Critique film camping-3

Published on août 2nd, 2016 | by Marc

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Camping 3

Patrick Chirac part, comme tous les ans, au camping. Cette fois ci, il part en covoiturage avec trois jeunes qui sont sensés retrouver une fois arrivé sur le lieu de vacance, leur pote afin de dormir sur place. Mais voilà, leur pote leur met un plan, les obligeant à dormir avec Patrick au camping…

Ce film est le 11ème film de Fabien Onteniente avec un budget de 10 millions d’euros le film a déjà rapporté dans le monde près de 2.4 millions d’entrées et à fait le meilleur démarrage en France depuis 8 ans.

10 Films notables sortis la même année : The Revenant, Batman VS Superman, Le Livre de la Jungle, SOS fantômes 3, Alice au pays des merveilles 2, le Monde de Dory, Independence Day 2, Warcraf – le commencement, BGG, Nice Guys

C’est parti pour le test.

Histoire

10 / 20

Camping 3 est, comme son nom l’indique, le troisième épisode de Camping, donc la surprise n’est plus vraiment au rendez vous. L’histoire est connu et l’ambition de ce film est de renouveler l’intérêt alors que l’on avance en terrain connu. L’histoire mise sur l’arrivé des jeunes pour y arriver. Sur le papier, ce n’est pas cette intrusion des jeunes qui va vous faire tomber de votre chaise, en vous disant : « c’est trop original, je veux absolument allez voir ce film ! ». Non, effectivement, ce n’est pas original, le choc des générations est une recette connue, de même que le choc des cultures, ou tout autre confrontation. C’est toujours payant, mais rarement original. Alors ce n’est pas ça, qui vous fera rentrer dans la salle pour voir ce film, mais plutôt la licence « Camping » qui est sa force et sa faiblesse. Car les aficionados de Camping seront ravis d’y retourner, peu importe l’histoire, alors que les personnes sceptiques, ne franchiront pas le pas avec une histoire pareille.

Un pitch banal, qui nous promet un film cousu de fil blanc, sans surprise, mais qui a le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers.

Scénario

14 / 20

Est ce que ces jeunes vont permettre au film de donner un peu de fraicheur à l’ensemble ? C’est ce que nous allons voir.

D’abord la présentation des personnages. Le film commence dans la voiture de Patrick avec les jeunes. Aucun soit n’a été ménagé pour une présentation originale, nous sommes dans la présentation frontale. Néanmoins il y a volonté de donner le ton direct, les thèmes abordés sont directement exposés : celui du conflit générationnel. Ici mis en relief par la musique. Un classique aussi. Le scénariste met également en place un premier running gag (il y en aura d’autre, notamment la blague de la chaise qui craque) avec la sœur d’un des trois jeunes qui devait être là, mais qui n’a pas pu (sans doute n’existe-t-elle même pas) ce qui contrarie tout naturellement Patrick. Ça permet de replacer Patrick Chirac, il est toujours ce dragueur un peu naze mais sympathique. Pour le moment, pas de caractérisation chez les jeunes, excepté physique. On repère qu’il y a deux types normaux et un beau gosse lover. Montage parallèle avec le couple de vieux.

On y apprend que le vieux a des problèmes de mémoire. Il ne se souvient plus du chemin pour aller au lieu de vacance où ils se rendent tous les ans. On retrouve ensuite le gérant du camping qui décide de moderniser à l’américaine le camping des flots bleus.

A travers ces quelques présentations on sent poindre un thème, celui du changement. Celui du passé confronté au moderne. A travers Patrick qui est campé (si je puis dire) dans ses habitudes opposées aux jeunes qui trouvent ça ringard. De même, Patrick va au camping ce qui est un logement en toile qui renvoit au premier logement précaire alors que les jeunes vont rejoindre un pote qui vit dans un appart, un logement en dure, donc plus moderne. Jackie,le vieux, a lui oublié le passé pour être confronté à ce nouveau monde qu’il ne comprend plus. Et enfin le gérant des Flots bleus qui décident de faire table rase du camping tel qu’il l’était pour en consevoir un plus moderne. Il y a cette opposition de thème qui va s’accentuer avec les autres personnages.

