Ready Player One

Dans un monde apocalyptique, les humains passent leur temps dans un monde virtuel appelé l’Oasis. Chaque utilisateur de ce monde essaye de trouver les trois clefs cachées qui permettront de trouver l’œuf magique, mais surtout les milliards d’euros qu’il représente. Un jeune no life, Wade Watts, va tenter de relever le défi… 

Ready Player One est le 32ème film de Steven Spielberg. Il sort le 11 Mars 2018 aux Etats Unis et le 28 Mars de la même année en France avec un budget de 175 M $ et a rapporté plus de 405 M $ à l’heure où j’écris ses lignes. C’est donc bien parti pour être un succès. Le film a le deuxième plus gros budget de Spielberg, le premier étant Indiana Jones et le crâne de Cristal qui avait coûté 10M $ de plus.

10 Films notables sortis la même année : Solo, Black Panther, Les Indestructibles 2, L’île aux Chiens, Predator 4, Taxi 5, Dans la Brume, Ralph 2.0, Cloverfield Paradox, Alita

C’est parti pour le test.

Histoire

15 / 20

Un héros parti de rien qui doit récupérer un objet fabuleux en surmontant différentes épreuves pour sauver son peuple. On est dans la pure quête du Héros. Maintenant l’univers à l’air riche et les références au jeux vidéo et aux années 80 ont l’air nombreuse. Le film donne envie. Finalement ce qui fera tout le sel sera la qualité des énigmes et la cohérence de l’univers.

L’histoire est prometteuse mais ce qui inspire le plus c’est l’univers qui peut être intéressant. 

Scénario

6 / 20

Le film débute par une présentation de l’univers. Il y en a deux : celui qui est dévasté où les corps demeurent, et celui qui est vécu par les esprits des joueurs, qui est appelé l’Oasis. L’histoire se passe principalement dans l’Oasis. Mais le démarrage se passe dans le monde réel, on suit un jeune homme qui passe plusieurs habitations, où l’on entraperçoit des habitants en train de jouer au fameux jeu. Tous portent les lunettes de réalité virtuelle.

Puis le jeune homme, Wayne, se connecte au jeu et pénètre dans l’Oasis. Là, on comprend qu’il y a plusieurs zones et que notre héros à l’habitude d’ y aller mais en plus, il a des amis dans le jeu, notamment un : Aech.

Ensemble ils veulent tenter une des épreuves qu’à laisser le génial inventeur Hallyday : une course de voiture. Visiblement impossible, car, les joueurs ont beau la tenter régulièrement, impossible d’en voir le bout. On apprend également qu’il y a une multinational qui investi de l’argent et qui payent des centaines de joueur pour trouver l’oeuf magique.

Tout ça peut sembler excessif, mais il est vrai que s’il y a des milliards à la clef ainsi que le contrôle de l’Oasis, il est fort probable que des entreprises s’y intéresse et soit prête à investir de l’argent.

La course va commencer, et l’on comprend qu’il y a une joueuse assez populaire qui participe à la course. Il s’agit d’Artemis. On sent rapidement que le héros, qui est présent dans le jeu sous le nom de Perzeval, a le bégain pour elle.

Ils tentent la course, elle est effectivement très difficile parce que beaucoup d’obstacles, et Parzival sauve in extremis Artemis qui ne parvient pas à sauver sa moto.

Ils quittent la course et se rende au garage de Aech qui repère la relation naissante de Parzival et Artemis tout en réparant la moto de cette dernière.

Ils quittent le jeu.

Wayne va voir sa tante Alice qui est en train d’engueuler son copain du moment. Ce dernier a dépense trop d’argent dans le jeu. Wayne demande à Alice de quitter ce type, mais celle ci l’engueule à son tour.

Arrêtons nous quelques minutes sur ce démarrage.

Il y a, à mon sens, un problème de crédibilité de l’univers. La quasi majorité des gens sont connectés au jeu. Ok. Comment marche l’économie du pays ? Qui travaille ? Personne ? Dans ce cas, comment les gens se nourrissent ils ? Comment se chauffent ils ? Qui fait leur vêtement ? Et plus important qui gère le réseau internet ou même l’électricité si tout le monde joue au jeu ?

