrent redoubler leur voix. Robert De Niro par exemple ne supporte pas les prises de son direct et il parle à mi voix lors des prises afin que le son soit inexploitable et qu’il faille le redoubler.

Le son VO est tout aussi artificiel que le son VF

Ensuite pour ceux qui dise : « oui mais il joue mieux en VO qu’en VF ». Cet argument est très offensant pour un acteur.

Un acteur ce n’est pas une voix, c’est un tout

Un acteur pour qui la voix serait tout s’appellerait un chanteur. Il a été démontré que 80% du ressentis passait par l’attitude et non pas par les mots qui sont bien souvent imparfaits ou incomplets pour pouvoir exprimer dignement un sentiment. Donc dire qu’un comédien joue mieux en VO qu’en VF ne peut être que faux. On peut apprécier plus le ton de la voix d’un comédien plus que celle du doubleur, ou inversement, mais ça ne fera pas que son attitude physique change complètement.

Enfin pour ceux qui ne jurent que par la voix, en disant que c’est la voix qui doit primer sur le reste, ces personnes ne peuvent pas dire qu’elle aime le cinéma, elle aime en réalité la radio

D’ailleurs la démonstration en est très simple, prenez la radio, enlevez le son, il ne reste rien. Faites la même chose pour le cinéma et il reste un film. La plupart des meilleurs films, des meilleurs séquences de cinéma se passent sans dialogue. Spielberg disait que lorsqu’il conçoit son storyboard il a pour critère de qualité que le film puisse fonctionner sans dialogue, s’il nécessite l’intervention d’un dialogue pour faire comprendre ce qu’il vient de ce passer, il retravaille la séquence.

Le cinéma c’est le 7ème art mais c’est aussi l’art premier, parce qu’il englobe tous les autres arts

Le respect du texte

Maintenant que nous avons vu l’authenticité de l’acteur l’autre cas d’école est le respect du texte. C’est un problème typiquement français, un reste de la nouvelle vague, où le texte serait le centre de tout et qu’il faudrait le respecter. C’est vrai le texte original est important, qu’il soit stupide ou brillant, il doit être retranscrit tel quel et bien souvent ce qu’on reproche au doubleur c’est de déformer ce qui est dit, voir de faire des contre sens.

J’imagine que ça à pu arriver, j’imagine aussi que comme nous l’avons évoqué précédemment, l’inverse est sans doute possible, que le traducteur en passant de la VO à la VF ait embelli le texte. C’est possible, ça a du arriver, parfois même c’est préférable. Prenons par exemple les blagues nationales sont parfois difficiles à traduire littéralement et nécessitent une adaptation.

Mais plutôt que de partir d’hypothèse en hypothèse, allons aux faits et les faits c’est quoi ?

C’est que la traduction est valable aussi bien pour les doubleurs que pour les sous titres. C’est imparable

Il n’y aurait pas une traduction pourrie dans l’un (le doublage) et une traduction géniale dans l’autre (les sous titres). Mais tâchons quand même d’aller un peu plus loin.

Le doublage permet une latitude d’expression bien plus vaste que le sous titre. Le sous titre nécessite une concision qui n’est pas nécessaire dans le doublage et l’ironie de la chose c’est que c’est le sous titre qui bien souvent respecte le moins le texte d’origine car il est un résumé de ce que vient de dire le comédien et ce pour une question de rythme de lecture.

Alors quitte a respecter le texte autant regarder le film en VF !

Il y a un autre argument des pro VO qui pointe le bout de son nez, c’est celle de la non lecture des sous titres. Mais j’y viens c’est le point en dessous.

J'ai pas besoin de lire les sous titres

« Je suis quasi bilingue à force de regarder les séries en VO, j’ai plus besoin des sous titres. »

Ok. Bien. Si c’est le cas ne met pas de sous titre.

Si tu es bilingue, c’est l’idéal c’est sûr

Mais là où le bas blesse chez ce genre de personne c’est qu’elles vont te dire que regarder des films en VO c’est comme manger vegan ou se déplacer à vélo, c’est une hygiène de vie.

Ce qui veut dire qu’elles regardent TOUS les films en VO et qui dit tous les films, dit aussi des films arméniens, japonais, croates, etc… et là où « je parle parfaitement anglais » (car bien souvent les séries ou les films sont anglophone) est un argument recevable, ça ne tient plus du tout la route sur les autres films en VO, à moins bien sûr que la personne soit polyglotte, ce qui je pense est peu probable. C’est possible. Mais peu probable.

Passons maintenant à la contre attaque, pourquoi regarder des films en VOST est une hérésie.

Respect de l'oeuvre

Comme nous parlions des sous titres et du respect de l’œuvre, il y a un aspect bien plus important que le respect du jeu comédien qu’il ne faut pas sous estimé : c’est le travail du réalisateur.

Lorsque l’on regarde un film, un réalisateur, un bon réalisateur, a pensé au point de focalisation, il a pensé où le spectateur DOIT regarder. S’il regarde ailleurs, le film peut être incompris ou pire mal compris. Quoiqu’il en soit le réalisateur s’est pris la tête à composer un cadre et à s’efforcer d’emmener le spectateur dans le film.

Un sous titre est une cicatrice sur le film

Le spectateur regarde alors en bas de l’image là où il devrait regarder ailleurs. C’est une catastrophe et que dire des sous titres qui sont bien blancs dans un film d’horreur où l’image est globalement sombre. Impossible de créer le noir complet.

Imaginez une scène où un personnage est perdu dans l’obscurité et qu’il murmure à l’aide. Vous allez avoir une image quasi noir avec une silhouette de notre héros enveloppé de noir et au moment où il murmure vous allez avoir un phare blanc qui va apparaître en bas, illuminant toute la salle de cinéma !

C’est une injure au travail du réalisateur

Alors je veux bien qu’en VO à ce moment là on entende le frémissement de la narine gauche du comédien et que c’est particulièrement émouvant, mais là ce qui me donne envie de pleurer c’est ce flash blanc en bas de l’image.