Patrick dépose les jeunes qui sont sensés aller rejoindre leur camarade tandis que lui arrive au camping. Il y retrouve son vieux pote. Il apprend qu’il se pose des questions sur sa sexualité. Cet évènement va modifier la relation entre les deux personnages, elle en modifie (aux yeux de Patrick) la dynamique. Dans une premier temps (et dans les épisodes précédents) leur relation était amicale, alors que cette nouvelle implique qu’elle pourrait se situer sur le registre amoureux. Ce qui ne convient pas à Patrick qui est un hétéro convaincu. Il y a de nouveau une opposition entre une vision du passé mise à mal avec une version nouvelle, plus moderne.

Le dernière opposition que j’avais relevé concerne le personnage de Critstina Réali qui est une femme d’âge mure qui regrette ces jeunes années ou elle était valide. Elle (âgée) est confrontée à sa version d’antan où elle était jeune et souffre de cette opposition.

Nous sommes dans un film de divertissement où l’écriture a été bien travaillé

Patrick va récupérer les jeunes qui ne peuvent pas squatter chez leur pote, ce dernier ayant trouvé une copine. Ils annoncent à Patrick que c’est l’affaire de deux trois jours parce que le pote en question reste rarement plus de quelques jours avec la même fille. Patrick fait le contrarié mais il est d’un bon fond, à l’instar d’un Rocky, c’est un personnage qui fonctionne au cœur, et il accepte.

Le film est alors ponctué d’opposition jeune / vieux sur la musique, le mode de vie, les relations humaines ou autre opposition aficionados du camping / débutant.

Ces oppositions déclenchent des moments agréables, qui feront rire ou sourire en fonction des sensibilités de chacun

Ce groupe improbable va à plusieurs reprises être mis à mal, c’est d’ailleurs un des points qui auraient pu lasser. En effet les jeunes sont avec Patrick, puis plus avec lui, puis de nouveau avec, puis non. C’est redondant et c’est un miracle si l’on ne décroche pas. Miracle qui est dû aux raisons et au positionnement des évènements dans la narration. Explication :

  • Étape 1 Ils sont en voiture ensemble / Les Jeunes quittent Patrick pour aller rejoindre leur pote : On l’accepte ça avait été dit dès le départ.
  • Étape 2 Les jeunes reviennent auprès de Patrick leur pote est occupé mais une date de départ est donnée, dans deux, trois jours ils quittent Patrick. Patrick accepte même s’il les met en garde, sa fille vient dans pas longtemps le rejoindre. : On accepte parce que c’est le pitch du film que Patrick se retrouve avec ces jeunes.
  • Étape 3 Le délai est arrivé à son terme, les jeunes plient bagage / Ils reviennent de nouveau, leur pote ne veux plus du tout qu’ils viennent squatter chez eux : A ce stade on l’accepte beaucoup moins, on sent l’astuce de scénario qui vise à ce qu’ils soient condamner à rester avec Patrick. C’est limite et ce qui fait qu’on va l’accepter c’est le fait que Patrick se décide à aller lui même voir le pote en question. Qui s’avère être un excité de première (un poil excessif d’ailleurs) qui fait comprendre à Patrick que les jeunes sont condamnés à rester avec lui : A ce stade on tolère l’explication, même si ça reste un peu incroyable que Patrick (déjà très sympa à ce stade avec les jeunes) accepte d’aller lui même négocier le lieu de séjour de ces trois jeunes qu’il connait depuis quatre jours, et qui nous amène à un paradoxe :
    • Soit il les aime particulièrement, ce qui expliquerait pourquoi il se déplace pour les aider, mais dans ce cas, s’il les aime à ce point, pourquoi ne les garde pas sous sa tente le temps que sa fille arrive ? Inutile d’aller voir le pote.
    • Soit il ne les aime pas tant que ça, ce qui explique pourquoi il veut s’en débarrasser, mais dans ce cas là, pourquoi se déplace-t-il pour négocier avec le pote des jeunes ? S’il s’en fout, il les a déjà bien assez dépanné, ils les laissent se débrouiller.

