Comment faire un film quand on a pas fait d’école de cinéma ? 1/3

Tu n’as pas fait d’école de cinéma, mais tu rêves de faire un film ?

Voici les étapes qui te permettront d’y arriver.

Alors prends des notes et fait le plein de motivation, parce que tout ne se fera pas tout seul.

Voici le premier article des trois que je ferais pour expliquer comment faire un film en partant de zero.

Commençons par la préparation du film. C’est parti !

Introduction

La première partie que nous allons voir comprend les éléments indispensables à la bonne préparation d’un tournage.

Ils sont évidemment simplifiés et ne comprennent que l’essentiel pour se lancer.

Mais sans ces étapes, jamais, il ne sera possible de mener à bien un tournage.

Dans le prochain épisode nous verrons comment se passe un tournage.

Mais concentrons nous d’abord sur la phase que nous appelons “la prépa”.

Les ingrédients indispensables

Avant d’aller plus loin, il y a des éléments indispensables que tu devras avoir avant de partir dans ce qu’on appelle la “prépa” à proprement parler.

En voici la liste :

  • Il te faut beaucoup d’énergie et de motivation.

Essentiel pour mener à bien ton projet.

  • Connaître le nom des postes qu’il doit y avoir sur un tournage.

si tu ne les connais pas, télécharges le livre sur ce site, il est gratuit.

  • Il te faut de l’argent.

Pas forcément beaucoup, mais il en faut un minimum, ne serait ce que pour payer le repas pour l’équipe, ou pour louer le matériel de tournage.

  • Il te faut une vision.

Que tu es les moyens ou pas de ta démarche artistique, il te faut absolument une vision claire de ce que tu veux au final comme résultat.

Et quoi qu’il arrivera, il ne faudra pas transiger sur cette vision.

c’est elle qui donnera la singularité à ton film et qui donnera une cohérence.

Tu pourras sur le tournage changer de plan ou de lieu, voir même de technicien, si malgré tout tu peux rester dans ta vision.

Maintenant on peut y aller.

1 – Le Scénario

C’est la base de la base.

Qu’est ce que tu veux raconter ?

Si tu es sur ce site, c’est que tu as certainement milles histoires que tu veux raconter.

Et désolé d’être franc mais sur les 1000 sans doutes plus de 950 sont mauvaises !

Et pour plusieurs raisons :

  • La première, c’est que certaines sont tous simplement mal écrites.
  • L’autre raison, c’est qu’ils seront trop chers ou trop ambitieux.

Quoi qu’il en soit il faut que ces histoires tu les aies écrites.

Ne te dis pas que ton histoire est dans ta tête !

C’est comme le découpage que nous allons voir, il faut mettre sur papier (ou ordi).

Ecrire, c’est rendre intelligible, c’est concrétiser une idée.

Et c’est en écrivant qu’on se rend compte des problèmes.

Bref, choisis un projet (scénario, livre, BD, etc…) qui doit satisfaire plusieurs critères :

  • La durée

L’histoire ne doit pas être trop longue.

On a trop souvent envie de film direct un long métrage.

Modère ton envie.

Commence modeste pour pouvoir progresser ensuite.

Si tu dépenses toute ton énergie dans un projet trop long (et fauché) tu risques de te casser les dents, d’avoir un projet bancal, impossible à monter.

En somme, tu risques de perdre ton temps et celui des autres.

  • Pas trop ambitieux

Ne part pas sur un projet avec des cascades dans tous les sens, ou avec une dizaine de lieux !

Voit pratique, un lieu c’est l’idéal.

Si possible en extérieur.

Quand on est pro, tourner en extérieur c’est souvent source de problème, mais pour débuter, il y a plus d’avantage que d’inconvénient.

Alors soit un seul lieu en intérieur, soit plusieurs zones en extérieur.

  • Un projet qui te tient à cœur

  • Et de préférence qui soit original.

2 – Le découpage

Le découpage c’est l’enchaînement des plans d’un film.

Comme tu débutes, tu vas certainement le faire par instinct.

Tu prends une feuille et tu essayes de dessiner dans des rectangles ce qui se passe à l’image.

Comme si tu faisais une BD.

Inutile d’être un as du dessin !

L’idée est de faire grossièrement ce qui se passera à l’image.

Cette étape est cruciale.

Si tu la zappes, parce que tu penses que tu vas improviser sur le tournage,

tu peux arrêter de lire ces lignes tout de suite !