Il y a bien sûr des cas où, dans un film, il est prévu qu’y ait des sous titres, mais à ce moment là, c’est voulu par le réalisateur, il sait où le spectateur regarde à ce moment là.

Ce n’est donc pas le sous titre qui est en cause mais bien son utilisation alors qu’il n’est pas voulu

C’est d’ailleurs pour cela que si vous êtes bilingue regarder le film en VO sans sous titre est bien entendu l’idéal. Car là où les pro VO affirment que regarder un film en VF est une offense au comédien d’origine, il ne faut jamais oublier que le comédien est supervisé par le réalisateur, et que ce comédien n’est qu’un maillon (important certes) du film et que ce n’est pas son œuvre mais celle du réalisateur. C’est à lui qu’il faut faire attention de ne pas saboter le travail.

Et son travail passe par le comédien qu’il dirige mais pas que, la conception du cadre est primordial, il y aura parfois des passage dans un film sans comédien, mais jamais il n’y aura des passages sans cadre. C’est pourquoi regarder un film sous titré est une offense au travail du réalisateur.

Impact émotionnel

Comme nous parlions de regarder un film en VO sans sous titre si vous êtes bilingue est important, il y en a une autre qui l’est d’autant, c’est l’impact émotionnel.

Nous l’avons dit 80% de la puissance émotionnelle d’un film passe par l’expression des comédiens (et bien sûr le travail de composition du réalisateur) mais qu’advient-il de ces 20% ? C’est l’impact de la parole. Pour ma part il y a une sous utilisation en VO.

Une émotion est instinctive, elle n’est pas, par définition, rationnelle

Ce qui veut dire, pour résumer, qu’elle passe par le cœur avant d’arriver à la tête. Or lorsque nous lisons ce que le comédien vient de dire c’est l’inverse qui se passe. Idem si vous ne maîtrisez pas la langue. Vous traduisez ou lisez (intellect) puis vous ressentez (émotion).

Lorsque vous regardez un film dans votre langue maternelle, vous ne traduisez pas, vous êtes connecté émotionnellement au film, ce n’est pas le cas avec des sous titres

Elite

Une autre chose que je trouve dommage avec les films en VOST c’est qu’il divise la population. Voir il exclu. Il y a de plus en plus de film diffusé en VOST à Paris, je crois même qu’il y en a plus que de film en VF. Ce qui est dommageable parce les puristes de la VF se rendent donc de moins en moins au cinéma, mais pas que, il y a aussi ceux qui ne savent pas lire, ou qui lisent mal (comme les vieux ou les enfants) qui ne se retrouvent plus dans les salles de cinéma.

A une époque où l’on parle de mixité sociale je trouve rageant que le cinéma, qui était si fédérateur, puisse à ce point diviser

Tous les éconduits de la VO se retrouvent contraints de ne pas voir le film au cinéma, mais chez eux.

Soft power

Enfin le dernier point que j’aurai aimé parler est ce qu’on appelle le soft power. Je vous invite d’ailleurs si vous voulez en apprendre plus dessus à lire le livre Mainstream qui est dans la liste des livres à lire sur ce site. Vous vous rendez peut être compte, il y a une guerre silencieuse, qui ne fait pas de victime et qui pourtant fait des ravages. C’est la guerre de la culture. C’est une bataille d’influence, elle est moins désagréable que la guerre à l’ancienne, mais elle a pour bu d’anéantir et d’envahir.

Mais au lieu que ce soit l’armée qui pénètre sur notre territoire c’est le territoire qui se transforme en celui de l’envahisseur

Ici cette bataille, vous l’avez sans doute deviné, nous est livré par les américains. Je ne suis pas en train de faire de l’anti-américanisation primaire, je n’ai rien contre eux, et je dirai même que je préfère, et de loin, leur cinéma au notre. C’est juste une mise en garde.

Plus les choses vont plus notre langue perd de sa superbe

Il y a de plus en plus de mot anglais dans notre vocabulaire, ce qui n’est pas grave en soi s’il n’y avait que ça, la plupart des termes modernes liés au technologie sont anglais, ok, c’est logique, c’est la mondialisation, chacun doit pouvoir se comprendre et s’entendre sur un mot. Mais que ce passe-t-il quand c’est des mots de notre quotidien qui disparaissent au profit de mot anglais ?…

Un exemple qui est symptomatique c’est l’utilisation à outrance dans les affiches de film. Il y a des titres qui sont aisément traduisibles pourquoi les laisser en anglais ? Quand on regarde « The revenant » pourquoi ne pas l’avoir appeler « Le revenant » ? Franchement, le sens est le même, sauf que c’est en français. Et que dire des titres en anglais qui sont traduit une fois en France… en anglais ! « Phone Booth » devient en français « Phone Game »… Je veux bien que phone booth ne veut rien dire pour un français, mais alors pourquoi ne pas le traduire directement « cabine téléphonique » a le même sens que « Phone Booth » c’est juste que comme on le comprend ça peut paraître tarte. Mais dans ce cas pourquoi ne pas l’adapter, prenons « Piège de cristal » titre incroyable par rapport à « Die Hard » (dur à cuire). Il y a moyen de faire de belles choses.

Et lorsque je vois que les films en VO se démocratisent de plus en plus, je trouve ça dommage pour le film bien sûr, mais aussi pour notre langue.

Bientôt ce n’est pas regarder un film en VF qui sera bizarre mais regarder un film français

Car ce ne sera pas le film qui posera problème, mais la langue, sa sonorité, qui pausera problème. Et cette bataille sera alors belle et bien terminée.

The end.

Bilan

Il n’y a pas de meilleur façon de regarder un film. Chacun voit midi à sa porte. Je trouve toujours regrettable que l’on impose une façon de faire.

Et lorsque j’entends que c’est une hérésie de regarder un film en VF, je me sens dans l’obligation de rééquilibré la balance, regarder un film en VO est tout aussi peu naturel que de lire un livre dans sa langue d’origine.