Si on considère que tout est automatisé (alors qu’il y a eu une guerre atomique il y a une vingtaine d’année… mais admettons) ce qui veut dire que la grande majorité des gens n’ont pas de travail, donc pas d’argent, comment se payent ils leur matériel pour jouer au jeu ? Admettons une fois de plus que ce soit fourni, ou que ce soit du matos pirates, finalement il y a si peu de gens qui utilise l’argent qu’on peut se demander à quoi il sert ? Et pourtant il doit servir à quelque chose vu que la Tante Alice se plaint de ne plus en avoir assez pour payer les frais courants.

Reste qu’on se demande bien qui elle paye pour ça… Enfin, plus grave, si peu de personne ont de l’argent (vu que la plupart joue au jeu) l’économie est quasi morte, il n’y a plus rien à vendre et donc à acheter, alors… à quoi sert le fait de gagner l’œuf magique qui donne des milliards d’euros ?

L’œuf permet le contrôle de l’oasis, c’est heureusement suffisant pour être un bon enjeu, mais le scénariste aurait pu s’abstenir des milliards d’euro qui ne servent à mon sens à rien, vu que l’argent ne permet plus rien.

On peut maintenant aussi se poser la question de la pertinence de la société IOI. Résumons :

  • ils veulent obtenir la direction de l’Oasis. (et les milliards d’euros qui ne servent à rien)
  • l’économie du pays est au point mort, les gens n’ont pas d’argent
  • une fois IOI en possession de l’Oasis, il pourra submerger de pub les joueurs

Bien. Mais IOI fera la pub de quoi ? Vu qu’il n’y a plus d’industrie ? De la pub pour des objets virtuels ? Ok. C’est gratuit ? A priori pour que ce soit intéressant pour IOI, il faut que l’argent virtuel soit payé avec de l’argent réel (et c’est attesté vu que Tante Alice s’en plaint) mais si les gens n’en gagnent pas, comment pourront ils payer ? Le serpent se mord la queue.

On comprend que l’objectif de IOI est stupide. Mais pas autant que l’univers.

Reprenons le déroulement du film.

Wayne est sous le charme de Artemis, ils retournent dans le jeu et va dans le musée de Halliday. Il peut revoir les événements clés de la vie de James Halliday. Il y a un majordome qui sert de guide. Il observe une séquence en particulier et à une révélation qui lui permet de comprendre que la course ne peut se gagner en allant de l’avant mais uniquement en partant en arrière. Ok.

Il part donc en marche arrière, remporte la course et se fait repérer par Artemis qui l’a vu partir en arrière ainsi que par le patron d’IOI qui voit en lui le nouveau type à abattre, car il a reçu la première clé qui donne un indice sur la prochaine épreuve.

Bien. Analysons tout ça.

Tout d’abord le musée, comment se fait il, alors qu’il y a de l’argent et du pouvoir à la clef, que l’on sait que tout réside dans le créateur, comment se fait il que personne d’autre ne soit présent dans le musée ? Il devrait y avoir une batterie d’agent de IOI qui analyserait les moindres mouvements du Maître Halliday, qui lancerait des programmes pour déceler des anomalies quelconques pouvant donner un indice. Ça me semble particulièrement peut crédible qu’il n’y ait personne. Alors on peut se dire que c’est une astuce (maladroite) du scénariste pour montrer que là où la société IOI s’intéresse à la récompense et au challenge en lui même, elle en oublie l’humain derrière. Ce qui démontrerait (dans la logique du scénariste) que notre héros est plus rusé, plus fin et surtout plus humain que les autres.

En fait, ça ne démontre qu’une chose, c’est que les autres sont stupides, tant c’est évident qu’il faut aller dans cet endroit.

Et ça provoque en plus un deuxième effet :

  • ça affaiblit le récit, parce qu’on comprend que l’antagoniste n’est pas à la hauteur
  • ça affaiblit l’univers, tant c’est difficile de croire que personne ne viennent dans cet endroit

C’est donc clairement une mauvaise idée.

