Critique film feature2

Published on avril 15th, 2016 | by Marc

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Whiplash

Andrew est un batteur qui parvient à intégrer le prestigieux orchestre de M. Fletcher, il croit le plus beau jour de sa vie arrivé, mais c’est l’enfer qui va s’abattre sur lui. Fletcher est très exigent et très dur avec son équipe, il va le pousser au delà de ses limites…

WHIPLASH est le 2ème film de Damien Chazelle. Il sort le 10 Octobre en 2014 avec un budget de 3 300 000 $ et en a rapporté pour le moment 48 928 341 $. Le film a, entre autre, eu 3 Oscars : meilleur montage, meilleur montage son et meilleur second rôle pour JK Simmons.

10 Films notables sortis la même année : Interstellar, Grand Budapest Hotel, Big Eyes, Gone Girl, Mommy, les Gardiens de la Galaxie, La Famille Bélier, The Hobbit 3, Down of the Planet of the Apes, Imitation Game, Lucy

C’est parti pour le test.

Histoire

12 / 20

Whiplash est un film de sport, il en reprend donc les même ressorts narratifs. A l’instar d’un Rocky, le jeune va trouver un Maître, va devoir s’entraîner comme un fou pour repousser ses limites et il y aura un affrontement final contre l’adversaire mais qui, en réalité, ne fait que mettre en exergue le combat du pratiquant contre lui même. Bien.

Donc pas de surprise de ce côté là. Andrew le jeune élève va rencontrer son Maître, Fletcher, qui va lui faire comprendre l’essence de la batterie et qui va le pousser pour donner le meilleur de lui même. Le film de sport donc.

Un film sportif avec tout ce que ça implique. 

Scénario

8 / 20

Là où le film est particulier c’est dans ce qu’il véhicule, les valeurs qui s’en dégagent. Il y a en a qui sont, de mon point de vue, cautionnable et d’autre beaucoup moins. Mais avant d’aborder ce sujet commençons par le rythme, nous parlons d’un film sur la musique, alors est il rythmé ?

Suffisamment rythmé, on ne s’ennuie pas

Les scène s’enchaînent bien, il y a une petite scène de flottement (assez classique) au moment où le héros baisse les bras, mais rien d’insurmontable. C’est une des bonnes réussites du scénario. Passons maintenant aux personnages.

Andrew est présenté en train de jouer de la batterie seul. Il est surpris par Fletcher qui lui demande de continuer à jouer. Choix intéressant car le héros est immédiatement présenté face à l’antagoniste via la batterie.

On a le thème abordé, le héros et son antagoniste immédiatement présents dès la première scène, c’est suffisamment rare pour le relever

Alors qu’apprend-t-on de cette première scène ? Andrew est un solitaire qui joue de la batterie, c’est de mémoire, le seul élément que l’on peut apprendre à ce stade. Au moment où Fletcher rentre dans la salle, un rapport hiérarchique s’installe, on comprend que Fletcher est quelqu’un d’important car Andrew s’interrompt et est à deux doigts de perdre ses moyens, plaçant Fletcher dans un rapport de force favorable. Fletcher part sans commenter ce qu’il vient d’entendre, on en déduit qu’il n’a pas apprécier. On a alors la sensation qu’Andrew a laissé passer la chance de sa vie. Une fois de plus tout ça est très rapide, c’est la première scène du film, mais c’est pas plus mal, parce qu’on est immédiatement dans ce que sera le film par la suite : une compétition et un contrôle permanent.

Voilà pour nos deux personnages principaux. Les autres personnages sont accessoires et n’ont pas pour ainsi dire de vie. Ils ne sont là que pour mettre en valeur certains aspects du Héros ou de l’Antagoniste. Vous allez me dire que c’est comme ça dans toutes les (bonnes) histoires. C’est vrai, mais souvent le scénariste essaye au maximum de masquer les coutures et de faire en sorte qu’on ne s’en rende pas compte et qu’on se dise que si tel personnage est là c’est parce que c’est le meilleur pote du héros point barre alors qu’en fait le meilleur pote qui permet d’exprimer les craintes et les doutes du Héros.

