Les Aventuriers de l’Arche Perdue – Plan par Plan – 1/4

Les Aventuriers de l’Arche Perdue est un film de Steven Spielberg sorti en 1981. Pour ceux qui ne connaisse pas Steven Spielberg (je ne sais pas si c’est possible ?) leur suggère vivement de voir au plus vite sa filmo, ne serait ce parce c’est un des plus grands réalisateurs de tous les temps ! (cf les 4 plus grands réalisateurs de tous les temps)

Steven Spielberg est un des maîtres du découpage, il est l’héritier du cinéma d’Hitchock et d’Orson Welles (cf les Grands Styles de Réalisations au Cinéma) et c’est un de ceux qui maîtrise le mieux son art. Dans « Les Aventuriers de l’Arche Perdue » Steven est encore jeune, il n’a que 35 ans et il va révolutionner le film d’aventure.

Je vous propose ici d’étudier plan par plan la séquence d’introduction des « Aventuriers de l’Arche Perdue« . Cette introduction est considérée par beaucoup comme l’une des meilleures de tous les temps, que ce soit au niveau du rythme, des idées de mises en scène et de la composition des cadres.

L'étude Plan par Plan

Pour savoir ce qu’est une étude plan par plan, et la méthodologie que je vais employer, je vous invite à aller voir la première étude que j’ai faite qui s’intitule « Perfect Blue – Plan par Plan« 

Comme la séquence est assez longue, je ferai cette étude en 4 articles. Voici donc le premier, vos retours sont les bienvenues.

D’autre part autre précision la vidéo de la scène d’intro que j’ai trouvée sur internet ne se termine pas là où l’internaute aurait dut logiquement se stopper, en effet la scène se termine sur le climax, l’apparition de Indy et non pas à l’arrivée de la grotte. J’arrêterai donc ma première étude sur le climax de la scène et vous aurez la suite dans la deuxième partie.

C’est parti pour l’étude !

La Scène d'Intro des Aventuriers de l'Arche Perdue

Plan 1

Plan Matriciel 1

Plan 1 a

Plan exposition.

Voici le premier plan de la séquence, c’est un plan d’exposition.

Apparition du logo de la Paramount qui se transforme en une montagne qui ressemble au logo. C’est bien sûr un jeu que fait Spielberg avec l’audience. On remarquera que « Spielberg » veut dire : la montagne de jeu. C’est donc déjà une signature avant même que la première image du film ne soit apparue.

Il y a donc une montagne, et une masse passe devant l’objectif masquant faisant quasiment un noir, on notera que Spielberg en profite pour faire un dézoomage afin d’avoir une valeur plus appropriée pour la suite de ce plan.

L’homme qui vient de rentrer dans le champ avec un chapeau contemple la montagne. Il apparaît en silhouette et le fait qu’il prenne le temps de regarder cette montagne on comprend que c’est sa destination. Son objectif est dans cette direction. Cet homme, pour plus de commodité, nous l’appellerons Indy. On notera qu’au moment où l’on voit la silhouette d’Indy apparaît le nom de Steven Spielberg et qu’au moment où il contemple la montagne apparaît le titre.

Indy est ensuite encadré par deux autres personnes qui font le même trajet que lui et donc obstrue à moitié l’objectif, on comprend que ces personnes le suivent, et le fait qu’elle se place de part d’autre de lui, on peut même dire qu’il est étroitement suivi.

Arrive ensuite un nouveau personnage et Spielberg en profite pour redresser la caméra pour faire apparaître son visage qui regarde en arrière, idem pour le suivant.

Pourquoi avoir redressé le cadre pour faire apparaître ces personnages ?

On peut distinguer deux groupes : ceux dont on voit le visage / ceux dont on ne le voit pas.

Il y a également une autre distinction qui correspond aussi à ces deux ensembles : ceux dont la montagne est dans la prolongation / Ceux qui ont des nuages comme point de fuite.