Ensuite le raisonnement comme quoi il faut qu’il parte en marche arrière est une erreur de plus. L’intérêt d’une bonne énigme c’est quand on a une chance de la déceler. Ici, mis à part le héros qui, à partir de sa propre logique, parvient à trouver, ce n’est pas satisfaisant. On comprend lorsqu’il met le doigt sur un moment du dialogue mais de là à partir en arrière dans la course…

Il y aura d’ailleurs un contresens plus tard, où d’un côté le scénariste annonce qu’il faut y aller à reculons et d’un autre qu’il faut aller de l’avant lorsqu’il s’agit d’une relation amoureuse…

Il n’y a pas d’unité, l’ensemble des clés ne permet pas de mettre en lumière quelque chose de plus grand.

Alors oui, certain dirons que pour la première énigme ce n’est pas aller en arrière physiquement, mais plutôt retourner en arrière dans le temps (d’où la DeLorean) mais malheureusement dans la course, il va physiquement en arrière, ce qui est un contresens totale.

Il est inutile de relever tous les points bancales du scénario, je n’en relèverai que quelques un qui illustrent bien les problèmes récurrents.

On l’a compris les énigmes ne sont pas à la hauteur, ce qui affaiblit le récit, mais il y a pire, il y a des coïncidences complètement farfelues.

Notez plutôt : Notre héros joue sur un jeu connecté au monde entier, et la coïncidences veut que :

  • sa copine dans le jeu soit sa voisine
  • son meilleur pote dans le jeu soit son voisin
  • ses autres potes soient également ses voisins
  • la société IOI et donc son ennemi juré siège à quelques kilomètres de chez lui.
  • Le co programmeur du logiciel habite également dans la même zone.

Les coïncidences sont troublantes.

Les incohérences criardes :

  • Un des jeunes pirate la machine du super méchant.

Il y a certes une annonce pour le mot de passe, mais comment se fait il qu’il sache faire ça ? Les jeunes passent tout leur temps sur le jeu vidéo, alors question : Comment a-t-il appris à faire ça ? Ils ne vont pas à l’école.

  • Le grand méchant qui se rue seul pour tuer les jeunes.

Cette incohérence est vraiment ma préférée parce que c’est une incohérence à tiroir, elle en cache plusieurs à la suite. Voyez plutôt : Pourquoi notre grand méchant se rend-il seul dans le bidonville ? Il a une armée de mercenaire, pourquoi y va-t-il seul ? Parce qu’il est orgueilleux ? Parce qu’il est stupide ? Ensuite il arrive dans le bidon ville où habite les enfants et là double blague :

1- les habitants lui bloquent le passage en lui disant qu’ils savent qui il est. ?!?! Comment est ce possible ? Tous les gens passent leur temps dans le jeu vidéo, ils n’ont plus le temps de voir les infos pour repérer le patron IOI. Et si l’on invoque le fait qu’il ait travaillé en tant stagiaire avec le grand Halliday, il était invisible, les héros le disent eux même, il n’avait aucune personnalité. Et de l’eau à couler sous les ponts qui plus est, donc il y a peu de chance que des habitants se souviennent de lui.

2- les habitants ne souhaitent pas que le méchant aille tuer le groupe de gentils. Pourquoi ? Parce qu’il va tous les sauver ? Non. Enfin peut être, ils n’en savent rien, c’est l’intention de IOI que de les blinder de pub, mais ça les habitants n’en savent rien. En revanche ils savent qu’il y a un joueur (le Héros) qui va gagner des millions et pas eux.

Total : ils sont en train d’empêcher une personne qui pourrait neutraliser celui qui va les empêcher d’avoir une chance de gagner des millions. Ce n’est pas crédible.

Ils auraient pu le laisser faire, pour avoir après une chance eux de gagner l’épreuve et d’empocher l’argent. Et comme les habitants ne le font pas, on a un vague sensation de bisounours et bon sentiment difficilement digérable.

Ce qui fait qu’à la fin, on peut dire super le héros est multi milliardaire il a l’hégémonie sur l’Oasis ! Super !