Ici, on sait, on voit pourquoi les personnages sont là et on a clairement la sensation que leur fonction dépasse leur psyché. Le père est un personnage fade qui n’a d’intérêt que d’essayer d’écarter son fils de la batterie. Le pote d’Andrew du départ va se transformer en outil pour faire naître la jalousie entre Andrew et Fletcher. Et que dire de la copine d’Andrew qui n’est là que pour être larguer par le Héros afin de montrer sa détermination. Ça marche, mais on aurait aimer un peu plus d’incarnation dans ses personnages.

Et je crois que là nous touchons un des problèmes de ce film : il est artificiel. Bien souvent on comprend là où veut aller le scénariste mais clairement ce n’est pas du tout crédible.

Exemple : Fletcher met à l’amende un des élèves. Il dit : « quelqu’un ici ne joue pas juste, qu’il se dénonce ! » Bien sûr personne ne va parler. Alors Fletcher va le faire lui même, il pourrit littéralement d’injure un des élèves en lui disant qu’il joue trop mal (je rappelle que c’est lui qui les sélectionne à la base…) et le vire. Mais voilà, une fois l’élève sorti, Fletcher annonce qu’il jouait juste et que celui qui joue mal est en réalité un autre élève, encore dans le groupe. Il le justifie en disant que l’autre élève n’avait qu’à savoir qu’il jouait juste, or il a douté et Fletcher veut des machines de guerre qui ne doutent pas.

Moralité : il a viré un bon musicien au profit d’un autre qui joue mal ! Si on examine la scène et qu’on l’intellectualise on comprend la leçon de Fletcher : en tant que musicien tu dois sentir la musique et si tu n’es pas capable de savoir si tu es juste comment veux tu bien jouer ? On le comprend. Mais si on examine la scène avec un peu de sérieux on se rend compte que face à un nazillon comme Fletcher qui te gueule dessus pour te dire de jouer juste, parce que là tu lui casses les oreilles, c’est lui le prof, on se dit qu’il entend des choses que vous ne maîtrisez pas encore, comment ne pas douter ? Et là on en reste à la seule tentative de justifier cette décision du scénariste. Mais en fait ça reste une incohérence. Pourquoi virer un élève bon au profit d’un mauvais alors qu’il est sensé formé l’élite des musiciens pour une représentation dans laquelle sa réputation est en jeu ? Ça ne tient pas.

Dans la série des incohérences j’en est relevé plusieurs du même type, c’est à dire qu’on comprend pourquoi le scénariste a écrit la scène mais elle n’est pas crédible si on y réfléchit trente secondes.

On a une scène quasi équivalente à la scène citée mais cette fois ci avec le pote d’Andrew. Andrew avait été sélectionné par Fletcher alors que le pote d’Andrew semblait récupérer tous les suffrages pour intégrer le groupe de Fletcher. Finalement c’est Andrew qui sera sélectionné. Mais vla t’y pas que le pote intègre à son tour le groupe de Fletcher au grand désespoir d’Andrew. Bien, belle scène. Mais attendez la suite.

Fletcher annonce qu’il va devoir changer le batteur et met en concurence Andrew et son pote. Et devinez qui est ce qu’il choisit ? Le pote bien sûr. Andrew est fou de rage et exprime sa colère en disant qu’il ne comprend pas pourquoi il le choisit lui alors qu’il joue mal. Nous, on le sait, c’est évidemment pour faire naître la jalousie et l’envie de se dépasser encore plus au Héros.

Mais voilà, une fois de plus la cohérence n’est pas au rendez vous

Notre Héros s’est entraîné jour et nuit, c’est un tueur de la baguette, son pote arrive en touriste et lors de sa performance on lit dans le regard du Héros que ce qu’il fait n’est pas fabuleux. Mais voilà il est sélectionné. Donc on en déduit que s’il a été sélectionné c’est bien pour que le héros se mette en rogne plus que pour ses qualités de batteur. Donc, une fois de plus, Fletcher préfère s’entouré de médiocre, et du même coup passer pour un mauvais recruteur de talent, juste pour donner une leçon à son élève. J’y crois pas.