Bien sûr certains le feront, mais combien sont-ils ? Une élite. Alors si l’on nous impose pas les livres exclusivement en anglais dans Paris, pourquoi nous imposer les films en VO au cinéma ? Je suis d’avis que ceux qui veulent regarder des films dans sa langue d’origine le fassent mais qu’ils ne fassent pas porter le blâme à ceux qui souhaitent regarder un film dans leur langue maternelle.

Le cinéma, c’est de l’art, mais c’est aussi un plaisir, et je suis d’avis qu’il ne faut pas bouder son plaisir. Alors regardez le film en VF si cela vous fait plaisir, car l’essentiel ne se situe pas dans le sous titre ou même le sous texte mais bien dans le non dit

Bilan

couverture2J’espère que cet article vous aura plu, sans doute que ce guide gratuit vous intéressera  :

« Tout ce que l’école de Cinéma ne vous apprendra jamais »

(Et qui est pourtant essentiel pour réussir)

A quelle adresse souhaiteriez vous que je vous l’envoie ?

Je déteste les spams, votre adresse mail ne sera jamais cédée ni revendue 😉

21 Comments
  1. Sylvain P. 2 années ago
    Reply

    Enfin quelqu’un qui dit tout fort ce que tout le monde pense tout bas !

  2. Nikky77 2 années ago
    Reply

    Pas mal, même si je continuerai à regarder les films en VO j’avoue que mon regard sur la VF a un peu bouger malgré tout

  3. Clément P. 2 années ago
    Reply

    Article cherchant à créer un débat qui n’a pas lieu d’être. La VO par définition est originale et respecte les choix du réalisateur, ce qui n’est pas le cas de la VF.

    • Marc 2 années ago
      Reply

      Vous avez raison Clément, la version originale est pure et ne serait être remise en cause, et ce n’est pas le cas de cet article, où justement je dis cette version doit être vu en priorité si le spectateur maîtrise parfaitement la langue.
      Là où il est intéressant de se poser cette question c’est dans le cas où le spectateur ne comprend pas la langue utilisée dans le film, à ce stade là, le film sera inévitablement altéré. C’est imparable.
      Soit par les sous titres (qui n’étaient pas dans la version originale et qui donc par définition ne peut plus dès lors être appelé originale car la version a été modifié) soit par les doublages, soit par notre interprétation hasardeuse. Car si vous ne comprenez pas la langue du film et que vous décidez néanmoins de le regarder sans sous titre ni doublage, vous ne pourrez jamais être sûr à 100% de comprendre le film et en ça vous modifiez l’intention initiale du réalisateur et donc vous ne pouvez pas décemment dire avoir assisté à la version originale du film mais à une version-que-vous-vous-êtes-faites de la version originale.
      Donc quitte à l’altérer l’oeuvre originale, quelle version est la plus pertinente ? C’est ça en réalité la question qui est abordée dans cet article.
      C’est donc plus subtile qu’il n’y parait et si ce n’était pas clair, au moins votre intervention m’aura-t-elle permis de peut-être le clarifier. Merci Clément et hésitez pas à donner votre avis, il est le bienvenu.

      • Clément P. 2 années ago
        Reply

        Je vous remercie Marc de votre réponse qui m’a permit de mieux cerner votre point de vu et le but de cet article. Effectivement, la VF s’impose dans ces conditions.

        • Marc 2 années ago
          Reply

          Merci Clément de votre compréhension et au plaisir de vous lire de nouveau.

  4. M.H 2 années ago
    Reply

    Beaucoup de vérité dans vos propos…

    Ce qui me dérange dérange dans les arguments pro VO, c’est la constante comparaison de la VO à une mauvaise VF…
    Plus facile d’argumenter comme ça…
    En revanche, si on comparait une VO à VF qui retranscrit tout à 100% (émotion, cohérence lèvre et son,… ) : il n’y aurait plus d’argument contre la VF

  5. Marc 2 années ago
    Reply

    Beaucoup de vérité dans ce que vous dites également ! Si cet article vous permet de pouvoir argumenter face à un pro VO de « circonstance » (c’est à dire un spectateur qui suit la tendance au lieu d’essayer de raisonner par lui même) j’en serai heureux 😉

    • M.H 2 années ago
      Reply

      Effectivement, vous avez raison de préciser pro VO de « circonstance ».
      Les autres (ceux qui sont bilingues), je les comprend tout à fait si il préfère les VO… mais c’est bien connu en France, on est très doué en langue (surtout en anglais) et dès qu’il faut parler en anglais à un étranger, les pro VO de « circonstance » ne sont plus là….

      Un point que tu ne soulève pas il me semble…
      C’est que pour les dessins animés, on ne peut pas parler de VO… un dessin animé n’a pas de son dans sa version original.

      • Marc 2 années ago
        Reply

        Tout à fait exact ! Et pour le dessin animé, le son est effectivement complètement créé mais comme les dessins animés sont destinés aux enfants, la plupart du temps, il n’est souvent dispo en salle qu’uniquement en VF, et comme tu le sais comme moi, les pro VO sont des gens sérieux, et donc ils ne regardent pas de dessins animés, donc l’argument est à peine recevable de leur point de vue.
        Sauf bien sûr s’il s’agit d’un Myasaki, qu’il faut absooooolummment voir en VO parce que sinon tu passes à côtés de toute la profondeur de ses oeuvres, parce que, comme chacun sait, tous les pro VO sont bilingues japonais.