En fait ce qui vient de se passer est horrible si on prend du recule, on aurait pu espérer que le héros détruise l’univers histoire que les gens reviennent à la vie réelle, et bien raté. Il conserve cet univers qu’il dirige avec ses potes. Enfin qu’il dirige seul, parce que ces potes ne servent à rien et qu’après tout il n’y a que son nom sur le contrat. Enfin il possède l’argent (qui ne sert à rien rappelons le) et il va pouvoir le filer à toute la population… En fait non, il le garde pour lui.

Belle morale.

Le scénariste essaye quand même de dire qu’il y aura des moments où le jeu sera coupé. Histoire qu’il y ait un peu de vie réelle. C’est bien même si on se demande comment le Héros a pu en arriver à cette réflexion vu qu’il n’y a pas de trame narrative qui oppose le réel au factice.

Le scénario est donc criblé d’incohérence, d’éléments qui ne rendent pas crédibles cet univers, et l’avancée de l’histoire est très laborieuse. 

Lumière

16 / 20

Kaminski a fait du très bon travail qui tient plus de l’étalonnage que de la lumière à proprement parlé tant il y a des images de synthèse. L’univers est coloré, il y a des ambiances lumineuses variées entre la zone de la course, le passage en boite de nuit, le moment de Shining et l’univers réel, tout est différent et pourtant il y a une unité c’est du très bon boulot qui traduit d’une réelle maîtrise.

Un excellent travail, varié, coloré et maîtrisé.

Direction comédien

12 / 20

Ce n’est pas la folie autant le dire tout de suite.

Le casting est crédible, Tye Sheridan (Wayne) a vraiment l’air d’un no life. Olivia Cooke (Samantha) est crédible en gameuse et ses potes aussi.

Le bad guy, Ben Mendelsohn est crédible, on l’imagine bien en patron de boite, par contre Hannah John kamen qui joue F’Nale Zandor n’est pas du tout crédible en tueuse.

Après pour ce qui est du jeu, les choses se gâtent. Tye Sheridan a un niveau de jeu faible et peine à convaincre, idem pour ses potes qui sont plein d’enthousiasme mais qui malheureusement sont mal servis par des personnages complètement stéréotypés. Ce qui ne permet pas de sentir des comédiens dernières les caricatures qu’ils représentent.

Le jeu de Ben Mendelsohn est outrancier, deux raisons, c’est une comédie, dont il force la note et son personnage est mal écrit, difficile de donner le change. C’était pourtant possible, je me souviens de Hugh Jackman dans Chappie qui avait un personnage ultra stéréotypé et qui été parvenu à transcender le personnage, pareil pour Brad Pitt dans True Romance, ce n’est pas parce que le personnage est mal (ou peu) écrit qu’il est impossible à jouer, le tout c’est qu’il faut avoir :

1-un grand directeur d’acteur qui laisse de la place au comédien pour des propositions. Je pense que Spielberg l’a souvent démontré, sa direction de comédien est souvent exemplaire.

2- Il faut que le comédien ait (ou veuille faire) des propositions. Ici en revanche, rien n’est moins sûr.

Et celle qui s’en tire le mieux c’est Olivia Cooke, elle parvient parfois à nous interpeller, je ne dirais pas à nous émouvoir, parce que le film n’est pas émouvant, mais on sent qu’elle donne plus que ce que son personnage devrait donner.

Pour les personnages animés, les choses sont différentes, l’animation en elle même est de qualité même si elle n’arrive jamais à sublimer le jeu des comédiens comme peut le faire Pixar. Les personnages avatar sont plus facilement identifiables et “personnalisables” que leur joueur et représentent plus des archétypes que des stéréotypes, ce qui à mon sens est plus intéressant. Reste que le jeu des personnages animés ne transparaît pas plus et que Olivia Cooke qui pourtant s’en sort bien en réel, est moins convaincante en Artemis, ce pourrait sembler normal sauf qu’il est possible à l’heure actuelle de sublimer le jeu par des jeu de lumières en grossissant les yeux… ici ce n’est pas le cas.

Rien d’inoubliable ici, on notera que l’animation des personnages est bien faites, même s’il manque un peu d’humanité, et que Olivia Cooke a su tirer son épingle du jeu.  

Mise en Scène

14 / 20

Spielberg a réussi son pari, le film le remet dans la course au bénéfice après plusieurs réussite timide en comparaison de ce qu’il faisait auparavant. Alors est ce le retour du grand Spielberg ?

