Elle

Michèle se fait violer par un homme masqué. Elle va mener son enquête pour savoir qui est son agresseur…

ELLE est le 16ème film de Paul Verhoeven et son 15ème long métrage. Il sort en 2016 en présentation officielle au festival de Cannes.

10 Films notables sortis la même année : The Revenant, Batman VS Superman, Le Livre de la Jungle, SOS fantômes 3, Alice au pays des merveilles 2, le Monde de Dory, Independence Day 2, Camping 3, Warcraft – le commencement, 8 Salopards

C’est parti pour le test.

Histoire

6 / 20

L’histoire semble terriblement banale : une jeune femme se fait violer et décide de rechercher l’identité du criminel. A priori c’est une enquête, donc plutôt un polar… et bien non ! Ok donc elle va chercher à faire mordre la poussière à son agresseur, donc c’est un film de vengeance… et bien non ! et c’est même d’ailleurs ce qui a fait que Verhoeven ne l’a pas tourné aux Etats Unis, car les producteurs voulaient en faire un film de vengeance, ce qui s’éloigné de l’idée originale du roman. Car oui c’est une adaptation d’un roman de Philippe Djian répondant au titre évocateur de “Oh…”

Reprenons, ce n’est pas un thriller, ce n’est pas un film de vengeance, mais ça parle d’un viol, ok, c’est donc un drame ! Erreur ! Ce n’est pas ça non plus. C’est pas un film d’horreur ? Heureusement non plus. Mais alors qu’est ce que c’est ?

C’est un film de mœurs. Oui vous avez bien entendu.

“Elle” le film dont l’affiche est une escroquerie car elle vend tout sauf ça est en réalité un film de mœurs, comme on sait si bien les faire en France… pour notre plus grand désespoir…

Bon ok c’est un film de mœurs, alors qu’en rentrant dans la salle on voulait un thriller, on nous a pris pour des pigeons, bon soit, mais est ce au moins une histoire originale ? Alors “non pas du tout” et “oui un peu quand même”. Explication : l’histoire en elle même n’a pas du tout d’intérêt, par contre, sa finalité soulève une problématique originale sur “la violence dans le couple” et c’est ça qui peut porter à polémiquer. Mais soyons clair, vous aurez oublié le film dans une semaine tant l’histoire est inintéressante, ne portant pas bien loin toute polémique possible.

Un film qui vend ce qu’il n’est pas et ce qu’il est n’a que peu d’intérêt.

Scénario

8 / 20

Le film n’est pas engageant au niveau de l’histoire alors qu’en est-il au niveau du rythme ?

Mon dieu que le film est long !

La scène d’exposition présage du pire, et prend un gros risque : elle expose immédiatement l’incident déclencheur dès le départ. Ce qui a le mérite de lancer directement le film, le problème c’est qu’on ne sait pas avec qui est le Héros et ce qu’il a à faire !

Michèle est violée, c’est ce qu’on comprend dès les premières secondes. On a juste le temps de voir un homme cagoulé se redresser et partir, laissant inerte Michèle au sol.

S’en suit des scènes plus insipides les unes que les autres : on voit Michèle au travail, Michèle avec son fils, Michèle avec sa mère. On comprend que le scénariste essaye de nous la dépeindre comme une femme forte, le problème c’est qu’elle vient de se faire violer et qu’on la sait victime avant d’être forte. L’impact du viol aurait été bien plus intéressant s’il était survenu après les multiples présentations de Michèle en femme forte.

C’est une évidence mais pas pour le scénariste. Il a pris un risque qui aurait pu être payant si ça avait fait avec brio, ce n’est pas le cas ici. Donc on s’ennuie ferme au bout de quinze minutes et pourtant le film n’est qu’à son début et il dure 2h10 !

En fait ce qui préjudiciable à ce départ c’est que l’information principale a été donné dès le début et qu’en tout logique Michèle ayant été violé on peut être en droit de la voir chercher son agresseur, ou entreprendre une démarche (ce qui définit le personnage comme étant le Héros du film) pour le démasquer. Or il n’en est rien. Bien sûr il faut bien présenter l’environnement du personnage, ce qui est fait normalement au départ d’un film mais qui là n’a pas pu être fait. Donc bilan là où tout spectateur est prêt à le tolérer au début d’un film, il ne l’est plus du tout après qu’on lui a donné quelque chose d’autre de plus alléchant comme objectif du film. On veut que l’histoire avance. Or c’est comme si on se tapait un flashback dès le début du film !