  6. Conan 1 année ago
    Reply

    Je parle 4 langues et en toute honnêteté je peux vous assurer que les doublages français sont particulièrement mauvais…

    Paradoxalement les VF de Jeux Vidéo sont tout à fait honorables voir même très bonnes alors que les doublages VF de dessins animés (US, FR, Jap, etc…) sont globalement mauvais ! (Il y a des exceptions bien sûr)

    Le problème principal vient généralement du timbre de voix des doubleurs qui ont, pour beaucoup, des voix moches. Ça peut paraître froid comme remarque, mais c’est vrai…

    • Marc 1 année ago
      Reply

      Merci Conan pour votre remarque. Je suis également polyglotte et je n’ai pas le même ressenti et je pense que c’est effectivement une question de goût, car comme vous dites qu’un timbre de voix est « moche », ou même « beau », c’est une question de goût.
      Après ce qui est plus surprenant c’est que ça ne vous choque pas dans un jeu vidéo et plus dans un film. Alors que parfois les doubleurs de jeu vidéo sont des doubleurs dans les films… Comme par exemple la voix narrative de Soul Reaver, est la voix française de Kevin Costner. Vu votre avatar, je pense que vous serez sensible à cette remarque, la voix française d’Arnold Schwarzenegger a doublé comme jeu vidéo « l’âge de Conan », mais aussi Sam Fisher dans la licence « Splinter Cell » et plus récemment dans « Overwatch » et comme vous parliez de film d’animation il a également doublé dans « Toys story 2 », « la Belle et la Bête » et plus récemment dans la « reine des neiges ».
      Ce que je veux dire à travers cette remarque, c’est qu’il y a des doublages lamentables, les premiers doublages français de jeux vidéos sont même à mourir de rire tellement ils sont ridicules. Mais il ne faut pas généraliser, il y a de mauvais doubleurs, de la même manière qu’il y a, en langue originale, de mauvais comédiens (qui sont parfois sauvés lors du doublage). Merci pour votre remarque, et au plaisir d’en lire d’autre.

      • M.H 1 année ago
        Reply

        Paradoxalement, si les gens arrêtent de regarder les VF à cause de doublage parfois mauvais, la qualité du doublage n’évoluera pas en mieux.
        Globalement et pour beaucoup de pro VO de « circonstance », c’est la mauvaise qualité du doublage qui les a amené au VOSTFR.
        C’est l’offre et la demande, du coup, les gens regarde moins de VF donc pas besoin de faire de la qualité.

        Les jeux vidéos ont des doublages qui sont de mieux en mieux parce que les studios mettent les moyen pour ça… Y a pas de secret…

        Au passage, il n’y a pas de VO ou VF dans des films d’animations et dans les jeux vidéo… au mieu la VO n’a pas de son… sinon ça mettrait les mains des développeur à très rude épreuve…

  7. Max Cady 1 année ago
    Reply

    Il est bien dommage que vos grossières fautes d’orthographes décrédibilisent votre article, il n’avait pas besoin de cela vu les arguments trouvés dans ce dernier.

    Je reprends les grandes lignes, parce que bon c’est un ramassis.
    Mais un brin choquant donc je me permets.

    « Argument qui arrive en top liste,
    c’est que les doubleurs français sont nazes »

    Tu pars mal, le premier argument et le seul qui devrait suffire c’est que le doublage est un non-sens total. Regarder un film doublé c’est regarder la parodie du film. Le thriller devient comédie. On ne peut pas bien doubler un acteur, on peut le doubler avec un poil plus de cohérence qu’un autre, mais pas bien.

    L’accoutumance. Tu as raison sur ce point là. Mais uniquement lorsque les films sont liés à l’enfance, l’adolescence. T’as vu un Sergio Leone a 12 ans en VF ? Evidemment qu’il ne te semblera pas si dégueulasse aujourd’hui, puisque familier et vecteur de souvenir, mais tu pourras très bien le regarder en VO et l’apprécier sans problème. L’inverse ne se fait pas.

    Moi si demain je mate pour la première fois Le Parrain en VO, et que je suis amené à le revoir plus tard en VF, je n’irai pas jusqu’au bout et même, je ferai tout pour me désister de la séance. Car ce sera infâme. Ni plus ni moins. Un gribouillage évitable sur une fresque.
    Pacino, Brando, De Niro, Cazale.. Quel amoureux du cinéma veut de leurs voix françaises ? Quelque chose cloche dans nos contrées.

    « Premièrement, très souvent les acteurs originaux se doublent eux même et bien souvent le labial (c’est à dire le mouvement des lèvres) ne correspond pas aux paroles originales ! »

    Enlève « très » et « bien souvent », tu seras gentil. A moins de te gaver uniquement de soupe-busters aux indécents budgets. Et même si cette technique est utilisé, ce procédé est aux antipodes de l’absurdité de la VF. Ne dénature pas le film, ne le rend pas parodique.

    « Un acteur pour qui la voix serait tout s’appellerait un chanteur »

    Tu passes tout ton article à vouloir « descendre » les arguments débiles des puristes des salles obscures, et tu finis par écrire un argument de ce niveau. Problem sir ?

     » Il a été démontré que 80% du ressentis
    passait par l’attitude et non pas par les mots » ->

    Ah ? Qui ? Source ? La voix, le geste, c’est kif-kif, 50%. Rien ne va sans l’autre. Point.

    « Enfin pour ceux qui ne jurent que par la voix,
    en disant que c’est la voix qui doit primer sur le reste,
    ces personnes ne peuvent pas dire qu’elle aime le cinéma,
    elle aime en réalité la radio » ->
    Moment où tu touches l’ice-berg. A toute vitesse, bam à l’eau. J’ai l’impression de lire l’avis d’un gosse de 6e qui vient d’apprendre y’a une heure ce que voulait dire V.F.

    « La plupart des meilleurs films, des meilleurs séquences de cinéma se passent sans dialogue »
    Au fond de l’eau, les mots sont tirés au sort pour assembler des phrases. Hasard.. qui traduira ?

    « Je suis quasi bilingue à force de regarder les séries en VO, j’ai plus besoin des sous titres. »

    « Ok. Bien »

    On sent toute la rancoeur, la jalousie de celui qui n’arrive pas à lire suffisamment vite pour se délecter des VO’s, car au fond tu sais la vérité. On refoule comme on peut.

    « Respect de l’oeuvre »

    Tout ton paragraphe : L O L, si je puis dire. L’argument pointilleux. Excuse quoi.
    T’es pas Milos Forman, gars. Lui serait peut-être légitime à en parler. L’argument quoi..
    T’as l’air encore plus pointilleux que les « végans du cinéma » que tu dénonces.
    T’es du genre à mettre sur pause pour aller aux chiottes, je me trompe ?
    A ne pas décoller ton regard de l’écran ? A te retenir lorsque la tension se fait fatidique ? Super comme moi, comme tout bon amateur de films.
    Mais toi ,paradoxe monstre : tu n’aimes pas la VO. Le seul point où tu te laisses aller, où tu n’es pas tatillon.