D’autant qu’entre nous, je veux bien que ce soit des jeunes, mais une place de camping c’est pas la ruine, il pourrait en louer une, ainsi qu’une tente, d’autant qu’à trois ils peuvent se cotiser et trouver de quoi payer. Mais bien que c’est le scénariste qui souhaite que ce soit la galère pour eux, en plaçant à la fin de séquence avec leur pote excité : Patrick qui leur demande pour quelles raisons est ce qu’ils sont contraint de partir en vacance chez ce type ? Ils justifient par le fait qu’ils ont pas les moyens de partir en vacance… Ouais, bien essayé mais le camping, c’est pas l’hôtel, c’est complètement accessible, et j’ai du mal à croire en voyant comment ces jeunes sont habillés qu’ils vivent sous un pont. Ils ont les moyens. Mais bon, le scénariste souhaite qu’ils restent avec Patrick pour cette raison, on le tolère.

  • Étape 4 : Les jeunes vont se faire virer par Patrick qui les a vu prendre sa voiture sans permission. On le comprend mais on sent bien que le film n’est pas arrivé à son terme, ce qui nous fait craindre l’énième raison qui va faire que, de nouveau, ils vont revenir avec lui. Et cette fois ci, ce sera la pression de la copine d’un des jeunes qui vient faire les yeux doux à Patrick. C’est le passage de trop. Car on a compris que l’aller retour serait incessant. Le point qui est aggravant c’est ce personnage de la fille. Elle ne connait quasiment pas Patrick ! Ils se sont croisés sur la plage, c’est tout ! Et la fille, elle se pointe nature sous la tente de Patrick la nuit, elle se pose à table avec lui, mange les carottes de Patrick ! L’élément qui nous permet de fermer les yeux sur ce passage, mais une fois de plus on est à la limite, c’est en ça que je dis que le film est miraculeux, c’est qu’il y a des éléments qui ont été positionné par rapport à d’autre parfois voulu, parfois non, qui font qu’on le tolère. Ici, cette jeune femme, peut et sans doute doit, faire échos à sa propre fille, qui ne vient pas et que Patrick attend. C’est le seul élément qui pourrait faire en sorte que Patrick décide de faire marche arrière. Il y a d’ailleurs un point intéressant lié à la fois à la manque de maîtrise du scénariste et à sa volonté c’est que lorsque j’ai vu cette scène, tellement la jeune femme vivait sa life sous la tente de Patrick, et comme Patrick ne dit rien et semble bouder, que j’ai cru que cette fille était sa fille, alors que c’est la fille de Gérard Jugnot, mais je me suis dis, on va apprendre que Jugnot est son beau père, et que son vrai père est Patrick. Mais non. Ce que j’ai pris pour une aisance abusive de la jeune femme liée à son lien filial avec Patrick, n’était juste qu’une maladresse d’écriture, lié à une envie faire échos à sa fille.

D’autre part autre point de cohérence un peu limite

La jeune femme en question est pétée de tune. Ses parents sont riches et ont une villa au bord de la mer. Ok. Elle vient chouiner auprès de Patrick qui je le rappelle à fait déjà beaucoup, pour qu’il les prenne une nouvelle fois sous sa tente. Pourquoi ne les héberge-t-elle pas chez ses parents ? Ou si ses parents sont frilleux, pourquoi ne leur paye elle pas une tente pour qu’ils aillent dormir au camping ou sur la plage ? Non. Elle préfère aller faire la manche auprès d’un inconnu pour que lui, le modeste, puisse récupérer à sa charge les jeunes. La ficelle est un peu grosse.

Patrick va donc une énième fois faire l’effort de recueillir les jeunes. Mais sa gentillesse ne va pas s’arrêter là, il va accepter de se faire passer pour le père d’un des jeunes (qui est noir). La situation est évidemment cocasse. Lié au comique de situation, au décalage de milieu entre les riches et les modestes et enfin l’intrusion de la drogue qui va faire faire des choses improbables à des gens à priori sérieux.