On apprend à connaître (à notre corps défendant, il faut bien s’occuper) d’autres personnages. On y croise Richard, l’ex de Michèle, Anna, la collègue de bureau, le fils répondant au nom de Vincent, l’amant Robert, le méchant du boulot qui s’appelle Kurt et enfin le gentil voisin Patrick.

Je rappelle qu’à ce stade on croit encore qu’on est dans un thriller, donc on cherche le meurtrier. Chez les hommes évidemment. On a vu le criminel se redresser après l’agression et s’essuyer son sexe, un retournement de situation à la Brian de Palma du genre le meurtrier était en fait une femme ne sera donc pas possible.

Passons en revue les nominés : Richard / l’ex –  Vincent / le fils – Robert / l’amant – Kurt / le méchant du boulot – Patrick / le gentil voisin.

Sans être un Sherlock Holmes si vous avez déjà regardé un polar dans votre vie, le choix du criminel ne fait aucun doute.

Si vous ne voulez pas être spoilé, passez à la rubrique suivante de notation, mais pour ceux qui ont déjà vu le film, ou qui se moquent de cette révélation peuvent poursuivre.

Richard tout d’abord est son ancien mari, on peut dire qu’il a déjà eu plusieurs relations sexuelles avec elle, ils ont même eu un enfant ensemble. Si le divorce s’était mal passé, il pourrait éventuellement lui en vouloir et s’en prendre à elle. Mais visiblement ce n’est pas le cas, c’est même plutôt un allié. Donc pas lui.

Vincent, c’est le fils rappelons le… Si c’est lui, il aurait un sacré complexe d’Oedipe ! Mais on est chez Verhoeven et le film est vendu comme sans filtre et choquant, donc pourquoi pas, même si au vu du profil de l’homme masqué, il avait l’air massif or le fils de Michèle est long et fin. Donc peu de chance que ce soit lui.

Robert / l’amant couche avec elle déjà.

Kurt le méchant du boulot. Lui pourrait avoir des raisons de la violer. Dans le but de se venger, car au boulot ça ne va pas entre eux deux. Il est clair que ça semble tellement gros que ce soit lui que tout amateur du polar vous dira que s’il y a bien une personne qu’on peut écarter tout de suite c’est lui. Car c’est à lui qu’on va vouloir faire porter le chapeau.

Et enfin Patrick le gentil voisin. Lui ça semble impossible tant il est sympa et en plus il est marié à Virginie Efira… Autant dire que Michèle incarnée par Isabelle Hupper, c’est pas le même standing. Et de même comme tout amateur du polar, vous vous doutez bien qu’il a l’air tellement idéal ce type que tous les soupçons vont se porter sur lui.

Et bingo ! Tout est cousu de fils blanc.

Le scénariste essaye de faire porter le chapeau à Kurt et de discréditer le Patrick. Sauf que la chose est tellement visible qu’on voit l’ensemble arriver à des kilomètres. Premièrement autant Michèle entretient nécessairement des rapports avec ses ex, fils et employé mais autant ses voisins pas du tout… le scénariste peine donc à les intégrer au récit. Et on se dit pourquoi s’évertue-t-il à nous servir une scène qui n’a aucun intérêt avec ce voisin et cette voisine dont on se moque pour l’avancée de l’enquête, si ce n’est qu’il y a un rapport malgré tout, et que ce rapport ne peut être que la clef de l’énigme ?

Bon ok, on a une heure d’avance sur le personnage principal, mais qu’est il des personnages en eux même, sont ils bien écrit ?

Et bien étrangement pas si mal.

On sent une volonté du scénariste de transcrire un thème, dresser une sorte de tableau des mœurs amoureuses.

Il y a le divorce avec Michèle et Richard. La jalousie entre Michèle Richard et sa nouvelle compagne Hélène. Vincent et sa copine à qui il est soumis. Michèle et Robert où c’est purement physique mais rien d’autre. Michèle et sa collègue de bureau, Anna, avec l’amour homo. La tromperie pour Anna, avec Robert qui s’envoie Michèle. La mère de Michèle avec un jeune qu’elle entretient et qui ne reste avec elle que pour l’argent. L’amour paternel défait entre Michèle et son père. L’amour parfait entre Patrick et sa femme. L’amour caché entre Michèle et Patrick qui est la première étape entre eux, mais qui va vite se transformer en la dernière étape qui sera l’amour violent. Et chaque personnage est bien décrit et campe bien le thème qui lui est assigné.