    « C’est une injure au travail du réalisateur »
    + de 99 % te diront que ce qui insulte, dénature leurs créations ce sont les doublages.

    « Lorsque vous regardez un film dans votre langue maternelle, vous ne traduisez pas, vous êtes connecté émotionnellement au film, ce n’est pas le cas avec des sous titres » ->
    Tu serais gentil également de ne pas affirmer ce genre d’inepties… ridicule. Même pas la peine de développer.

    « Elite » -> C’est une blague là par contre ? Je sais pas où tu crèches. Beaucoup plus nombreux sont les cinémas foisonnant de VF, et parfois (souvent) sans la possibilité de choisir la VO. Evidemment pour les petits cinémas indépendants ne servant pas uniquement des soupes knor au menu, l’authenticité est privilégiée et le public visé n’est pas seulement celui des Tuche ou celui abonné au combo JT/Prime time tous les soirs.

    « Bientôt ce n’est pas regarder un film en VF qui sera bizarre mais regarder un film français »
    Les deux le sont. Enfin moins regarder un film français bien sûr. Mais aujourd’hui y’a quoi ? Question sérieuse. A part deux-trois ovnis qui flottent chaque année..

    « Il n’y a pas de meilleur façon de regarder un film. » ->

    Si, on va pas se cacher que c’est mieux devant un rétro-projecteur maison ou au cinéma que devant son ordinateur avec une qualité pourrave.
    On va pas se cacher que c’est mieux de la regarder pépère, bière-clope la main sur le slibard que de le regarder livide dans un costard trop petit.

    On va pas se cacher que ceux qui regardent la VO ont d’autres attentes que ceux qui regardent la VF, qui cherchent juste a débrancher le cerveau, se laisser aller, se divertir en somme.
    C’est pour cela que bien souvent un adepte de la VF aura moins de culture cinéma qu’un adepte de la VO. Dans la quasi totalité des cas.

    C’est un peu le même problème avec la musique, d’un côté t’as les gens qui écoutent les radios intensives de masse, qui écoutent ça sans vraiment écouter. C’est comme de la soupe en boîte, pas de goût, pas de saveur, on y fait même pas attention quand on le consomme. Ceux qui écoutent toutes les dernières sorties à la mode, les tubes etc..

    Et de l’autre t’as ceux qui vont chercher, creuser dans plein de substrats différents, aiguiser leurs goûts grâce à des découvertes plus improbables, magiques les unes que les autres. Et dans chaque pièce sonorisé où il ira, il aura une façon différente d’apprécier la musique. Il aura du goût. Ses goûts mais du goût, comme un fromage. Il saura séparer à vu d’ouïe la soupe de la bisque. Et saura reconnaître la bisque qu’il n’aime pas, sans la cataloguer comme soupe.

    Là est toute la différence. Mais l’être sans goût n’aimant pas ces discussions périlleuses pour lui a inventé une chose astucieuse : « CHACUN SES GOÛTS » -> phrase miracle, avec ça plus de discussion possible, on clôt le tout. J’ai pas tort, t’as pas tort, c’est une affaire de goût.
    Cette phrase peut s’utiliser dans d’autres contextes, j’y conviens.
    Utilisé pour parler musique, cinéma c’est absurde et facile.

    L’exemple dérive mais c’est lié. Ce sont les mêmes personnes.

    En tout cas ton article, c’est mal.

    C’est comme les sites dédiés aux chats où des « journalistes » écrivent des articles recommandant, faisant l’éloge de l’enfermement à vie des chats en appartement, tout ça pour le petit bonheur égoïste du propriétaire de l’objet. Triste monde.

    Sur ce.

    • Marc 1 année ago
      Reply

      Cher Max,

      Je te remercie d’avoir pris la peine d’écrire un tel commentaire, nul doute que le sujet te tenait à coeur et je te remercie d’avoir partagé ton opinion.
      Je me permets de te tutoyer, vu qu’initialement dans ton commentaire tu me vouvoies et qu’en cours de route le tutoiement fait son apparition. Ce qui est la volonté (inconsciente qui sait 😉 d’un rapprochement, je ne vais donc pas mettre de distance entre nous, d’autant que, bien qu’un poil suffisant, tu es très sympathique.
      Prenons tes remarques une par une, la première concerne les fautes d’orthographe, j’avoue que malgré une relecture, des fautes d’orthographe sont si vites arrivées, c’est la passion que veux-tu ! on s’enflamme et hop, une faute ! Je remarque que nous avons ça en commun. Tu as également disséminé des petites fautes de ci de là, toi c’est plus la grammaire avec laquelle tu es fâché mais, moi vois-tu je ne vais pas utiliser la bonne vieille astuce que tu as utilisée pour discréditer mon propos qui consiste à dire que parce que la forme est mauvaise, le fond l’est également. Merci Schopenhauer. Mais heureusement tu ne t’es pas contenté de te reposer derrière cette vieille ruse, tu as essayé de trouver des arguments (enfin quand tu en trouvais 😉 nous allons les passer en revue.

      Lorsque tu dis que l’argument qui devrait arriver en pole position et qui serait, d’après toi, le seul argument qui devrait suffire c’est le fait que le doublage est une hérésie parce qu’il dénature l’œuvre.
      D’après moi tu confonds “hypothèse » de base avec “solution”. Nous partons du principe que pour qu’un film soit compréhensible par quelqu’un qui ne maîtrise pas la langue utilisée, il doit y avoir traduction. C’est la base.
      Donc on ne va pas remettre en cause le fait qu’il y ait altération de l’œuvre. De part la traduction, elle même, il y a altération de l’œuvre, c’est l’hypothèse de base.
      Et la question qui est posée, est la suivante : “qu’est ce qui l’altère le moins ? Les sous titres ou les doublages ?”
      Car on est d’accord que l’idéal (et c’est dit dans l’article) reste encore de voir tout film dans sa langue d’origine sans aucune altération de quelque sorte. C’est l’évidence. Mais tout le monde ne maîtrise pas toutes les langues qui peuvent réaliser des films et donc à un moment, la question se posera pour eux : Sous titre ou doublages ? Ou autre si, à l’avenir, d’autres moyens émergent.
      Donc dire que ton argument premier c’est que le doublage est un non sens parce qu’il altère l’œuvre d’origine, c’est malheureusement hors sujet, c’est une erreur de lecture du problème.

