Critique film Lucy

Published on janvier 1st, 2016 | by Marc

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Lucy

Lucy est une jeune femme de 25ans qui va par accident absorber une drogue expérimentale qui va décupler ses capacités cérébrales les boostant de 10 à 100%…

LUCY est le 16ème film de Luc Besson. Le tournage a débuté le 1er Juin et se termine en Août 2013. Il sort en Août 2014 en France avec pour budget de 40 000 000 $ est a récupéré à travers le monde 458 863 600 $ c’est à ce jour le plus gros succès français tourné en langue anglaise détronnant Taken 3 (déjà produit par Besson) qui lui même avait détrôné le 5ème élément (réalisé et produit par Besson).

10 Films notables sortis la même année : Interstellar, Grand Budapest Hotel, Whiplash, Gone Girl, Mommy, les Gardiens de la Galaxie, La Famille Bélier, The Hobbit 3, Down of the Planet of the Apes, Imitation Game, Hippocrate

C’est parti pour le test.

Histoire

12 / 20

Un pitch intéressant, d’ailleurs c’est sans doute une des raisons du nombre important de spectateur à travers le monde. Que se passerait il si subitement nous ne possédions pas 10% mais la totalité de nos capacités cérébrales ? Même si le film est basé sur une légende urbaine (nous utilisons malheureusement déjà la quasi totalité de nos facultés intellectuelles et non pas 10%) Il est intéressant d’essayer d’y croire et de se laisser aller à imaginer ce que donnerai un surhomme, ici une surfemme.

Petit bémol néanmoins on pourra remarquer que le pitch ressemble à celle d’un autre film sorti quelle année avant jugez plutôt : un auteur a eu un succès dans sa vie et ne retrouve pas l’inspiration pour écrire un autre bon livre, tout ses autres livres sont des navets. Il prend une drogue que lui conseille un pote et subitement, ses capacités cérébrales augmentent tellement que écrire une histoire est extrêmement simple. Mais voilà, il faut qu’il est toujours une dose sur lui, sous peine de redevenir quelconque. Voilà pour l’histoire qu’on pourrait résumé ainsi : un homme lambda prend une drogue et se retrouve avec ses facultés mentales décuplées. C’est le même pitch que Lucy. Ce film s’appelle « Limitless » sorti en 2011.

Une histoire accrocheuse, un des points forts du film, qui lorgne un peu trop sur celle de Limitless.

Scénario

6 / 20

Et c’est là où le bas blesse. Passez l’accroche de la bande annonce et du pitch vendeur, le scénario est criblé de problème qui plombe littéralement l’histoire.

Le film veut démarrer à fond les ballons, en nous plaçant Lucy dans le bain dès les dix premières minutes. Elle se fait injecté le booster de neurone rapidement, ce qui a pour effet d’amorcer la mutation de Lucy la normale en super Lucy. Mais voilà le problème et il est de taille c’est qu’à vouloir lancer l’histoire à toute vitesse, on apprécie pas la transformation. En effet qui est cette Lucy ? D’où vient elle ? Que sont ces espoirs ? Ses craintes ? On en sait rien. Son personnage se réduit à peau de chagrin. C’est une pauvre fille, qui est mauvais endroit au mauvais moment. Soit. Mais quoi d’autre ? Dans Leon, Mathilda avant l’assassinat de ses parents, nous savions qu’elle en avait déjà, qu’elle tenait le plus au monde à son petit frère et qu’elle faisait l’école buissonnière et qu’accessoirement elle se faisait battre par son père. Le personnage était planté et ça n’avait pas pris mille ans. Et c’était largement suffisant. Ici on ne sait pas qui elle est et paradoxalement on pourrait se dire que ça facilite l’identification du spectateur, mais c’est tout l’inverse que ça produit. On ne sait pas qui elle est et on à l’impression qu’elle n’existe pas, elle n’est pas encré dans le réel, donc elle ne nous ressemble en rien. Donc distance avec le personnage principal, ça commence mal.

Autre problème de taille qui est le revers de cette dépersonnalisation de Lucy c’est les scènes où Luc Besson essaye de lui donner (trop tard) des liens au réel, la scène où elle appelle sa mère en est un bon exemple. La scène ne nous fait ni chaud ni froid. On ne sait pas quels sont les liens qu’elle entretenait avec sa mère et c’est très pénalisant. On a la sensation d’une artificialité dans ce passage. Ce qui est dommage car la scène aurait pu être touchante. Ce n’est pas le cas ici.