Oui et non. Il y a des scènes mémorables, des scènes où l’on sent la patte de Spielberg. Et d’autre beaucoup moins inspirées.

Commençons par les scènes moins inspirées. La scène d’intro par exemple est très frontale, on voit immédiatement le héros, il n’y a pas de caractérisation particulière comme il avait su le faire pour Indy dans l’arche perdu ou pour Schindler. Ici hop le héros est là, on a plus l’impression qu’il soigne la présentation de l’univers avec la succession de fenêtre où l’on voit des gens jouer aux jeux vidéos. Mais comme très rapidement on arrive dans un plan “fusé” qui traverse tout les univers de jeu, on a pas de patte Spielberg. Car ce genre de plan est vu et revu, dans les jeux vidéos eux même. Alors on peut se dire que c’est justement pour ça qu’il l’a utilisé, je trouve juste qu’il aurait pu se détacher du modèle pour prendre du recul plutôt que de le suivre et de le caricaturer.

Je trouve que la scène finale dans le vanne est vraiment bidon, elle n’a aucune idée de mise en scène. Rien de mémorable. Elle est limite ridicule, avec en plus le scénario lamentable dont j’ai parlé plus haut qui n’aide pas.

Pour les scènes réussies, je citerai la scène de course de la première épreuve qui est très impressionnante pour ce qui concerne le rythme et la virtuosité des plans. La scène dans la boite de nuit est également intéressante, il y a une ambiance intéressante, et même si la scène est naive, limite mièvre, elle reste inventive à l’image.

Enfin la scène qui m’a le plus impressionné est celle de Shining. C’est clairement la meilleure pour moi.

L’hommage à Kubrick est sublime, il reprend au début les mêmes plans, on a vraiment l’impression de se retrouver dans le film. Et ce qui est encore plus intéressant, c’est quand Spielberg, dans l’univers de Kubrick reprend la main à la mise en scène, c’est stupéfiant.

Ce ne sera pas ce Spielberg que l’on retiendra lorsque l’on voudra parler de son oeuvre. Reste qu’il y a quelques scènes à voir.

Son

15 / 20

Le film se veut nostalgique des années 80 et la bande son est une véritable playlist de l’époque. Les choix sont plutôt bien vu, même si c’est étonnant d’entendre ce genre de musique dans un Spielberg.

Le gros changement en revanche c’est la composition originale qui revenait systématiquement à John Williams. C’est Alan Silvestri qui prend la suite. Pari risqué pour lui, car John Williams était tellement identifiable et tellement lié à Spielberg qu’il serait aisé de dire que le film perd de son charme parce Williams n’est plus là et que Silvestri n’est pas à la hauteur. Bon déjà le film n’a pas besoin de ça pour ne pas être à la hauteur, le scénario se débrouille très bien tout seul. Mais qu’en est il alors de cette collaboration ?

Au début du film, la musique orchestrale est discrète et lorsqu’on l’entend elle fait penser à du Williams. Puis quand le film prend sa vitesse de croisière le style de Silvestri prend le dessus. On entend même plusieurs  thèmes de retour vers le futur. Ce qui est logique dans ce revival des années 80 et qui est étonnant parce qu’on a l’impression d’une intrusion d’un autre univers. Il y a même des moments où la musique se caricature elle même. Il y a un mouvement de musique associé à Biff, assez vif est brutal, qui dans Retour vers le futur passe très bien, mais ici, on sent qu’il est placé pour faire un effet comique et c’est… un peu gênant. On sait pas s’il se moque de sa propre musique ou si c’est un effet pour un effet. C’est bizarre.

En revanche lorsque l’on arrive dans Shining on retrouve la musique du film ce qui nous transporte directement dans l’univers du film et c’est très agréable.

Reste que la musique est globalement bien faite, on revient au musique à thème, sans doute parce que c’est un film qui se veut un hommage au film des années 80. C’est d’ailleurs amusant de se dire que Spielberg travaille avec Alan Silvestri alors qu’il avait essayé de convaincre Robert Zemeckis de ne pas le reprendre à la suite de sa partition pour “A la poursuite du diamant vert”. Ce qui l’aurait empêché de composer la musique de “Retour vers le Futur”. L’histoire réserve parfois de drôle de chose.