Le décalage est une recette éculée mais qui fonctionne toujours

Au final après cette séance de drogue improvisée, Patrick a défoncé sa voiture, s’est fait faire un tatouage, en gros il a grillé ses vacances. Mais il n’en veut pas aux jeunes, car Saint Patrick est sympa. Puis s’ensuit le dénouement qui est à mon sens raté de peu. Patrick a attendu sa fille tout du long du film et à l’instar d’un En attendant Godot ou du Dîner de Cons, on se doute passer le premier quart d’heure que l’évènement attendu ne se produira pas. C’est un procédé qui fonctionne bien. Mais à la fin, il y a une décision à prendre : va-t-elle finalement arriver ? Et si oui comment va-t-il réagir dans un cas comme dans l’autre ? Dans Camping 3, le scénariste opte pour qu’elle lui envoie un texto pour annoncer sa venue. Génial ! Le film se termine bien, mais ! c’est le timing qui n’est pas bon. Patrick décide d’aller se baigner pour qu’une fois qu’il est loin de son téléphone, son téléphone sonne annonçant un texto dont la teneur est : « Salut Papa, je vais arriver. » Que se dit on ? Il va rater sa fille ! Et que se passe-t-il ? Générique de fin. Quoi ?!!!! Sa fille va, enfin, se pointer à la gare pour que son père vienne la chercher, or il vient de foncer se baigner, ce qui peut prendre plusieurs heures, et qui peut le faire rater tout bonnement rater la nouvelle. On ne fait pas naître un conflit (qu’on ne peut pas résoudre) à la fin d’un film !

C’est une erreur terrible, car c’est la dernière impression que l’on garde du film

Même si on est d’accord, il y a des conflits plus terribles que celui ci. C’est sur qu’on peut imaginer que sa fille pourrait rappeler, elle pourrait même prendre un taxi et se rendre au camping, mais pourquoi nous infliger ce genre de spéculation ? C’est évident que c’est une maladresse (une de plus) parce que ce passage est complètement ironique : Alors qu’il a attendu tout le film sa fille, le fait qu’il reçoive un texto au moment où il regarde ailleurs est ironique.

Mais le problème, c’est que le film n’est à aucun moment ironique

Ce n’est donc pas une volonté, ou si ça l’est, elle fait tâche dans le film.

Autre possibilité pour que ce soit une volonté du scénariste : le fait que, parce qu’il a passé ses vacances à attendre sa fille, c’est au moment, où il s’en détache qu’il peut enfin accéder à ce qu’il souhaite le plus : voir sa fille. Une sorte de lâcher prise en quelque sorte. Oui, la tentative est belle, mais le film n’est pas du tout articulé autour de ça. De temps en temps dans le film, Patrick regarde son téléphone, oui, il envoie un texto à sa fille pour lui dire qu’il l’aime, ok. Mais à aucun moment ne fait l’apologie du laisser aller, du lâcher prise. Patrick est un personnage encré dans le passé et dans les habitudes et même s’il doit les adapter, il demande plus aux autres (les jeunes) de faire l’effort.

Enfin pour ce qui est du fait que Patrick ne dit pas assez combien il aime les gens, thème qui est évoqué par rapport au texto qu’il envoie à sa fille, mais Patrick passe son temps à faire des déclarations aux personnes qu’il l’entoure ! En acte, il est toujours présent, c’est le bon pote, c’est l’ami idéal. Alors on a du mal à l’imaginer implacable vis à vis de sa fille. Alors même si l’avocat du diable pourrait dire : oui mais justement il est sympa avec tout le monde sauf avec sa fille, c’est ironique, c’est toute la complexité du personnage. » je dirais : « dans ce cas là, il fallait faire un autre film, car celui effleure cet aspect des choses. »

Alors maintenant que j’ai dis que la fin était maladroite, qu’aurait dû faire le scénariste ? Et bien lire le texto avant de foncer à la mer. Il lit la bonne nouvelle : sa fille va le rejoindre, il a l’info, mais pas le spectateur. Il décide d’aller se baigner le cœur léger, et la caméra descend lentement vers le téléphone où le peut lire le texto de sa fille, et tout devient clair. Générique de fin.

Maintenant que j’ai parlé un peu de la narration, parlons un peu des personnages. Commençons par Patrick Chirac. C’est le personnage emblématique de la série, le perso un peu beauf, mais sympathique avec un cœur énorme et malheureusement seul. Il ne tergiverse pas avec les versions précédentes, même si bien sur, dans cette épisode, on fait plus allusion à son passé, à ses habitudes. Mais il y a un passage où je trouve que le scénariste s’en est tiré avec les honneurs, alors que rien n’était moins sur. C’est l’histoire avec son pote qui lui avoue d’avoir des penchants pour les hommes. Outre la situation cocasse parce qu’il pense que son pote à des vues sur lui, la situation avait deux réponses délicates que le scénariste a du envisager.