On peut dire sans prendre de risque que ne pas montrer le visage c’est pour conserver le mystère, et une personne mystérieuse et énigmatique sera toujours plus magnétique que des personnes dont on connaît tout à l’avance tant ils sont prévisibles, dans ce cas là, on peut dire que ces personnes avancent à visage découvert.

Ne pas montrer Indy c’est donc pour lui donner une aura de mystère qui sera conservé jusqu’à la fin de séquence, c’est bien sûr une intention de mise en scène qui ne peut être que voulue pour renforcer le charisme de son personnage.

D’autre part toujours dans la volonté de rendre plus fort Indy, Spielberg va utiliser ce que j’appelle l' »effet Holmes« .

C’est à dire que plutôt de montrer en incarnant le personnage d’Indy comment Indy est fort, on va se placer du point de vue de témoin, plus humain, plus accessible qui contemple l’agissement du personnage génialissime. C’est l’utilité de Watson dans Sherlock ou de Saliéri dans Amadeus, et c’est l’utilité des deux truands qui regardent Indy. Toute cette première séquence est construite de leur point de vue.

Et si Indy a en fond la montagne et qu’on ne voit pas son visage, c’est aussi pour donner la sensation qu’il fait corps avec son objectif. Les deux autres suiveurs qui vont littéralement dans la même direction sont des faire valoir. Ils sont là pour donner la sensation qu’Indy n’est pas un mec seul dans sa cave, c’est un gars qui est suivi et donc on peut en déduire que soit c’est parce qu’il a les moyens de les payer, soit il a réussi à les convaincre de le suivre, en un mot c’est quelqu’un d’influent. Imaginez la même séquence sans personne, le résultat perd au niveau de l’ampleur de l’expédition.

On notera aussi qu’Indy est le seul qui apparaît… seul. A sa suite, il y a deux binômes : un premier qu’on unit parce qu’ils sont côte à côte et un second parce qu’ils apparaissent tout deux à visage découvert et dans une valeur de plan modifié par rapport à Indy.

Et les deux truands qui suivent Indy sont là aussi pour donner de l’importance à Indy mais aussi pour montrer avec le changement d’angle de vue qu’ils ne font pas corps avec l’objectif.

C’est donc un plan qui permet de mettre en opposition deux groupes et qui permet de valoriser Indy.

Tout ça en un plan, c’est déjà un bon début !

Un mulet passe ensuite et masque le cadre. Cut.

Cut Ellipse

Plan 2

Plan Matriciel 2

Plan 2 b

Plan en pied

Un groupe d’homme avance dans les feuillages. Utilisation de la fumée pour densifié l’espace et faire apparaître des raies de lumière. Utilisation également du soleil, son apparition intermittente par le truchement du feuillage renforce la sensation de densité (en plus d’être esthétique) d’autre part le soleil est également utilisé pour conserver le silhouettage d’Indy et ne pas révéler son visage.

On notera qu’une fois encore Indy est distingué de ses suiveurs. Il avance plus vite que le groupe et s’isole des autres en sortant du champ, là où les autres n’ont même pas le temps de sortir qu’il y a un cut.

Une fois de plus ça donne la sensation du leadeur, c’est à dire littéralement l’homme qui guide, qui sait où il va, et à sa suite des gens qui le croient.

Indy sort du cadre, les autres n’ont pas le temps de sortir du cadre. Cut.

Cut réaction

Plan 3

Plan Matriciel 3

Plan 3

Et oui ce n’est pas un raccord mouvement, mais bien un raccord réaction. Indy avance plus vite, ils n’ont pas le temps de sortir du champs et donc le ressenti est un raccord réaction (du genre « qu’est ce qu’il va vite ! ») Si on avait eu un des indigènes qui étaient sortis du champ, on aurait pas eu cette sensation, on aurait plus un raccord traditionnel de raccord mouvement.