Autre revers de la médaille de la dépersonnalisation qui est accru avec le chemin emprunté par Luc Besson sur ce qu’est un Surhomme, c’est l’absence de sentiment et surtout (plus grave) la toute puissance de l’héroïne. Déjà qu’on avait pas d’atome crochu avec elle, mais plus ça va moins ça va. Elle se transforme en robot. Ce qui n’était pas la voie obligatoire, au contraire elle aurait pu être en empathie de manière accrue au personne qui l’entoure, un peu comme Lyloo du 5ème élément. L’émotion ne se situe pas dans le cœur mais belle et bien dans le cerveau et le fait de le développer à fond ne veut pas uniquement dire, je résous super vite des problèmes de math. Ce n’était pas nécessairement que le côté cartésien, il y avait l’affect aussi. Peu importe, il a choisi l’aspect raisonnement, c’est un choix (qui aurait pu être cool également, si on l’avait senti s’enfermer en elle même et se déconnecté du réel qu’elle a toujours connu. Mais une fois plus, comme elle n’a pas de passé, on se rend pas compte de ce qu’elle perd mais uniquement de ce qu’elle gagne. Et c’est moins fort à mon avis.)

Revenons en à sa toute puissance. C’est le point fatal au film. A aucun moment on ne tremble pour elle. Aucun. On sait qu’elle est toute puissante, rien ne peut lui arriver et c’est un drame dans tout type de scénario. C’est le fléau absolu. Un héro ne vaut que par son adversaire. Ici, pas d’adversaire. C’est vrai pourquoi s’encombrer ? Il y a bien des hommes de mains, des sidekick qui tentent de l’appréhender mais ils ne sont que des faire valoir de la toute puissance de Lucy. A aucun moment ils ne pourront faire quoi que ce soit. Alors on pourrait dire que c’est Lucy son propre ennemi. Mais ça, ça ne suffit pas. Tous les bons héros sont leur propre ennemi. Luke Skywalker est jeune et impétueux, il ne pense qu’à ses amis et risque systématiquement de se mettre en danger car il doit apprendre à se contrôler. Et pourtant George Lucas ne s’est pas contenté de ça. Il lui a mis dans les pattes Dark Vador qui est bien plus fort que Luke.

Bilan qu’est ce qui nous fait tenir jusqu’à la fin ? C’est la curiosité quasi scientifique sur Lucy. Tient jusqu’où va-t-elle devenir puissante ? A elle peut déplacer des objets ? Pas mal et ensuite ? Elle est omnipotente ? Ok… etc… Total une fois que tu as vu (péniblement) la fin et que tu as satisfait ta curiosité tu n’as plus aucun intérêt de le revoir.

Inutile de parler ici d’évolution de personnage, car il n’y a que Lucy qui change et c’est de manière artificielle, ça se matérialise par un pouvoir en plus et une expression en moins. Et les autres personnages ? Quels autres personnages ? Il n’y a que de personnage sans ampleur et surtout sans intérêt. Le seul but, si on devait en trouver un, c’est de faire valoir de Lucy et il serve de chronomètre pour l’évolution de Lucy.

La scène finale est visuellement intéressante et ouvre le film sur ce qu’est qu’être dieu. Pourquoi pas. Mais alors pourquoi en faire un long métrage ? Un court aurait suffit, il y avait un bon pitch de départ, une fin sympa et un petit développement de l’histoire qui serait passé bien mieux en court.

Un scénario très mal maîtrisé avec de grosses erreurs inacceptable pour un film de cette ampleur.

Lumière

14 / 20

Une belle lumière, il n’y a pas de trouvaille majeur mais le boulot est broadcast. Rien de surprenant pour le chef op attitré de Luc Besson.

Thierry Arbogast crée une belle lumière  sans inspiration, mais sans déception.

Direction comédien

9 / 20

Scarlett Johansson n’a pas beaucoup de plage de jeu à sa disposition dans ce film. Le moment où elle est normale est si court qu’on ne peut pas vraiment jugée l’évolution. Assez rapidement elle devient une super héroïne et plus le film avance moins elle n’exprime d’émotion. Ce qui, est à la porté du premier venu. Et Scarlett n’est pas la première venue. C’est donc facile pour elle et in-intéressant pour nous. Morgan Freeman cachetonne et fait du Morgan Freeman. Il identique à 5 personnages déjà vu dans d’autre film. On ne retiendra pas ce film pour illustrer une nouvelle facette de son jeu. Je ne parle pas de Choi Min-Sik qui s’est perdu dans ce film, il a tellement de ressource en tant que comédien, que gachis est un mot trop faible pour qualifier ce qu’on voit à l’écran. Et Amr Waked est si sous utilisé que le pauvre il nous fait plus souvent de la peine d’être réduit à la princesse en détresse trimbalé par le super héros Lucy.