  • La première, le plus improbable : l’acceptation sans concession de Patrick. C’est réponse est la plus politiquement correct, mais aussi la plus éloigné du personnage de Patrick qui en plus d’aimer beaucoup les femmes, et un peu beauf, et donc pas spécialement tendre avec les homosexuels.
  • La deuxième est l’inverse : le rejet total. Réaction plus approprié à ce que penserait sans doute un personnage tel que celui de Patrick mais politiquement pas correct du tout.

Alors que faire ? Le scénariste a réussi à trouver l’entre deux. Une acceptation de façade, mais une forme de rejet interne. Mais Patrick a un si bon cœur qu’il ne peut se résoudre à mettre en déroute son pote, il se contente de l’éviter, pour finalement heureusement pour Patrick, retrouver l’amitié de son pote en lui redonnant gout aux femmes. La morale est donc sauve.

Le choix des scénaristes est bien vu, ils ont su conserver la personnalité de leur personnage sans une concession à la mode

Passons aux personnages des jeunes, j’ai déjà fait allusion au personnage de la jeune femme, qui pour moi est un des personnages les plus mal écrits, elle est incohérente et est une sorte de caricature de la jeune première dans un film. Et quand je dis caricature, je ne dis pas archétype. Le personnage du beau gosse, qui sort avec la fameuse jeune femme, est un archétype, celui du jeune premier, mais il s’éloigne de la caricature au moyen de son sombre passé : un chanteur raté qui n’a jamais réussi à obtenir l’estime de son père. C’est pas fou fou, mais on est dans une comédie, et les personnages secondaires ne peuvent pas être non plus archi développés, mais il y a une limite entre ce personnage et celui de la jeune femme. Les deux potes du beau gosse : sont au départ présent pour respecter le quota de minorité au cinéma, un hispanique et un noir. Mais heureusement, au fil du déroulement du récit, les personnages obtiennent un peu plus d’épaisseur. Tout d’abord, celui du Portugais qui s’avère être le plus sanguin du groupe, et issu d’un milieu défavorisé. Le personnage du pote black mais du temps à se développé, d’abord cantonné à l’éternel troisième pote, il devient un peu plus justifié dans la dernière partie du film avec la séquence dans la villa.

Les perso de Gerard Jugnot et Michele Laroque sont des archétypes, plus le personnage de Jugnot d’ailleurs que celui de Michele. Gerard joue un riche présentateur de télé raciste et Michèle Laroque, une bourgeoise, en mal de sensation, qui souhaite à toute force être vue dans les soirées mondaines. Ils n’ont d’utilité que pour justifier la séquence dite de la villa avec le space cake afin de créer un décalage avec les autres personnages. Ils ne sont pas essentiel à la narration.

Pour finir j’aimerai parler d’une qualité de ce film qui contribue au miracle évoqué plus haut

Le film aborde des sujets qui sont à haut risque. A haut risque parce qu’en France il est de plus en plus difficile de parler d’un sujet défendu par une association sans que cette dernière pour justifier sa création n’intervienne. Alors quand dans Camping 3, le film aborde : les homosexuels, les handicapés, la drogue et les noirs… on avait du soucis à ce faire pour eux. Mais c’est là où le miracle opère : tout semble passer. On est dans le lourd, bien sûr, mais ça on le savait d’entrée de jeu et c’est peut être même ce qui permet de faire tout passer. Si on avait été dans un humour intellectuel, peut être plus raffiné, sans doute que les choses seraient moins bien passé.

D’autre part, et je crois que c’est le point le plus positif que l’on pouvait dire sur ce film : c’est qu’il est bienveillant.

Camping 3 est naïf, un peu lourd, mais il est surtout bienveillant

A l’encontre de ceux dont il se moque, il est de leur côté et c’est ce qui fait tout passer. C’est un dosage qui n’était pas évident, mais forcé de constater que le pari est réussi.

Un scénario bien écrit, plus subtil qu’il n’y parait. Le film fonctionne miraculeusement sur un fil. Une prouesse. 