J’en profite que nous parlions de cette scène pour parler d’un autre soucis malheureux. Je ne suis pas sûr que la batterie soit un choix judicieux pour ce film. Dans la batterie ce qui distingue un bon son d’un mauvais ce n’est pas la qualité de la percussion mais bien l’enchaînement et donc le rythme qui en découle. Bien. Sauf que jamais on a la sensation qu’il y a des fautes de rythme. Peut être que les furieux de la batterie s’en rendent compte, moi perso non, et je ne pense pas être le seul dans ce cas là.

La scène où Fletcher demande inlassablement à Andrew de recommencer ne marche qu’à moitié. On se doute que Fletcher veut enculer les mouches en lui demandant de recommencer systématiquement, mais ce qui s’en dégage en plus c’est de la frustration de ne pas entendre en quoi ce qu’il fait est bon ou mauvais et là où dans cette scène c’est tolérable, le film perd réellement de sa saveur lors du solo final.

On ne ressent pas réellement de progression, on ne fait que la comprendre intellectuellement

Dans Rocky, lorsque le Héros a du mal à gravir les marches au début et qu’à la fin non seulement il les gravit sans effort mais en plus tient tête à Appolo Creed, ça a du sens et c’est gratifiant pour le spectateur qui voit la progression. Ici ce n’est pas le cas.

De plus, autre choix malheureux, la seule progression que l’on croit qu’il y a (et c’est surtout lié au montage) c’est la rapidité. On a la sensation qu’il joue plus vite (parce qu’il transpire comme un ouf) mais là on parle de musique pas de sprint. Ici le scénariste mais l’accent sur la quantité (beaucoup de coups / minute) que sur la qualité.

On serait en boxe, je dirais oui, mais pas en musique

Je vais faire maintenant un combo toujours illustrer l’artificialité de ce film. C’est une scène qui combine l’incohérence du personnage et le choix malheureux : la scène finale. Je rappelle le contexte : Andrew veut arrêter la batterie et son prof est viré de l’école à cause (du père d’Andrew) de lui. Et Andrew croise Fletcher qui joue dans un bar. Les deux se retrouvent sans animosité. Fletcher évoque l’envie qu’il avait de trouver un génie de la musique et raconte une anecdote sur un prof et un futur génie de la musique qui s’était tapé la honte et qui, des années plus tard était revenu et avait montré qui s’était le patron. Fletcher, qui ne sait pas que son renvoi est de la faute d’Andrew, lui propose de faire un concert, avec le morceau Whiplash, comme au bon vieux temps. Andrew accepte.

Voilà pour le contexte. Donc Andrew renfile les gants et remonte sur le ring avec Fletcher comme chef d’orchestre. Fletcher prévient le groupe que face à eux, ils vont avoir des tueurs de la critique et qu’une fausse note et leur carrière est foutue. Bien.

Les musiciens s’installent et Fletcher vient voir Andrew avant le début du concert pour lui dire qu’il sait que c’est de sa faute s’il a été viré. Andrew n’a pas le temps de comprendre ce qui lui arrive que la musique débute sur un morceau qui n’est pas Whiplash ! Donc forcément, difficile de faire illusion sans connaître la partition et, qui plus est, face à des critiques aguerries. Andrew se tape des regards d’incompréhension et de colère de ses partenaires de jeu et décide de quitter la scène. C’est donc belle et bien la scène de la honte dont parlait Fletcher dans le bar. La leçon se passe d’ailleurs si bien qu’Andrew revient sur scène et se met à jouer comme un virtuose et malgré les vociférations de son chef d’orchestre fait une performance de folie. Petit clin d’œil de Fletcher. Fin du film.