Parce que ce que tu y trouveras concerne les cinéastes qui souhaitent faire des tournages maîtrisés.

Et quand on commence par dire, le découpage c’est l’impro, la suite ce sera :

Le tournage sera aussi improvisé et on se repliera en dernier ressort sur le montage en espérant qu’un miracle se produise.

C’est bien sûr le cas de figure que nous souhaitons éviter.

Faire un film, c’est une grosse responsabilité, et agir en dilettante n’est pas un comportement acceptable quand on veut en faire une carrière.

Donc, fais au mieux, dessine avec des bonhommes en fil de fer, ou avec des grosses patates pour le moment le but c’est que :

Tu réfléchisses à ton découpage.

Quand tes dessins seront lisibles par d’autre personne que toi, tu pourras appeler cette étape le storyboard.

Mais pour le moment le but, n’est pas de le montrer à l’équipe mais bien de te :

Projeter sur ton film.

3 – L’équipe

Tu as ton scénario, tu as ton découpage ?

Tu es alors prêt à en parler aux autres.

Et les autres ça commence par la production.

Si tu le sens, tu peux tenter de démarcher une société de production pour financer ton film.

Mais soyons honnête, le marché est saturé de personnes qui veulent faire des films. Alors la question est :

Qu’est-ce qui va faire que la production va s’intéresser à toi ?

Ton histoire est géniale ?

Bien. Mais toi est ce que tu l’es assez pour réaliser le film ?

Autant l’histoire on peut s’en rendre compte parce qu’elle est lisible

Autant tu n’as jamais rien réalisé

Autant ça sera certainement une grosse prise de risque pour un producteur d’investir de l’argent dans un illustre inconnu.

Il y a des astuces pour y arriver malgré tout, mais ce n’est pas le propos ici.

Considère que c’est prématuré de démarcher un producteur pour le moment.

En revanche tu peux former une équipe.

Alors comment faire ?

Plusieurs approches :

1 – Le réseau : une recommandation

Quelqu’un te conseille de travailler avec un technicien et peut vous mettre en relation.

C’est le top.

Parce que ça met en confiance les deux parties.

Ou encore mieux, tu connais un pote qui fait le poste dont tu as besoin, c’est bien sûr l’idéal, surtout si le pote est bon.

2 – Le démarchage avisée

Tu as vu un film (court métrage, clip, pub, etc…) où tu as admiré le travail d’un technicien.

Tu décides alors de le contacter.

Les techniciens, surtout jeunes, ont souvent un site dédié ou il y a moyen de le contacter via les réseaux sociaux.

Les avantages :

  • Tu sais que le résultat sera à la hauteur.
  • Le technicien aura souvent une équipe qui le suit déjà (des assistants caméra, un chef électro, etc…).

Et peut-être a-t-il un contact privilégié avec un loueur de matériel, ou un producteur.

L’inconvénient :

  • Il sera peut être gourmand en matériel.
  • Il demandera peut être une rémunération.

3 – La démarche au tout venant

Tu postes une annonce et tu attends qu’on te contacte.

Les avantages :

  • Il y a donc de forte chance que ça marche. Tu auras certainement des réponses.
  • C’est eux qui font la démarche de te contacter, c’est pas l’inverse. Idéal si vous êtes plutôt timide. C’est à la portée de tout le monde.

Les inconvénients :

  • C’est que ça te fais beaucoup de messages à répondre.
  • Tu auras de tout en terme de niveau, du pur amateur, au vétéran qui a fait plusieurs tournages.

4 – La débrouille

Tu t’entoures de potes et tu essayes de gérer plusieurs postes.

Les avantages :

  • Tu es au top en terme d’ambiance, tu es sûr qu’au niveau relationnel il n’y aura pas d’embrouilles.
  • Tu es obligé de gérer plusieurs postes, ce qui te pousses à comprendre les problématiques de chaque poste pour plus tard apprécier qu’il y ait quelqu’un qui occupe ce poste à ta place.

L’inconvénient :

  • Tu es entouré d’amateur, le niveau ne sera certainement pas relevé par eux, en gros :
  • si tu es dans un mauvais jour, t’es cuit.

Le process de démarchage des comédiens est le même.

Que ce soit pour les techniciens ou les comédiens, tu peux aller sur un site comme :

cineaste.org tu pourras déposer des annonces.

4 – Le Plan de Travail

Tu as ton équipe et tes techniciens, tu as tes comédiens.

Maintenant, il faut préparer le tournage qui se rapproche.