Plan sur les suiveurs, toujours à visage découvert. On notera qu’ils se font distancer par l’indigène devant les isolant dans le plan, et donnant la sensation qu’ils sont à la traîne derrière. Spielberg va s’ingénier à les ridiculiser tout au long de la séquence, ce qui valorise d’autant Indy et confère de l’humour à ce passage.

Ce raccord sur la réaction des suiveurs renforcent le fait que la connexion avec les truands, on voit la scène de leur point de vue.

Cut point de vue.

Raccord Point de vue

Plan 4

Plan Matriciel 4

Plan 4

C’est un raccord point de vue. On voit Indy de dos qui avance sans se retourner, ce qui renforce la sensation de détermination qui se dégage de lui.

Indy passe derrière une plante. Cut.

Cut Ellipse

Plan 5

Plan Matriciel 5

Plan 5

Ce plan est plus large que les autres, il donne une respiration, même si on a la sensation de part son cadrage derrière le feuillage qu’ils sont sous surveillance.

On notera deux choses :

  • Indy n’apparaît même pas sur ce plan, ce qui pour le coup montre bien qu’il n’est pas associé à la masse.
  • Il y a beaucoup plus de personne qu’au départ, d’un groupe de suiveur de 4, ils sont 7.

Pourquoi ? Pour renforcer l’isolement.

C’est un rappel avant ce qui suit. Ici Spielberg veut montrer l’importance de l’équipée, ils sont 7 avec en plus les mulets (l’association n’est pas anodine) et ils sont tous à la queue leu-leu ce qui donne une sensation de nombre plus importante, passez 7 les spécialistes de la mémoire savent que nous ne comptons plus. On retient juste qu’il y a du monde.

Cut.

Cut Ellipse

Plan 6

Plan Matriciel 6

Plan 6

Typique du plan d’ellipse, le plan sur les pieds.

Indy avance, une fois de plus on sait que c’est lui parce qu’il n’y a personne devant lui et qu’on distingue une masse derrière. Lui avance d’un pas sûr. On ne voit toujours pas son visage.

Indy dévie sur sa gauche. Cut.

Cut Mouvement biaisé

Plan 7

Plan Matriciel 7

Plan 7 b

L’indigène jaillit par la gauche cadre, ce qui permet de faire le raccord avec Indy. C’est pour ça que c’est un raccord mouvement biaisé, parce qu’il est calé comme si c’était Indy qui tourne alors que c’est l’Indigène.

A noter que c’est la première fois que quelqu’un le devance. Il y a une raison, et on va voir aussi que symboliquement, tout ceux qui passent devant Indy le regretteront.

Donnant la sensation que n’est pas chef qui veut.

On pourra remarquer aussi que le rythme de marche c’est accéléré, ce qui donne la sensation qu’on se rapproche du but.

Sensation accentuée par le fait qu’Indy part devant et que derrière un des truands attache le mulet à un arbre comme s’il était arrivé à destination,  alors qu’en réel, il l’attache parce que la foret est devenue inextricable.

Le truand se tourne. Cut.

Cut Retour Point de Vue

Plan 8

Plan Matriciel 8

Plan 8

Plan très surprenant dans son utilisation.

La convention voudrait que l’on mette le plan 9 avant le plan 8. C’est à dire que l’on montre l’objet de la terreur puis qu’on raccorde sur la réaction.

Là Spielberg fait l’inverse, on voit le type en serré puis le plan de la révélation ensuite sans resserrement sur lui.

Pourquoi ? Pour créer un suspense : on sent que quelque chose d’important ce joue. Dès le début du plan on ne distingue rien, mais il y a un premier coup de machette (toujours la foret inextricable équivaut à dire le danger) On remarquera la rythmique du coup qui s’enchaine avec le suivant révélant à moitié le visage de l’indigène, c’est d’ailleurs notre premier gros plan. Il ne sera pas comptabilisé comme tel, parce qu’il est si fugace qu’il joue plus comme un insert.

L’indigène donne un second coup de machette. Cut.