Lumière

12 / 20

Chose étonnante, la lumière est belle ! Attention quand je dis belle, je veux dire belle pour une comédie française, et quand je dis ça c’est que je ne tiens pas en haute estime la qualité globale des films français et notamment des comédies.  Ici il y a une volonté de faire une belle image. Les cadres sont soignés au minimum, mais il y a un minimum. Les plans ne sont pas systématiquement à l’épaule, la lumière est bien exploitée en extérieur, et le choix des décors est inspiré. C’est donc un beau travail par rapport à la production hexagonale actuelle, mais par rapport à l’exigence d’un film à l’international ? Et bien on est dans la norme +. C’est à dire pas le minimum syndical, juste au dessus.

Une belle lumière pour ce genre de film, avec quelques beaux plans.

Direction comédien

11 / 20

Franck Dubosc, c’est lui qui porte le film. Remplacez le, les spectateurs ne tiendront pas jusqu’au bout du film pour partir. Parce que Patrick Chirac c’est Franck Dubosc (ou plutôt son père) et ça se sent. Il est un peu comme Louis de Funès en son temps dans ses films ou Bruce Lee dans les siens. Enlevez les et leurs films perdent tout intérêt.  Ok, Chirac, c’est Dubosc, et son interprétation ? Elle est à l’image du film : on est sur un fil. Franck Dubosc en fait beaucoup, parfois on est jamais loin du trop, mais enlevez en, et  ce n’est plus drole. Très difficile et très dur aussi de ne pas se caricaturer.

C’est ce que Johnny Depp n’a pas réussi en jouant Jack Sparow de nouveau (parfait dans le premier, caricature dans les suivants) Franck Dubosc y est parvenu

Pour ce qui est des jeunes, ce n’est pas fabuleux. Les trois sont tous niveau sortie d’école de comédie, rien d’intérieur, tout est visible, ce qui donne une sensation de lisse assez désagréable. Idem pour la jeune femme qui en plus de jouer tout en extérieur, se cache en plus derrière sa plastique. Si je devais en sauver un, ce serait Jules Ritmanic qui soit n’a pas fait d’école, soit là plus digéré que les autres, il a une spontanéité dans son jeu qui est plus agréable que les autres. Reste que ces jeunes ont des bonnes bouilles et qu’ils sont supportables car sympathiques.

On sent que Jugnot et Laroque s’amusent bien, ils campent bien leur rôle. On est pas dans la prouesse de jeu, car les personnages sont déjà, à l’écriture, chargés, il ne faut juste pas trop en faire. Et c’est ce qu’ils arrivent à faire, avec une préférence pour Laroque qui est plus fine, à mon sens, dans l’interprétation. On sent que Jugnot l’enthousiasme qu’il avait à interprété ce rôle l’a emporté sur la justesse.

Claude Brasseur et Michèle Demougeot maintenant. Brasseur est en roue libre, il vit sa vie, moins rigoureux à jouer que les autres rôles, il a juste besoin d’être une sorte de je-m’en-foutiste c’est bien fait, même si ça manque de consistance. J’en veux pour preuve que l’on ne sait pas si le personnage de Brasseur est vraiment malade, où s’il simule la maladie pour avoir la paix. Le scripte oscille entre les deux sans vraiment prendre de décision. Ce qui est le plus probable, c’est qu’il soit vraiment malade, car le cas inverse soulèverait trop d’incohérence, mais dans ce cas là qu’on est une nuance de jeu nous permettant de le comprendre. Ici on a rien de profond.

Pour ce qui est de Michèle Demougeot, c’est un peu le carton rouge que j’ai envie de sortir. Elle n’est pas mauvaise en soit, elle est dans la norme. Mais elle a tendance à « jouer » la comédie. Là où ce qui provoque le rire c’est que le Clown soit triste, elle, elle se marre. Il y a une scène sur la plage où Brasseur regarde des post it qui sonne faux à cause d’elle, mais le pire c’est la scène de la danse. Une erreur impardonnable, car la scène est très belle, avec ce vieux qui se retombe amoureux de sa femme, gâchée par le ton décalé et gouailleur de cette comédienne.

Enfin mention spéciale, mais cette fois ci dans l’autre sens à Antoine Duléry. Particulièrement convaincant et crédible dans son interprétation. Ils forment avec Dubosc un duo particulièrement efficace et rafle la plupart des rires du film. Les deux comédiens ont un sens de l’autodérision particulièrement poussé qui leur permet d’aller parfois loin dans certaine situation. Une bonne surprise.