Ok. Alors en quoi cette scène est du même tonneau de ce que nous avons vu au préalable ? Et bien parce que comme à chaque fois dans ce film, on comprend la scène : Fletcher veut illustrer en réel l’histoire du virtuose Parker et de la cymbale. Sauf que l’application de son plan est plus que foireux si on s’y penche trente secondes. Déjà il y a une ambiguïté sur sa motivation : il souhaite se venger, normal, il s’est fait virer par la faute d’Andrew. Et d’un autre côté il souhaite dénicher un petit génie de la batterie en lui donnant une bonne leçon. Bien. Sauf que ce n’est pas compatible.

Soit il veut sa mort, soit sa gloire, mais l’un et l’autre ne le satisferont jamais

Explication :

Cas N°1 : sa leçon marche, il a trouvé le petit génie qu’il souhaitait… donc il n’a pas assouvi sa vengeance, voir pire le gamin est dans la lumière alors qu’il voulait l’exterminer.

Cas N°2 : sa vengeance réussie et dans ce cas là le Héros est anéanti… donc il n’a pas réussi sa leçon de vie, car il a tué le génie qu’il espérait voir émerger.

Et on pourrait juste se dire que ce type est schizophrène et balayer l’incohérence de ce personnage d’un revers de la main, sauf que de ce personnage découle le message de ce film. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler après.

Revenons en à Fletcher et son incohérence. Comme on sait pas sur quel pied danser avec lui, un coup on se dit : il est trop fort, il veut lui donner une leçon, une autre on se dit : il est dingue, c’est juste un pauvre frustré qui veut sa vengeance. Et ce n’est pas les événements qui se passent lors du concert qui peuvent nous aider. Lorsque Andrew revient après s’être fait mettre à l’amende, Fletcher lui gueule dessus en lui demandant de dégager. On pense alors qu’il le pousse encore dans ses retranchements / qu’il veut le virer parce qu’il ne peut plus le sentir. Andrew part en mode solo laissant ses potes en plan. Fletcher essaye de reprendre la main sur la direction d’Andrew, une fois de plus est ce que c’est parce qu’il se dit que la leçon a marché et qu’il souhaite reprendre le cours des opérations / il veut juste se donner une contenance parce qu’il a l’air d’un con sur scène avec un électron libre qui joue tout seul. Idem pour ce sourire à la fin qui laisse croire qu’il avait tout prévu… ou pas.

Car si c’était vraiment son plan, une fois de plus il le fait au détriment de tout le groupe, il est prêt à pourrir l’ensemble de la représentation, mettre en péril le groupe qui n’a rien demandé ainsi que sa propre représentation pour une leçon qui, si ça se trouve, n’aboutira pas.

Vous y croyez ? C’est donc forcément une vengeance, et dans ce cas là, il n’en a plus rien à faire de rien, mais dans ce cas pourquoi afficher cette tête satisfait à la fin ? Une fois de plus l’ambiguïté qui se traduite par une totale incohérence à ce personnage.

Autre problème de la scène. Le choix malheureux et cette fois ci il y en a deux.

Commençons par le premier, le plus ballot. Rappelons que notre Héros était sur le point d’arrêter définitivement la batterie. Le fait de le mettre à l’amende, va l’obliger à… arrêter la batterie. Exactement le même point auquel le héros était déjà arrivé !

Donc pas d’enjeu. On pourrait si on est pointilleux dire que la différence c’est qu’il se tape une petite honte en bonus. Soit. Mais une honte auprès de qui ? Des musiciens qu’il ne connaissait pas ? Auprès de critique d’un milieu qu’il ne recroisera plus ? auprès de son prof ? Au cours de sa formation, il s’est fait tellement fait mettre à l’amende par lui, qu’il n’est pas à une honte supplémentaire. Et son père ? Il espère depuis le départ qu’il arrête la batterie et quoi qu’il arrive il est toujours dans son camp, autant dire qu’il échoue ou non, son père sera fier de lui.