Cut Mouvement

Plan 9

Plan Matriciel 9

Plan 9

On raccorde sur le mouvement en biais de la machette, puis un dernier qui révèle le visage de la statue. On note que le coup est donner sur le même rythme que les deux précédents fluidifiant le raccord.

Une fois de plus, Spielberg s’amuse, le fait que la statue tire la langue (même si les statues de ce type existent réellement, je pense que le choix de celle ci n’est pas anodine) donne la sensation que quelqu’un a voulu vous faire une blague et vous fait « bou » pour vous faire peur.

On notera que le comédien est devant la statue au début du plan lors du coup de machette, mais au moment de la révélation, revient dans le champ pour hurler, ce qui rajoute à l’effet comique (car entre nous quand on a peur on ne se rapproche de ce qui la provoque).  Cut.

Cut Réaction

Plan 10

Plan Matriciel 10

Plan 10 b

Élargissement du plan sur le raccord réaction, pour accentuer sur la fuite plus que sur la peur en elle même (avec un raccord sur le visage de l’indigène par exemple) mais il y a une autre utilité, c’est de pouvoir mettre dans un même plan deux réactions en parallèle : celle de l’indigène qui fuit et Indy qui va de l’avant.

Le fait que ce soit fait dans un même plan renforce la réaction des deux. On se dit que le type est pas simplement un peureux, mais un pleutre en fuyant là où d’autre reste, et pour Indy on se dit pas simplement que ce type est courageux, on se dit qu’il est très déterminé, au point de ne pas fuir devant le danger.

Toujours pour aller dans ce sens, le fait que l’Indigène fuit vers nous, nous révèle son visage, alors que le fait Indy s’avance vers la statue, nous le laisse de dos, renforçant son inexpressivité. On ne sait pas à quoi il pense, on voit simplement qu’il agit.

On remarquera l’utilisation des oiseaux comme amplificateur de la fuite de l’indigène.

Indy s’approche de la statue. Cut.

Cut Réaction

Plan 11

Plan Matriciel 11

Plan 11

Raccord réaction couplé avec un raccord mouvement d’Indy faisant un effet de volet pour laisser apparaître les deux truands.

Dans le plan 5 nous voyons tout un ensemble de personne, c’est pour que ça paye ici. Il ne reste plus que deux personnes à la suite d’Indy.

Ils se rapprochent donc du but, parce que le danger s’accentue et que les rats quittent le navire (et extrêmement vite ! parce qu’en un raccord il n’y a plus personne !)

Les deux truands regardent la nouvelle découverte. Cut.

Cut Point de Vue tronqué

Plan 12

Plan Matriciel 10

Plan 10A

Une fois de plus on est sur la réaction des truands qui découvrent  à leur tour la statue. Ce raccord est couplé d’un raccord mouvement des truands qui s’avancent vers la statue pour rendre le raccord encore plus fluide.

On voit Indy qui ne se retourne même pas pour savoir ce qu’en pense les deux types même pour voir s’il y a encore des personnes qui le suivent, il y a la moitié de l’équipée qui vient de partir, il ne semble pas affecté outre mesure. Il fait bloc avec son objectif, ce qui n’est pas le cas de nos truands, qui eux s’inquiètent. A noter le synchronisme de mise en scène, au moment où Indy regarde vers sa nouvelle direction, les deux truands se regardent parce qu’ils s’inquiètent.

Indy sort du champs, les deux truands se regardent. Cut.

Cut Réaction

Plan 13

Plan Matriciel 11

Plan 10B

Réaction des deux truands, qui regardent en arrière pour soit s’assurer qu’ils ne sont pas suivis, soit parce qu’ils hésitent à fuir, quoi qu’il en soit, ils ne sont pas rassurés.

Ils avancent vers la caméra cut.

Cut Ellipse

Plan 14

Plan Matriciel 12

Plan 12

Le temps passe, nos aventuriers avancent dans la jungle.

C’est une nouvelle respiration dans la scène qui permet de voir un peu l’arène que nos personnages traversent.