Je relève une incohérence au niveau des personnages que je n’ai pas réussi à m’expliquer : Il y a une intrigue secondaire où l’on cherche à savoir qui est l’auteur d’une vidéo érotique mettant en scène Michèle. Lorsqu’elle met la main sur l’auteur, elle lui demande de baisser son pantalon, elle remarque qu’il n’est pas circoncis, elle lui dit qu’elle croyait qu’il était juif. Il lui dit que non. Et elle rajoute que celui qu’elle cherche est circoncis, donc sans doute juif ou musulman. Or notre voisin Patrick est catholique, donc a priori non circoncis. Pourquoi avoir parlé de cette piste de la circoncision si au final c’est pour déboucher sur une incohérence ? C’était pour noyer la piste de Patrick ? J’avoue je sais pas si c’est ça ou une erreur.

Autre chose surprenante, elle vient de se faire violer, elle est inquiète, logique, elle a peur de se faire agresser de nouveau, crédible. Ok. Elle demande de changer les serrures. Ok, jusque là rien d’anormal, mais alors pourquoi ne pas carrément changer la porte ? Elle a une porte fenêtre ! Elle peut mettre toutes serrures qu’elle veut, n’importe qui peut casser la fenêtre et rentrer chez elle…

D’autre part la stupidité de son fils est vraiment surprenante. Vincent a un fils avec sa copine qui est blanche, ils ont un fils noir (son meilleur ami est noir…). Au moment où son fils est présenté, en tant que spectateur on s’amuse (au moins une chose de réussi) tant la chose semble évidente qu’il s’est fait trompé et pour nous il ne fait pas un seul doute comme quoi il va le réaliser lui aussi… Et bien non, il s’évertue à être convaincu que c’est son fils. Je veux bien qu’on puisse s’auto-convaincre, mais là c’est quand même fort.

Il y a enfin un dernier élément qui pour moi est une erreur de construction, c’est ce qu’on appelle le spectre de Michèle. Elle a un sombre secret lié à son père.

L’élément du père qui est un meurtrier, est un élément bien lourd dans le récit qui n’apporte rien.

On pourrait y chercher une justification du caractère dur de Michèle, mais c’est pas tant son père psychotique qui en est à l’origine, mais la situation antérieure. Se sachant dans la ligne de mire de la police (car on la soupçonne d’avoir été complice de son père, étant enfant) elle ne la prévient pas lors de son agression. C’est ça qui forge son caractère, plus que les penchants bizarres de son père. Et c’est, à mon sens, un prétexte, bien lourd et maladroit pour qu’aucune enquête digne de ce nom n’est lieu. Il y a d’ailleurs un moment où le subterfuge est limite : elle retrouve sur son lit le sperme de son agresseur. Autant dire que si une enquête était lancée, et que l’on faisait une comparaison avec les hommes de son entourage, l’identité du branleur serait vite révélée… Mais on se doute que c’était pas la volonté du scénariste d’où le subterfuge du père meurtrier… Que c’est lourd…

Bon et notre histoire ? Maintenant que l’on sait qui est le violeur, il n’y a plus d’histoire non ?

Et bien si. Et c’est une autre maladresse du récit. Comme le film part là dessus, on pense qu’une fois démasqué le criminel, l’histoire est pliée, sauf que c’est là la supercherie ! C’est à ce moment là où l’on comprend qu’on n’est pas dans ce qu’on a voulu nous vendre. On est dans un film de mœurs, et du coup l’identité du violeur, n’est donc pas une résolution mais plutôt une étape. Si l’on aborde immédiatement le film en ayant ça en tête, l’ensemble doit paraître plus tolérable (bien que maladroit) et on se sentirait moins floué.

Après s’ensuit une scène de Noël d’une surréaliste banalité, où chaque protagoniste est réunis lors d’un dîner, que l’on aurait jamais imaginé un jour voir signée de Paul Verhoeven. On est dans ce que fait le cinéma français depuis 50 ans :

Le règlement de compte de sa vie sexuelle autour d’un repas.

Comme lors d’une scène précédente, on a compris que Michèle a des vues sur Patrick, notre objectif de criminel se retrouve supplantée par celui de la recherche de l’amour cristallisé dans le personnage de Patrick. Soit. Ok.