Les comédiens font ce qu’ils peuvent mais partent de si loin avec un scénario si pauvre qu’ils ne peuvent rien sauver.

Mise en Scène

8 / 20

Quelle déception ! Luc Besson était en perte de vitesse depuis plusieurs années, mais j’avoue que le voir revenir à la Science Fiction m’enthousiasmé. Quelle déception… Le film commence de la pire manière qu’il soit. Lui qui nous avait habitué à une intro de folie dans Léon et ici au minimum syndical. Passé l’intro des singes façon préhistoire qui n’est pas catastrophique, arrive la présentation de l’héroïne… en champ / contre champ. Et pas un champ / contre champ inspiré, un truc tout laid sans variation de grosseur sur deux minutes ! Mais qu’est ce que c’est que ça !!!! Même dans les télé films fauchés ils tentent des petites variations histoire de pas faire dormir le spectateur dès les 5 premières minutes ! J’ai du mal à croire que c’est Luc Besson qui a filmé ça, je me demande si on apprendra pas par la suite que c’est la seconde équipe… (pour ne pas dire le stagiaire de l’équipe) Ensuite continuons dans l’horreur : l’entrée dans le hall de l’hôtel. Lucy pénètre avec inquiétude dans l’hôtel et là… une image d’archive, une biche au abois. On revient sur Lucy qui continue et rebelote une autre image d’archive celle d’un lion qui regarde la biche… Outre le fait qu’on le comprend sans avoir besoin d’insister avec des images d’archive, le fait de le faire si systématiquement bien à 5 reprises, c’est vraiment prendre les gens pour des cons. En plus si c’était fait avec panache, mais c’est même pas le cas. C’est purement artificiel, c’est une repompe d’Olivier Stone, mais le talent en moins. De plus Stone l’utilise comme un style à part entière dans un film comme Tueur Né. Et il y a des répliques de cette technique tout au long du film histoire de créer un style alors que là c’est utilisé uniquement dans cette scène et au lieu de créer un style, elle crée un effet de style ce qui contribue à l’aspect artificiel du film.

Je ne continue pas dans le décorticage des scènes, tellement c’est faible pour un Luc Besson. Pour finir sur une note positive, je dirais que les scènes d’action, elles, sont bien filmées. On retrouve les ralentis de rigueur qui on fait la magie de certaine belle scène signée Luc Besson. Souvent un personnage qui avance au ralenti de dos, une arme à la main, filmé au grand angle. C’est un peu systématique mais on ne s’en lasse pas. La scène de poursuite dans Paris, bien que linéaire, artificielle (elle arrive comme un cheveu sur la soupe) et in-intéressante d’un point de vue émotionnelle (on sait que Lucy ne risque rien) elle est formellement très bien faite, de même la scène de combat de Lucy au départ.

Indigne d’un Luc Besson, on frôle le foutage de gueule, s’il n’y avait pas les scènes d’action pour relever le niveau.

Son

14 / 20

Eric Serra signe ici une bonne composition, les musiques sont inventives, il reprend ce qui fait sa patte mais rajoute des instruments inédits comme le didgeridoo, la guitare sèche et de temps en temps du violon avec des chœurs étranges.

La musique de Serra contribue à créer une ambiance mystico-paranormale. Intéressante, pas sa meilleure à mon goût mais parmi ses plus réussies.

Du bon travail de la part d’Eric Serra. Même si cette musique ne restera pas dans les mémoires, il n’a pas à rougir de son travail, il sert bien le film.

Direction artistique

10 / 20

Les décors sont bien faits, il n’y a par contre pas de style particulier et pas de travail poussé en terme de style visuel. Excepté le moment où elle se transforme en noir. C’est un peu kitch, mais c’est une question de goût.

Assez absente pas de style à proprement parlé. 

Effets Spéciaux

16 / 20

De très bonne facture. L’homme préhistorique au départ fait un peu faux mais il passe bien dans . Le morphing est très bien fait et les créations numériques inspirante. La course poursuite de la voiture est très bien faite et la scène finale où Lucy s’amuse avec le temps est très bien faite.

De très bons effets spéciaux, le gros point positif du film.

EN RESUME

Lucy est  :

– le plus gros succès français en langue anglaise

– avec de très beaux effets spéciaux

– parsemé de quelques scènes d’action peu originales mais bien filmées

– Limitless en moins bien

– muni d’une fin bien faite

– un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire en terme de scénario

– ennuyeux dès la première vision

– un des pires films de Luc Besson

– impossible à voir une deuxième fois

– pas à voir pour le jeu des comédiens

un film périssable.

Note Finale

11 / 20

Lucy

Allez plus loin

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