      Je te remercie de mon concéder l’accoutumence. A la fois quand tu dis que l’inverse ne se fait pas, je vais te dire oui et non. Oui pour les mêmes raisons d’accoutumence, lorsqu’on est habitué à la voix réelle d’un comédien, passer sur un doublage pique les oreilles effectivement, mais il y a des films où les comédiens parlent trop vites ou usent de blagues culturelles qui, une fois traduites et adaptées, font sens. Je pense aux films des frères Coen en général ou à “Trainspotting” de Danny Boyle en particulier. Pour le Parrain, je ne vais pas te contredire, c’est pareil pour moi 😉

      « Quel amoureux du cinéma veut de leurs voix françaises ? Quelque chose cloche dans nos contrées. »
      Il ne faut pas confondre amour du cinéma (image en mouvement, émotion, thème véhiculé, histoire, montage, musique, etc…) avec la voix d’un comédien. On peut aimer le cinéma et ne pas aimer la voix d’origine des comédiens américains (ou autre), par contre le fait d’aimer les voix des comédiens américains ne veut pas dire nécessairement aimer le cinéma. Tu prends un élément particulier que tu l’ériges en règle générale. Schopenhauer de nouveau.

      Pour les doublages des films tu dis :
      « Enlève « très » et « bien souvent », tu seras gentil. A moins de te gaver uniquement de soupe-busters aux indécents budgets. Et même si cette technique est utilisé, ce procédé est aux antipodes de l’absurdité de la VF. Ne dénature pas le film, ne le rend pas parodique. »

      Tu admettras que je peux laisser « bien souvent » car l’idée justement était de ne pas généraliser une pratique qui ne l’est pas. Il y a des films (français notamment (sic)) qui utilisent le son d’origine de A à Z. Le doublage est un budget et tous les films ne peuvent pas (ou ne veulent pas) se le payer. C’est pour ça que je ne peux pas dire : “tous les films ont recours au doublage.” C’est faux.

      « Un acteur pour qui la voix serait tout s’appellerait un chanteur »

      Tu ne sembles pas apprécier mon argument, que d’ailleurs tu n’arrives pas à contrer tant c’est une évidence, c’est ce qu’on appelle un argument marteau. C’est une évidence et c’est pour ça que je trouve que c’est un très bon argument. Un comédien est bien plus qu’une voix. En un sens un chanteur peut évidemment véhiculer beaucoup par autre chose que sa voix, c’est vrai. Mais enlève lui sa voix et il n’est plus chanteur (de fait) enlève la voix à un comédien, il sera encore comédien. C’est imparable.

      « Il a été démontré que 80% du ressentis passait par l’attitude et non pas par les mots » -> Ah ? Qui ? Source ? La voix, le geste, c’est kif-kif, 50%. Rien ne va sans l’autre. Point. »

      Alors les références, il y en a beaucoup. Déjà l’étude d’Albert Mehrabian qui explique que 93 % de la communication est non verbale. On est au dessus des 80. Mais je pensais surtout à Daniel Kahneman, dans son livre “systeme 1 et systeme 2 : les deux systemes de pensées » atteste que plus de 80 % de la communication est hors verbale. Tu vas me dire que c’est un sombre tocard que j’ai trouvé je ne sais où. Le monsieur a obtenu un prix Nobel pour, notamment, ses recherches sur la psychologie cognitive. Le type sait donc de quoi il parle, ou disons juste, que son avis a sans doute plus de poids que le tien. Je suis désolé d’utiliser un argument d’autorité, mais, plus bas dans tes remarques, tu ne t’en es pas privé en disant que je ne suis pas Milos Forman. Certes je ne le suis pas, et toi tu n’es pas prix Nobel en psychologie cognitive.
      Enfin dernier élément qui assoit complètement le fait qu’on est loin du 50/50 c’est que le sens le plus utilisé par l’Homme reste, et de loin, la vue. C’est le sens le plus utilisé 70% des infos passent par la vue, c’est ce que démontre en 2015 des scientifiques américains de l’université d’Emory en Georgie. Tu peux retrouver ces données dans le PNAS (Annales de l’académie nationale des sciences).

      « Enfin pour ceux qui ne jurent que par la voix, en disant que c’est la voix qui doit primer sur le reste, ces personnes ne peuvent pas dire qu’elle aime le cinéma, elle aime en réalité la radio » → Moment où tu touches l’ice-berg. A toute vitesse, bam à l’eau. J’ai l’impression de lire l’avis d’un gosse de 6e qui vient d’apprendre y’a une heure ce que voulait dire V.F. »

      Bon visiblement mon argument, qui se voulait être en plus un trait d’humour, ne t’a visiblement pas plu. Mais à la fois que proposes-tu pour me le contrer ? Rien. Tu dis juste qu’il est faible, voir ridicule. En décortiquant mon argument, il est réel. Quiconque aime plus que tout la voix, pensant que c’est ce qui prime dans un film, doit écouter (avec délectation) des romans lus et joués à la radio. L’image étant inutile, voir secondaire, pour ces gens là. On est bien d’accord, que personne ne regarde un film que pour la voix des comédiens (enfin j’espère) et c’est justement le but de cet argument qui vise à grossir le trait, pour montrer l’absurdité de vouloir à toute force magnifier les dialogues au détriment de ce qui fait l’essence même du cinéma : l’image en mouvement. C’est une démonstration par l’absurde, c’était une petite provocation, mais rien de méchant. Enfin j’espère.