Toujours Indy devant et les deux en retrait. Utilisation de la fumée pour magnifier la foret et la rendre plus dense.

Indy se rapproche de la sortie de champs. Cut.

Cut Ellipse

Plan 15

Plan Matriciel 13

Plan 13 b

Une nouvelle fois un plan plus long afin de mettre en parallèle les différentes réaction des personnages.

Alors que nos deux truands semblent comploter, il y a l’apparition d’une flèche plantée dans un arbre au premier plan. C’est aussi là où apparaît le nom de Steven Spielberg à la réalisation. Bien souvent après l’apparition du nom du réalisateur, l’action peut commencer, parce qu’il n’y a plus d’autre nom à présenter derrière.

Alors que nos truands reste flou, il y a la sortie de derrière l’arbre d’Indy. Une fois de plus, Indy à toujours un train d’avance sur eux.

Le cadre nous permet de nous focaliser sur les mains d’Indy qui jaugent ce qu’il a en main, on sent les mains de l’expert, c’est la première fois que quelque chose d’autre que de la détermination est associée à Indy, on a maintenant l’expertise.

Il laisse tomber avec nonchalance la flèche et les truands se ruent sur la flèche. Ici Spielberg ridiculise une fois de plus nos deux lascars. Indy laisse tomber la flèche comme il laisserait des miettes à des chiens et les deux se ruent sur la maigre pitance que leur à laisser leur maître. C’est d’autant plus accentué qu’à aucun moment, lorsqu’Indy ne jauge la fléchette ils ne se rapprochent de lui, par crainte de déranger le maître.

Nos deux truands regardent à leur tour la fléchette et comme pour les rendre encore plus humain, ils parlent, c’est d’ailleurs le premiers dialogues du film qui met en garde, il y a un danger qui les traque. On remarquera que le premier dialogue d’Indiana Jones et le Temple Maudit, c’est le serveur qui dit à Indy : Soyez prudent. Même recette, ici des faire valoir mettent en garde du danger, mais, dans le même plan on voit qu’Indy continue imperturbable son avancée.

Indy avance. Cut.

Cut Ellipse

Plan 16

Plan Matriciel 14

Plan 14

Raccord mouvement sur Indy qui avance, ce n’est d’ailleurs pas réellement un raccord mouvement mais une ellipse qui s’appuie sur un raccord mouvement.

Ici, nouvelle respiration Indy avance dans la foret mais seul, la démarcation avec les autres personnages est plus marquée. Toujours l’utilisation de la machine à fumée pour les mêmes raisons.

Cut.

Cut Ellipse

Plan 17

Plan Matriciel 15

Plan 15

On raccorde sur les deux truands seuls sans Indy.

Il y a l’utilisation de la machine a fumé qui dessine les raies de lumière à l’arrière plan toujours pour les mêmes raisons. On se rend compte d’ailleurs que la foret est moins dense, on se rapproche de la sortie de la foret : on touche au but.

On peut remarquer que c’est ici où Spielberg décide de placer la spécialisation géographique et temporelle. Pourquoi ? Sans doute parce que c’est le premier plan large après la longue série de nom de l’équipe technique. C’est le seul moment possible avant que l’action ne se lance.

Un des truand se rapproche du bord cadre. Cut.

Cut Mouvement

Plan 18

Plan Matriciel 16

Plan 16

Indy est déjà à l’arrêt devant un lac. Il inspecte et son larbin arrive derrière lui. Une fois de plus on a l’utilisation de stéréotype qui inconsciemment nous positionne les personnages entre eux. Le maître attend alors que le larbin arrive derrière pour lui apporter ce dont il a besoin. On notera d’ailleurs qu’Indy voyage léger comparé aux autres. Le maître ne porte pas, c’est les autres qui porte et apporte pour lui.

Un des truand se rapproche d’Indy et le masque pour faciliter le raccord suivant. Cut.

Cut Mouvement

Plan 19

Plan Matriciel 17

Plan 18 B

Raccord sur Indy qui récupère la carte que lui a tendu son larbin. On remarquera l’effet de volet qui permet des raccords parfaitement invisibilisés.