Dubosc est dans un rôle fait sur mesure pour lui, les jeunes ne sont pas convaincants, Brasseur en roue libre, Demongeot pèche par excès de confiance, le duo Jugnot-Laroche fonctionne bien, et félicitation spéciale à Antoine Dulery particulièrement inspiré.

Mise en Scène

12 / 20

Alors soyons clair on est pas dans la grande mise en scène. Mais on est loin de Jet Set que j’avais eu la chance de voir qui était tout ce qu’il ne faut pas faire au cinéma ! Ici on est dans une mise en scène « téléfilm » mais inspirée. On ne dépasse jamais le champ contre champ, les plans sont très souvent statiques, mais là pour que l’ensemble passe c’est qu’il y a une sensibilité que l’on sent à travers les cadres. La bienveillance dont on parlait dans la rubrique scénario transparait ici. C’est un peu subjectif mais c’est pourtant visible, bon nombre de situation pourrait être cadré pour accroitre le côté ridicule de la scène, mais il y a une pudeur du cadreur et de la direction des comédiens qui met en valeur la dignité des personnages alors qu’un rire était possible au détriment des personnages.

Reste qu’il y a certain passage où le réalisateur décide d’utiliser des blancs, c’est à dire un long passage où les personnages ne parlent pas et se regardent en plan fixe, qui ne marchent pas, il y en a trois dans le film. Le premier marche mais pas les deux suivants notamment celui dans le hall des flots bleus. Problème qu’il aurait été facile de rectifier, dommage.

Une mise en scène plus sensible que technique.

Son

15 / 20

Un soin particulier a été porté à essayer de retrouver des sons des années 80, bien sympathique. Et bien sûr la musique de Maître Gims, son titre est cool et donne une donne une ambiance bien venue au film, ce n’est pas, à mon sens, juste un coup marketing.

La musique orchestrale est sympathique bien que discrète. On ne retiendra pas de thème musical. Par contre une des forces de cet opus, ce sont les dialogues. Bon nombre de dialogue sont déjà cultes à peine le film sorti. Il y a des punch line dans tous les sens. C’est devenu une marque de fabrique depuis le « on attend pas Patrick » et dans cet épisode, les scénaristes se sont décidé à régaler les spectateurs, c’est pas moins d’une trentaine de phrase choc, soit pas loin d’une par scène ! Alors certains pourront trouver que c’est trop, mais dans ce cas c’est des gens qui n’aiment pas Camping, car c’est, entre autre pour celà que Camping plait.

Un titre cool de Maître Gims et des dialogues cultes à chaque scène. Sans aucun doute le point fort de ce film.

Direction artistique

14 / 20

Paradoxalement on pourrait se dire qu’il n’y a aucun travail de ce côté là. Mais rien ne serait plus faux. Il y a une volonté affichée d’être dans du kitch controlé. Patrick est toujours habillé avec un ensemble slip de bain associé avec un t-shirt rose atroce. Mais après tout le reste doit suivre, et il y a un choix entre la musique ringarde qu’il écoute, les sandales qu’il porte, la bouée homard qu’il transporte, sa voiture, etc… Tout est réfléchi et retranscrit le fait qu’on croit en l’existance de ce Patrick Chirac.

Idem pour la création du camping, de la fête franchouillarde à la fin, en passant par l’accueuil un rien de mauvais goût et tous les détails qui fouissonnent dans le film, de petites astuces qui contribuent à donner la sensation que les gens qui ont écrits le scénario savent de quoi ils parlent. De la pomme de terre sur le sommet de la tente en passant par l’éponge pour obstruer l’évacuation de l’eau pour faire la vaisselle, autant de détail qui contribue au style du film, qui ont été soigneusement choisi.

Direction artistique soignée pour un genre de film qui normalement s’en passe. 

Effets Spéciaux

NS / 20

EN RESUME

CAMPING 3 est  :

– une suite réussie

– bien écrit malgré quelques maladresses

– audacieux au vue des sujets abordés

– un film plus sensible que touchant

– un film beauf et kitch assumé

– un film bienveillant

– fait par des campeurs

– un film sur mesure pour Franck Dubosc

– paré d’une direction artistique bien travaillée

– avec un duo Dulery-Dubosc très efficace

– doté de phrases cultes

– le meilleur des Camping

un film à voir

Note Finale

 12.57 / 20

Allez plus loin

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