      « La plupart des meilleurs films, des meilleurs séquences de cinéma se passent sans dialogue » Au fond de l’eau, les mots sont tirés au sort pour assembler des phrases. Hasard.. qui traduira ? »

      Ici, si tu ne comprends pas cet argument, je ne peux rien pour toi. Tu cites Sergio Leone, l’intro d’ “il était une fois dans l’ouest » est juste magnifique, et nul besoin de dialogue. C’est du pur cinéma.
      Oserais tu dire que Psychose n’est pas du cinéma ? Pourtant plus de 50 % du film est muet, idem pour Sueur Froide. Sans parler des Chaplin.

      « Je suis quasi bilingue à force de regarder les séries en VO, j’ai plus besoin des sous titres. Ok. Bien » On sent toute la rancoeur, la jalousie de celui qui n’arrive pas à lire suffisamment vite pour se délecter des VO’s, car au fond tu sais la vérité. On refoule comme on peut. »

      Point de rancoeur, ironiquement tu parlais de projection inconsciente, tu viens d’en faire la démonstration ! Pour ta gouverne, je parle l’anglais plutôt bien, je suis marié à une taiwanaise et suis bilingue en mandarin, tu es plutôt mal tombé. Ce n’est pas de la rancoeur, plus un style que j’utilise quand j’écris mes articles. J’expose un fait et comme à l’oral, je dis « bon, voilà qui est dit, maintenant que pouvons nous en tirer ? » Mais il est vrai que si tu n’es pas un habitué de mes écrits (il y a de grandes chances que rien que l’idée de lire d’autres articles de moi doit te faire horreur) tu ne le sais pas, par contre ce qui est drôle c’est que, pour le coup, tu as vraiment fait une belle projection ! Bien joué !

      « Respect de oeuvre » Tout ton paragraphe : L O L, si je puis dire. L’argument pointilleux. Excuse quoi. »

      Alors nous arrivons au passage de la légitimité. Je ne suis pas Milos Forman, argument imparable. Donc parce que je ne le suis pas, je ne peux pas exprimer mon opinion de réalisateur ? Sans doute.
      Reste qu’il y a une personne qui l’a dit et qui, je suis sûr, fera autorité, c’est… toi. Tu cites au départ de ton argumentaire : “Regarder un film doublé, c’est regarder un film parodié. »
      Pourquoi le film est-il parodié d’après toi ? Parce qu’il est modifié, c’est ton idée, parce que tu balayes de la main le fait qu’il puisse être « bien doublé », et bien modifié, donc par le simple fait d’être doublé, c’est une erreur parce qu’il y a modification. Or mettre des sous titres est une modification de l’œuvre qui devrait te scandaliser tout autant.
      Pour illustrer sur ce dont je parlais du travail sur les points de fuite (entre autre) et du travail du réalisateur qui est complètement anéanti par les sous titres, je t’invite à regarder (si tu ne l’as pas déjà vu) le travail sur les points de fuite de Kubrick résumé dans cette vidéo :

      https://vimeo.com/48425421

      Et imagine deux secondes des sous titres en dessous. Si l’idée de ces sous titres ne t’attriste pas, j’en suis désolé pour toi. Et oui je suis passionné de cinéma et non je ne mets pas pause pour aller aux toilettes, j’ai une grande vessie 😉

      « Lorsque vous regardez un film dans votre langue maternelle, vous ne traduisez pas, vous êtes connecté émotionnellement au film, ce n’est pas le cas avec des sous titres » ->Tu serais gentil également de ne pas affirmer ce genre d’inepties… ridicule. Même pas la peine de développer. »

      Si justement ça vaut la peine de développer, si tu as bien sûr des arguments à présenter autre qu’une sensation qui te fais dire que c’est ridicule. Je te renvois au livre des deux systèmes de pensée cité plus haut ainsi que quelques citations qui peuvent étayer que le cinéma est un art plus viscéral que cérébral  :
      « Prenez les bébés par exemple, les mères pour les distraire, se cachent. Les enfants crient, se croyant soudain abandonnés. Et alors, les mères réapparaissent. Les bébés hurlent de joie ! Les spectateurs se comportent de la même manière. » Hitchcock.

      Mon premier travail est de créer l’émotion, et mon deuxième est de la préserver.La vraisemblance est sacrifiée au profit de l’émotion pure. Le film est un récipient qu’il faut remplir d’idées cinématographiques « charger d’émotions ». Hitchcock

      Maintenant sur l’élitisme. Alors j’habite en banlieue parisienne et j’avoue qu’aller voir un film en VF sur Paris, ça ne s’improvise pas. Il faut mener son enquête sous peine de tomber sur de la VO. Et mis à part si tu veux aller voir un dessin animé, tomber sur la VF c’est chaud. Maintenant quand j’évoquais l’élitisme c’est qu’il y a (d’après moi) une majorité de français qui souhaite regarder un film en VF et qu’à cause d’une minorité influente (une élite donc) on nous impose (à Paris en tout cas) des films en VO.

      Maintenant je te rejoins quand tu dis que le public de la VO n’est pas le même que celui de la VF. Ce que tu dis est partiellement vrai d’après moi. Tu dis que les spectateurs de la VF sont, en gros, des incultes qui n’ont pas envie de réfléchir en voyant un film. Alors oui, il y en a, c’est clair. Lorsque l’on met un film en VO (alors que l’on ne maitrise pas la langue en question, sinon la question ne se pose pas) alors il y a un effort à fournir, comme lorsque l’on se met à lire un bouquin. Avec la VF, le spectateur français se laisse aller au film. Donc les aficionados de la VO sont des cérébraux, ce qui ne veut pas dire qu’ils ont plus de culture ou qu’ils sont plus intelligents que les spectateurs de la VF. Ils placent juste leur plaisir dans la tête, là où le spectateur de VF le place dans l’affect, l’émotion, pour plaisir instinctif, immédiat ou… dans la tête (car ce n’est pas incompatible). Il n’y a pas un plus honteux qu’un autre, ceux qui lisent des grands romans ne sont pas plus dans le vrai que des lecteurs de BD ou de manga. Il y a des passerelles entre les deux. Je voulais juste apporter une nuance à ton tableau, un peu trop radical.
      Pour résumer : les spectateurs de VO prennent donc leur pied avant tout par la tête, là où les spectateurs de VF, c’est plus flou, il y a des cérébraux, des cultivés (François Truffaut était-il un inculte parce qu’il regardait les films d’Hitchcock en VF ?) et enfin d’autre qui prennent leur pied par leur affect, ce qui (à mon avis) est moins le cas des pro VO.