C’est un mauvais choix scénaristique

Maintenant le deuxième choix malheureux, beaucoup plus grave, car il découle sur une leçon de vie des plus douteux. Jugez plutôt : Andrew revient sur scène et joue comme un autiste au mépris de ses camarades de jeu qui ne savent pas quoi faire et de son chef d’orchestre qui reste en plan sans rien pouvoir faire.

Une fois de plus, volonté du scénariste : lorsqu’on est dans son délire, lorsqu’on est passionné, rien ni personne ne peut vous arrêter et on s’émancipe de toute entrave (que pourrait être les bornes du professeur ou de l’enseignement au sens large). Ok.

Mais toujours pareil, le choix est plus que douteux parce que ce qu’il transparaît c’est que pour réussir il faut écraser les autres

En effet, Andrew est seul a réussir, on pourrait ergoter que son prof a réussi aussi, mais comme dit plus haut, il est tellement ambigu qu’on ne peut même pas l’affirmer. Ce qui est sûr, c’est qu’Andrew joue seul au mépris de ses camarades. Pourquoi pas. Mais pourquoi avoir pris un orchestre comme métaphore ?

L’orchestre est la métaphore par excellence de l’harmonie, c’est ce qui fait que c’est beau, chaque musicien est en osmose l’un avec l’autre, ce qui du reste est une belle image d’humanité, chacun s’écoute et se répond. Ici, Andrew n’écoute personne et se met en avant. Regardez moi ! regardez moi ! C’est ce qui est véhiculé lors de cette scène. Et je trouve ça navrant.

Je veux bien que l’ambition du film ait été les limites de l’implication dans l’art pour pouvoir repousser les limites. Bien sûr dans la balance il y a un questionnement sur le rôle du prof, du mentor. Mais ici, il ressemble plus à un sergent instructor qu’à un vieux sage, c’est une des originalités du film, on ne va pas la dénigrer, mais pourquoi ne pas avoir fait en sorte que le sens soit plus clair ?

Le film est mal maîtrisé et surtout, je pense, mal écrit

Trop de contre sens ou trop de scènes qui seront comprises par certains spectateurs d’une manière et d’une autre façon par d’autre. Ça peut être un choix délibéré, qu’à un certain moment, l’appréciation du spectateur rentre en ligne de compte, le problème c’est qu’ici c’est la totalité du film qui est remise en question ! Et notamment à cause de cette scène finale aussi peu crédible qu’ambiguë.

Et enfin les valeurs, comme dit plus haut, le fait qu’il faille écraser les autres pour réussir m’indispose. Je veux bien que ça puisse être vrai dans certain milieu, mais le choix de la boxe était plus approprié que la musique. De plus même si dans la musique comme ailleurs, il y a de la concurrence et que parfois il faut être au dessus des autre pour se faire un nom, je trouve que c’est irresponsable de l’ériger en moral à la fin du film.

On est d’accord c’est mon avis. Je suis plus partisan de cette mentalité martiale française (notamment) que l’on retrouve dans l’entrainement du GIGN, si y en a un qui tombe, tout le monde tombe, donc on laisse personne derrière et on s’entraide. Plutôt que cette mentalité martiale américaine (entre autre) des marines qui veut qu’il faille détruire l’individu pour en faire une machine de guerre, du genre il n’y a que moi et mon flingue qui comptent.

Un scénario où l’on comprend plus les choses qu’on ne les ressent. En découle une artificialité et des incohérences tant au niveau des scènes que des personnages. 

Lumière

15 / 20

La lumière fait très artificielle, dans le sens qu’il y a souvent une couleur dominante, bien souvent le orange, mais pas que, il y a aussi des passages bleus. La lumière contrastée de Sharone Meir s’accorde bien avec le film et lui confère un aspect urbain, classieux, presque cuivré, bien dans le style global.

La lumière contribue bien à vous mettre dans le film, une très bonne utilisation des brillances sur les instrus. Il y a certains effets qui marchent particulièrement bien notamment à la fin avec des contre-jour artistiques sur Fletcher, ou des assombrissements sur Andrew au moment où il apprend qu’il doit jouer une autre partition. C’est du bon boulot.