Une fois qu’Indy à récupéré la carte, il s’éloigne du larbin pour se retrouver seul dans l’image.

Cut.

A noter que je trouve le plan particulièrement sous exposé et je soupçonne un problème lors du tournage, en effet il y avait plusieurs possibilités pour détacher le comédien du décor et là où c’est systématiquement le cas, ce plan si un vraiment sombre et peu lisible.

Cut Mouvement Biaisé

Plan 20

Plan Matriciel 18

Plan 19 b

… Mais le larbin ne compte pas se faire distancer comme ça, il finit le mouvement initié par Indy, ce qui confère un aspect humoristique au passage. C’est une sorte de point de vue tronqué, on voit ce que voit le personnage du larbin avec lui même dans le champ.

On remarquera aussi la rentrée dans le champ du plan non pas par la gauche comme ça semblerait logique mais par le bas de l’image ce qui est plus élégant.

Une fois de plus, au niveau du rapport entre les personnages, on a le maître qui sait (lire notamment) et le larbin qui observe avec admiration celui qui sait.

Cut.

Cut Parallèle

Plan 21

Plan Matriciel 19

Plan 20 b

Pendant qu’ils observent la carte, derrière Indy, un des truands souhaite défier le maître. Il avance vers la caméra alors que celle ci avance vers lui, ce qui accroît la sensation de soudaineté. Le plan se termine en contre plongée ce qui donne octroie une aura de puissance à ce personnage, le danger semble alors réel.

Il regarde en direction d’Indy puis jette un regard vers son collègue avant de reporter son regard sur Indy. Ce regard permet de bien spatialiser les personnages les un par rapport aux autres.

Le regard se dirige vers Indy. Cut.

Cut Réaction

Plan 22

Plan Matriciel 20

Plan 20

C’est la réaction logique aux regards que nous venons de voir.

Le truand sort son flingue et l’arme. Cut.

Cut Réaction

Plan 23

Plan Matriciel 21

Plan 21

Le son fait réagir Indy qui pivote rapidement sa tête, il est vif, affûté, et comme il ne se retourne pas en entier, ça donne la sensation qu’il garde le contrôle de la situation.

Cut.

Cut Parallèle

Plan 24

Plan Matriciel 19

Plan 22

Le Truand braque son arme sur Indy d’un air déterminé. Cut.

Cut Parallèle

Plan 25

Plan Matriciel 22

Plan 23

Spielberg va faire ici du surdécoupage afin de donner une vivacité et une efficacité à l’action d’Indy.

Rotation d’Indy et apparition du fouet. Cut.

Cut Surdécoupage

Plan 26

Plan Matriciel 23

Plan 24

Indy arme son fouet.

On peut se rendre compte qu’il manque le moment où le fouet arrive de la hanche d’Indy à sa tête ce qui hache l’action mais qui donne l’impression que c’est si rapide qu’il y a des éléments que nos yeux n’ont pas put voir.

Cut.

Cut Parallèle

Plan 27

Plan Matriciel 18

Plan 25

Idem que pour l’autre plan, on ne voit pas l’étape du fouet qui passe de la tête à la hauteur de la hanche. On notera que dans la même idée, le larbin regarde déjà dans la direction de l’impact ! Ce qui donne l’impression d’une soudaineté. D’autre part comme le plan est très court, peut être que s’il s’était retourné au moment où le fouet serait descendu peut être que l’image aurait été moins lisible.

Quoi qu’il en soit la mise au point est sur lui au départ, le fouet rentre dans le champ et la bascule se fait sur la main. On notera qu’il y a une dramatisation avec la réaction en arrière plan du Larbin.

Cut.

Cut Mouvement

Plan 28

Plan Matriciel 16

Plan 26

Raccord sur un plan plus large qui permet de spacialiser la situation.

On notera qu’Indy donne un coup de fouet comme un coup de poing.