      Et je terminerai par ce qui t’as fait bondir, les goûts dans la nature. Oui bien sûr c’est une manière d’éviter le débat, de concilier tous les bords, mais est-ce si faux que ça ? J’ai ma manière de voir des films, qui me semble bonne, parce qu’elle me conviens tout simplement. Ce que je n’aime pas, c’est le diktat qu’il nous est fait par les bobos du cinéma, qui laissent sous entendre qu’il n’y a qu’une seule manière qui soit bonne pour regarder un film, c’est dans sa langue d’origine, et c’est tout.
      Dans ce cas là, pour les livres c’est encore pire, car ce n’est pas un paramètre qui est modifié, c’est le matériau de base, lui même qui est modifié. Est ce pour autant dire que tous les romans de HG Welles, Huxley ou encore les pièces de Shakespeare il faut les lire dans leur langue d’origine sous peine de passer à côté de l’œuvre ? Non, sérieusement ? On peut le faire, si on en a la capacité, mais de là à dire qu’une personne qui lit Hamelet en français est un inculte, c’est ridicule. Va dire ça à un Victor Hugo, ou un Flaubert qui eux l’ont lu dans la langue de Molière.
      Non, je suis désolé, il y a d’autres voies, il y a d’autres possibilités en fonction de ce qu’on attend du cinéma.

      Et ça, que tu le veuilles ou non, ça dépend de la personne. C’est en ça que dire, tous les goûts sont dans la nature, ça fait sens. Et ce n’est pas pour autant que j’évite le débat, mon opinion a été exprimé, elle est à contre courant de la doxat ambiante, j’ai essayé d’apporter autant d’arguments possibles, pour ne pas juste dire, « moi j’aime » ou « j’aime pas », alors il y a peut-être des maladresses, des fautes d’orthographe, mais je l’espère qu’il aura de l’idée.
      Sur ce.

    • M.H 1 année ago
      Reply

      Bonjour Max,

      Je me permet de relever le point suivant (Marc a assez développé sur les autres point :
      « « C’est une injure au travail du réalisateur »
      + de 99 % te diront que ce qui insulte, dénature leurs créations ce sont les doublages.  »

      Y a une époque ou 99% des gens pensait que la Terre était plate il avait tort…

      Au delà de cette anecdote, je pense que les personnes les plus à même de juger de ce qui dénature un film, c’est le réalisateur du film et pas 99% des des gens qui préfèrent la vo et pas ceux qui préfère la vf.
      Qu’en pense les réalisateurs du coup?
      J’aimerai bien connaitre leur avis sur la question : Le doublage dénature-t-il vos oeuvres?

      • Marc 1 année ago
        Reply

        Merci M.H. pour tes commentaires, toujours des questions pertinentes 🙂 Pour ma part, en tant que réalisateur je préfère un bon doublage qui n’altère pas l’image et la concentration qu’un sous titre. Mais ça je pense que mon opinion sur la question était déjà assez claire 😉 Ce que je rajouterai, c’est que la raison pour aller au delà du « j’aime » et « j’aime pas » c’est qu’un doubleur sera bon ou mauvais, et donc nuira plus ou moins l’oeuvre, un sous titre, lui, altérera systématiquement le film, il n’existe pas de sous titre plus ou moins discret.
        Alors pour moi c’est sans appel.
        Mais comme dis notre ami commun, Max Cady : je ne suis pas Milos Forman. Je rajouterai donc que certain réalisateur comme les frères Coen supervisent eux même les doublages. C’est donc dire qu’ils les cautionnent, une telle attention n’est pas apportée aux sous titres.

        • M.H 1 année ago
          Reply

          Exact.
          Pour la guerre des étoiles également à l’époque Lucas avait supervisé le doublage de son film à l’international.
          Allant même à choisir les doubleur lui même.
          La traduction pour le doublage de mot tel que sabre laser qui collait plus au lèvre que la traduction littérale de lightsaber : sabre de lumière a été retraduit dans son langage d’origine lasersaber et validé par Lucas car ça ne dénaturait pas l’esprit du film.
          Idem pour le titre Star wars traduit littéralement par la guerre des étoiles au lieu des guerres de l’étoiles parce qu’en français ça n’a pas de sens par rapport au film alors qu’en anglais ça en a qui a ensute été retraduit en anglais pour que Lucas puisque vérifier que ce titre respectai bien son œuvre était bien respecté…

          • Marc 1 année ago

            Bien vu ! Tu m’as l’air d’avoir une très bonne connaissance des arcanes du cinéma, si tu as le temps j’aurai aimé avoir ton avis sur l’étude que j’ai faite sur les dessous de Star Wars. Et comme on parlait de supervision des doublages, il y a aussi les comédiens qui se doublent parfois eux même dans deux langues, c’est le cas notamment de Jodie Foster, qui se double elle même dans la version française de ses films, et ça c’est la classe 🙂

          • M.H 1 année ago

            Avec plaisir, n’hésites pas à me contacter par mail (si tu as pu le récupérer avec mes commentaire sinon je referai un message avec mon dedans)

  8. dylem29 1 année ago
    Reply

    J’ai commencé à regarder Harry Potter en français quand j’étais gamin ( j’ai 23 ans ), et je ne supporte pas la VF. 😀

    Je regarde que en VO, et oui le jeu d’acteur de Daniel Radcliff est horrible.

    Là je regarde GoT en VF avec ma mère, puisqu’elle n’arrive pas à lire ET regarder la série en même temps, et le fait de regarder en VF fait perdre en authenticité, j’ai l’impression que toutes les voix se ressemblent. Varys est horrible en VF.

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