Une belle lumière, inventive, classieuse, et parfaitement dans le ton Jazz du film.

Direction comédien

15 / 20

Miles Teller donne de sa personne pour incarner le rôle d’Andrew, je ne sais pas si c’est lui qui joue tout le temps de la batterie, mais une chose est sûr : on y croit. Et c’est déjà pas mal ! Après passé cet aspect des choses, son jeu est convenu et sans fausse note.

Le problème de Miles Teller c’est qu’il fait face à un bulldozer qui répond au nom de JK Simmons

Oscar du meilleur second rôle, je ne suis jamais impressionné par les rôles en force, je préfère les rôles en subtilité comme celui de F. Murray Abraham dans le rôle de Salieri (Amadeus) pour comparé un autre 2nd rôle oscarisé. Ici il faut donner de la voix et être raide, comme le sergent instructeur de Full Metal Jacket, bien, c’est le rôle qu’on lui a donné, et il remplit le job avec brio, il donne de la voix tout en étant d’une raideur martiale. Parfait. Je ne sais pas si ça valait l’oscar mais une chose est sûre, il souffle la vedette à Teller.

On se souviendra de Whiplash non pas pour Andrew mais pour Fletcher, ce qui est une bonne chose, vu que d’après Hitchcock un bon film c’est d’abord un bon méchant, et celui ci est un bel enfoiré. L’affrontement (déséquilibré) entre les deux est le sel du film, et l’interprétation y est pour beaucoup.

Le principal plaisir du film réside dans l’affrontement des deux comédiens qui nous réservent de beaux échanges, surtout venant de Simmons. 

Mise en Scène

15 / 20

Les plans ne sont inspirés, usage parfois grossier de gros plans et d’insert, il n’y a pas d’idée de mise en scène à proprement parlé, mais beaucoup d’idée de montage. Et quand je parle de montage, je ne parle pas d’enchaînement audacieux, mais de montage rythmique, souvent une succession d’insert, bien vue qui même s’il fait très clip ne tombe pas non plus dans le MTV.

L’ensemble est bien dosé, c’est d’ailleurs pas un hasard si l’oscar du meilleur montage lui a été attribué

Ce que l’on pourrait regretter c’est que c’est plus un montage quantitatif que qualitatif, un peu à l’image du film et de la notion d’excellence que le réalisateur / scénariste essaye de donner, à savoir : on est un bon batteur lorsqu’on enchaîne des milliers de coups sur la batterie, peu importe qu’ils sonnent justes pourvu que le nombre soit au rendez vous.

Mise en scène qui repose pour beaucoup sur un montage nerveux. 

Son

16 / 20

Le thème principal fait très jazzy, très année 60-70 genre les rues de San Francisco. C’est marrant d’entendre que la musique commence presque comme celle de Rocky dont il ressemble par la thématique qui est identique (celle du dépassement de soi). Certains thèmes au piano sont à la fois sombres et tristes et le distingue de son illustre aîné.

Pour les bruitages et les sons de l’orchestre en lui même, tout semble nickel, je ne suis pas un expert des instruments, j’imagine que les professionnels apprécieront (ou pas) pour ma part : pas de fausse note.

Une composition musicale jazzy bien entraînante qui nous aide à rentrer dans le film, un autre point fort du film. 

Direction artistique

NS

Effets Spéciaux

NS

EN RESUME

WHIPLASH est  :

– interprété par l’oscarisé JK Simmons qui donne de la voix

– un film sportif

– doté d’une belle lumière classieuse

– composé d’un montage nerveux et rythmé

– un film qui met l’accent sur la quantité plus que sur la qualité

– écrit avec des idées de scène mais pas de personnage

– parsemé d’incohérences et de maladresses

– controversé dans le message qu’il véhicule

un film à voir

Note Finale

13.5 / 20

Whiplash

Allez plus loin

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One Response to Whiplash

  1. VG39 says:

    Enfin un article de qualité

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