La première étape compter le nombre de plan que tu dois tourner.

Garde en tête que 10 plans par jour c’est bien

pour une journée de 12h de tournage professionnel.

Sur ton premier film tu seras moins regardant sur la qualité, et si tu as une petite équipe (4 ou 5 personnes (sans comédiens)) tu pourras tourner plus.

Mais oublie tout de suite les 20 plans par jour !

Même si tu te dis que tu peux largement le faire, essayes de t’entraîner à filmer 10 plans par jour.

Et profites-en pour essayer d’aller dans les détails si tu le peux.

Si en revanche tu penses que 10 plans c’est trop – parce que tu veux prendre ton temps ou que tes plans sont compliqués – tu peux bien sûr filmer moins.

Mais attention au rythme de tournage !

En dessous de 5 plans par jour, on a l’impression de rien avoir fait.

Donc établis le nombre de plan à tourner, puis par tranche de 10 plans calcule combien de jour de tournage tu auras besoin.

Ensuite mets un peu d’ordre dans tes plans.

10 plans par jour ok, mais

comment je choisis les plans ?

Mets d’abord les plans qui sont dans le même lieu ensemble.

Tu as un seul lieu ? C’est bien tu m’as écouté quand je parlais de lieu unique 😉

Dans ce cas là, regroupe les par zone.

Il y a forcément des zones distinctes dans un même lieu, ne serait ce que par l’orientation de la caméra (nord, est, ouest ou sud) on dit alors ; par axes.

Fait ton regroupement idéal.

essaye de voir maintenant avec les comédiens leur disponibilité.

Et ne modifie pas tout de suite ton plan de travail !

Demande leur seulement leur dispo.

Ensuite demande à ton chef op si tout est ok.

Et s’il est possible de bouger tel plan tel jour à la place de tel autre pour arranger le comédien.

Si le chef dit que c’est impossible, ton comédien devra s’y plier.

S’il n’est pas capable de le faire, change de comédien.

C’est implacable, mais c’est essentiel.

Ce qui fait qu’un tournage se passe bien, c’est parce que le plan de travail est respecté.

Et le tempo d’un film dépend beaucoup de :

La synergie avec le chef opérateur.

En revanche si ton chef op ne voit pas le problème a bouger un plan à la place d’un autre, tu peux accéder à la requête du comédien.

Une fois que tu as ton planning anticipe les repas pour l’équipe, prévoit l’endroit où tout le monde mangera.

Si tu as la possibilité délègue les repas et les déplacements des techniciens ou comédiens qui sont non véhiculés à un régisseur dont ce sera la fonction.

5 – Le Matériel

Une fois ton plan de travail prêt, tu peux avec ton chef opérateur établir ta liste de matériel.

Tu n’as pas de chef opérateur, ou celui ci ne sait pas quoi prendre ?

Voici ce que tu dois garder à l’esprit :

Tu auras besoin de quatre types de matériel :

  • La caméra

  • Les optiques

  • La lumière

  • Le son

Tout ce qui est machinerie est une option, pas indispensable pour le moment.

1 – La Caméra

Pour le choix de la caméra, il faut se poser la question suivante :

Où mon film sera-t-il diffusé ?

Ne pars pas en vrille en te disant que s’il est bien tu le vendras à une chaîne, ça c’est hypothétique.

De quoi es-tu sûr ?

  • Sur internet ?

Oui ça, c’est sûr parce que ça ne dépend que de toi.

  • Une société de production encadre ton tournage ?

Et elle annonce qu’elle souhaite que ton film soit diffusé en festival ?

C’est aussi du concret.

  • La télé te l’a préacheté ?

Très bien, c’est du concret dans ce cas.

Si on descend un peu de notre nuage,

il y a de forte chance que ton film soit destiné avant tout à internet

et à être montré ensuite à des sociétés de production.

Dans ce cas là, inutile de louer une caméra qui filme en 4K ou plus.

Privilégiez les formats légers, plus facile pour la post-production.

Dans quel cas partir sur une caméra 4K ?

Si vous devez le présenter

  • en festival

  • à la TV

  • si tu as derrière le PC qui supporte les gros montages

(même s’il est possible de faire des proxis).

  • si tu as des effets spéciaux

Cela peut être de tout ordre, même une simple stabilisation de l’image.

Le logiciel va alors “croper” dans l’image (c’est à dire qu’elle va zoomer dedans) pour compenser les vibrations.