Cut.

Cut Coup

Plan 29

Plan Matriciel 19

Plan 27

C’est un cut coup qui permet le raccord ici. Le Truand vient de se faire corriger. On a alors une réaction vive même si on ne voit pas le fouet à proprement parler toucher la main du truand, on comprend qu’il y a eu impact avec la réaction du comédien et le son de fouet bien sûr.

Cut Réaction

Plan 30

Plan Matriciel 24

Plan 28

Il vient de brandir son poing sans son arme, réaction logique, on voit le pistolet tomber à l’eau. Ce qui équivaut à dire dans la tête du spectateur qu’il est perdu alors que :

  • une : l’eau ne doit pas être si profonde et il pourrait le récupérer et tuer Indy.
  • Deux : ce truand est sensé être sur la terre ferme, c’est Indy et lui qui sont proches des berges.

Mais qu’importe, les plans sont tellement courts et s’enchaînent tellement dans l’action qu’on a pas le temps de se poser ce genre de question. C’est juste un enchaînement logique. Si le flingue était tombé par terre qu’on pourrait se poser la question de pourquoi il ne le ramasse pas, ici plus de question.

Le flingue tombe à l’eau. Cut.

Cut Parallèle

Plan 31

Plan Matriciel 19

Plan 29

Retour sur la réaction du truand horrifié comme s’il venait de voir un monstre. Il vient de se faire punir par son Maître, il n’a pas d’autre échappatoire que de fuir.

Il sort du champ. Cut.

Cut Parallèle

Plan 32

Plan Matriciel 25

Plan 30

Retour sur Indy avec un contre champ, Indy passe de l’ombre à la lumière et révèle ainsi son visage. Il se révèle dans l’action, c’est le nouveau visage de l’aventure comme les campagnes publicitaires de l’époque l’annonçait.

Il regarde fermement l’impudent qui a essayé de le défier. Cut.

Cut Reaction

Plan 33

Plan Matriciel 15

Plan 31

C’est la réaction du truand qui fuit, il est filmé en pied pour bien montrer qu’il est inoffensif, et Spielberg pour bien le ridiculiser fait en sorte que, dans sa fuite, il galère a enjamber un tronc d’arbre qui lui barre le passage.

Cut.

Cut Parallèle

Plan Matriciel 18

Plan 34

Plan 32

Raccord sur le personnage du larbin qui regarde son Maître avec respect. On appréciera aussi le premier plan où Indy remballe son arme sous le regard du larbin, on pourrait presque lire le sous titre : voilà ce qui te pend au nez si tu oses me défier.

Cut.

Cut Parallèle

Plan Matriciel 25

Plan 35

Plan 33 b

Indy tout en terminant de replier son fouet, avance en direction de son objectif en passant ostensiblement devant le larbin d’un air de dire : je ne te crains tellement pas que je te fais dos, vas y essaye à ton tour de me tuer et tu verras ce qu’il en coûte.

Le tout sous le regard médusé et admiratif du larbin. Bien sûr ce genre de procédé sert à dramatiser la situation et surtout à valoriser le héros, d’un côté nous avions un truand terrorisé par la fureur d’Indy, de l’autre nous en avons un admiratif. Tout ça, est associé à notre héros, lui donnant une aura et un charisme bien confortable pour commencer l’histoire.

Cut.

Cut Réaction

Voir la seconde partie

Voilà pour cette première scène. Vous pouvez me contacter pour me poser des questions si vous en avez où si vous souhaitez que j’analyse une séquence d’un film en particulier.

Et pour voir la deuxième partie cliquez ici : Introduction d’Indiana Jones : Plan par Plan partie 2 où se déroulera le passage dans la grotte jusqu’à l’idole.

Se procurer le DVD

Bilan

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« Tout ce que l’école de Cinéma ne vous apprendra jamais »

(Et qui est pourtant essentiel pour réussir)

A quelle adresse souhaiteriez vous que je vous l’envoie ?

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