Les doublages sont quand à eux de bonne facture et les bruitages ainsi que le sound design sont de très bonne qualité.

Les musiques de groupe sont dans le ton, et Alan Silvestri parvient à reprendre le flambeau sans rougir face à John Williams. 

Direction artistique

17 / 20

La direction artistique était très difficile dans ce film, car il part dans tous les sens !

L’univers réel est crédible, on peut imaginer ce bidonville des temps moderne arriver un jour ou l’autre. Ce qui est plus surprenant c’est le fait que toutes les maisons aient une baie vitrée sans rideau, ce qui fait que l’on voit parfaitement ce qu’il y a l’intérieur. On comprend pourquoi Spielberg l’a fait, pour qu’on puisse voir toutes les personnes jouer au jeu video. Reste qu’il y a peu de chance que ce soit réellement le cas si ça devait arrivé. Mais c’est un bémol, l’ensemble est bien vu, et chose qui mérite d’être précisé, c’est un univers post apocalypse différent de ce qu’on nous sert d’habitude et ça fait du bien.

Les costumes sont ton sur ton avec le décor et les équipements de jeu sont plutôt stylés, surtout le casque qui est du plus belle effet, et qui semble plausible. L’armure en revanche faire très cheap, quasi ridicule.

Partie jeu maintenant. Le design des avatars est crédible, on peut imaginer facilement que ce genre de personnage puisse exister. Ils sont bien identifiables les uns par rapport aux autres. Comme nous sommes dans les personnages, il faut parler des divers clin d’oeil de personnages de jeu dans le film. Il y en a beaucoup. Beaucoup de perso de jeu, mais aussi beaucoup de perso de film. Il est regrétable que ce ne soit que des clins d’oeil et pas de réel interaction. Dans Roger Rabbit par exemple le héros croisé des personnages de dessin animé avec qui il parlait, où l’on pouvait sentir leur psychologie. Ici c’est juste des croisements. On a la sensation d’ailleurs en ressort du film qu’il n’est pas allé assez loin.

Car on mesure le potentiel lorsqu’il y a la scène magistrale de Shining. Les gars de la déco on fait un travail incroyable. C’est vraiment bluffant de retrouver ce lieu que l’on connait si bien arpenter par des personnages qui n’ont rien à y faire.

Je trouve que l’équipe de déco à fait un boulot extraordinaire, surtout pour le décor de Shining. C’est vraiment bluffant, c’est un réel plaisir de cinéphile et on regrette que ce genre de passage ne soit pas plus nombreux dans le film.

La direction artistique est très bonne et nous donne la mesure de ce que le film aurait pu donné si le scénariste avait été plus audacieux. Reste que c’est de l’excellent travail. 

Effets Spéciaux

18 / 20

Qui dit film pop corn dit effets spéciaux. Ici ils sont à la hauteur, c’est la moindre des choses. Les animations sont qualitatives, les effets dans le jeu et dans le monde réel sont impeccables. D’ailleurs comme tout est très bien, on en arrive même à trouver ça normal et ne pas mesurer le travail incroyable qui a été fourni.

Très bon travail, un des points forts du film.

EN RESUME

READY PLAYER ONE est :

– un film de Steven Spielberg

– un film avec de très beau effets spéciaux

– un film avec une très bonne direction artistique

– avec des comédiens moyens

– sans scénario crédible

– plein d’incohérances

– avec la DeLorean

– sans John Williams mais avec Alan Silvestri

– pas le film du siècle

– pas le film de l’année non plus

un film à voir

Note Finale

14,125 / 20

Bilan

couverture2J’espère que cet article vous aura plu, sans doute que ce guide gratuit vous intéressera  :

“Tout ce que l’école de Cinéma ne vous apprendra jamais”

(Et qui est pourtant essentiel pour réussir)

A quelle adresse souhaiteriez vous que je vous l’envoie ?

Je déteste les spams, votre adresse mail ne sera jamais cédée ni revendue 😉

Leave a Comment

Your email address will not be published.