  • Si tu as un étalonnage qui va aussi dégrader l’image.

En effet, plus on modifie l’image (même pour la rendre plus belle, comme lors d’un étalonnage par exemple)

en réalité on dégrade l’image

plus ton image à une haute résolution (comme le 4K) de base

plus tu auras des chances que ton image à l’arrivée (après les modifs)

ait une qualité au moins équivalente au 2K

ce qui est le minimum comme format de diffusion.

Donc si tu comptes diffuser ton film sur internet, un DSLR suffira.

Inutile de vouloir à tout prix filmer avec la RED ou l’ALEXA.

Qu’est ce qu’un DSLR ?

C’est une caméra qui ressemble à un appareil photo, comme le Canon 5D ou l’Alpha 7S par exemple.

Et enfin, tu prendre également un trépied ça ne mange pas de pain.

2 – Les Optiques

Tu débutes, tu vas hésiter sur les cadres et les focales.

Privilégie le zoom à la série d’optiques fixes

Que tu prendras une fois que tu auras pris du galon.

Pour prendre une optique méfie toi de la monture.

Il existe plusieurs montures sur les caméras et les optiques et elles ne sont pas nécessairement compatibles.

Je te conseille de prendre une optique en monture EF (Canon) c’est la monture la plus courante, ça t’évitera des problèmes.

Et afin de mettre toutes les chances de ton côté, essayes de privilégier :

une optique qui “ouvre” le plus possible.

C’est à dire dont l’indice de diaphragme est le plus faible.

Une optique qui ouvre à 1.4 est le top, la moyenne est 2.8 c’est cet indice que tu dois obtenir dans l’idéal, sinon au delà de 4 c’est une optique qui va te poser des problèmes pour l’éclairage.

3 – L’éclairage

Si tu n’as pas de chef op, dis toi que tu as besoin au pire de trois sources pour éclairer un comédien.

  • Une source qui va lui taper sur le flanc droit.
  • Une autre plus petite pour “déboucher” le visage sur la gauche (ou inversement)
  • Une dernière qui l‘éclaire par derrière qu’on appelle “back light” qui sert à “décoller” le comédien du fond.

C’est ce qu’on appelle un éclairage en trois points.

Alors bien sûr, c’est l’idéal.

Parce que la lumière dans le film ne sera pas toujours au même endroit sur le comédien.

Surtout s’il bouge dans ton film.

Mais il faut toujours en utilisant des astuces du décor essayer de retrouver ces trois éléments.

Donc, qui dit trois sources, dit trois projecteurs.

Je te conseille les projecteurs LED.

Parce que :

  • C’est l’avenir

et que bientôt il n’y aura plus que ça.

  • C’est très pratique.

Pas nécessairement besoin d’alimentation secteur,

  • ça ne chauffe quasiment pas.

  • il y a parfois des effets intégrés.

  • c’est souvent léger.

Si tu as besoin de source puissante et directionnelle,

je te conseille les Cob de chez Aputure, vraiment très bien,

et sinon, si vous voulez une lumière plus estompée,

tu peux prendre des asteras ou des pavolights, ou encore des panneaux à LED avec de la diff.

4 – Le son

Si tu n’as pas de preneur de son,

c’est très tendu de faire un bon son,

et c’est ce qui trahi le plus les projets amateurs des pros.

Tout va dépendre

Si tu es seul, ou si quelqu’un peut percher.

Si tu es seul

  • Prends un micro cravate HF

positionne le au niveau du col de ton comédien et arrange toi pour le camoufler.

  • Loue un enregistreur son

Comme le Zoom H6 par exemple.

  • Il te faudra faire un clap

Pour plus tard synchroniser l’image et le son

C’est une option sûre.

Si tu as un preneur de son

Tu peux prendre :

  • Le même Zoom H6

  • Une perche

  • Un câble XLR de plus de 10m

  • Un micro canon

Comme le Sennheiser MKH60 par exemple.

Si tu tournes en extérieur

Il te faudra certainement un kit Rycote complet pour protéger ton micro du vent.

Alors bien sûr tu peux toujours prendre plus de chose, comme une mattebox ou un stabilisateur par exemple, mais nous allons au plus simple pour ton premier tournage.

Bilan

couverture2J’espère que cet article vous aura plu, sans doute que ce guide gratuit vous intéressera  :

“Tout ce que l’école de Cinéma ne vous apprendra jamais”

(Et qui est pourtant essentiel pour réussir)

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