Ce qui est intéressant, je l’avais suggéré lors de la notation de l’histoire, c’est le passage qui suit. Michèle aime (disons qu’elle a du désir) pour son voisin, qui s’avère être son violeur. Lorsque celui ci tente une nouvelle fois de la violer, elle réalise son identité.

On est dans un paradoxe intéressant.

Elle le désire, il essaye de la prendre par la force en étant masqué : Elle se refuse à lui. On apprend qu’il est l’homme qu’elle désire. Que va-t-elle faire en l’apprenant ? Lui dire de revenir et de vivre leur amour ? Est ce que du coup elle ne le désire plus, car il l’a déçu ?

C’est intéressant. Ce qui serait même intéressant mais qui dépasse le cadre du film, c’est : est ce que savoir qu’elle a été au départ du film violée par l’homme de ses rêves alors qu’elle croyait que son violeur était un monstre atténue-t-il sa souffrance initiale ? Réflexion borderline, mais intéressante, et surtout originale qu’à ma connaissance aucun film n’avait encore abordée.

Mais le développement du film ne s’arrête pas là. En effet, Michèle continue de croiser son voisin, et comme elle le désire toujours, ce qui devait se passer, va arriver. Ils vont de nouveau coucher ensemble, mais cette fois ci de manière consentante. Mais voilà, Patrick pour pouvoir jouir à besoin d’être violent, ce que Michèle accepte. Nous sommes donc en présence d’un couple SM.

Sauf qu’après une scène de fête où les protagonistes se retrouvent pour fêter la fin de leur jeu vidéo, Michèle a une prise de conscience aussi subite qu’improbable et elle décide de dire la vérité à tout le monde au risque de faire du mal aux personnes. Cette prise de conscience ne découle de rien du tout. Elle a juste envie d’être franche. Nul. Il n’empêche que la scène qui suit, celle de la voiture, met en exergue un autre raisonnement intéressant.

A ce stade là, on pourrait être en droit de se dire : après tout, s’ils ont besoin de violence pour se stimuler l’un l’autre, ce ne sont pas les premiers SM que la terre est portée, il n’y a rien de mal, du moment que l’un comme l’autre et consentant. Sauf que ! A l’origine, le gentil voisin Patrick, a violé Michèle au tout départ du film et ce, sans que Michèle à ce stade, n’est de sentiment pour lui. Donc bel et bien un viol, et bel et bien criminel. Et comme le précise Michèle, combien de femme avant elle, ont-elle été violé ? Elle décide de le dénoncer à la police. Un affrontement s’engage entre Michèle et Patrick, dont Patrick n’en sortira pas vainqueur. Stratégie de Michèle pour exciter son partenaire ou réelle volonté de le dénoncer ? Le mystère demeure. Mais la réflexion et le dilemme étaient bons.

Un scénario bien mal écrit, avec de bonne intention, mais bourrée de maladresse. On s’ennuie ferme jusqu’à la fin où l’on sent une volonté de faire réfléchir sans pour autant convaincre. 

Lumière

8 / 20

C’est moche. C’est une lumière réaliste, indigne d’un thriller. Mais comme on l’a découvert, en cours de route que ce n’est pas un thriller, mais un film de mœurs à la française, là la lumière fait ton sur ton avec ce qui se fait traditionnellement en France : une lumière réaliste, quasi documentaire, sans inspiration, et sans homogénéité.

Pas le point fort du film.

Direction comédien

13 / 20

Voilà le point fort du film. La direction des comédiens est cools. Comprenez quand même que c’est pas parce que la prestation de chacun des comédiens est folles, mais que c’est ce qu’il y a de mieux dans le film ! C’est pas pareil. Isabelle Hupper est bien, elle est présente, elle a plusieurs moments de justesse. J’aime bien le passage avec Hélène dans la salle de sport, de même que le passage avec son fils au moment des cendres est bien interprété, on sort des sentiers battus. Sinon on est dans du balisé.

Il n’y a pas d’erreur mais pas de brillance non plus.

Une remarque quand même, c’est qu’il faut beaucoup d’imagination pour envisager Isabelle Hupper gérante d’une boite de Jeux vidéo, et que malgré ses efforts j’y ai jamais vraiment cru.

Laurent Laffite est bon également, sans brillance aussi, il est là où on l’attend, idem pour Charles Berling. Ceux qui pour moi sont les plus surprenants, c’est la copine de Vincent. La comédienne, Alice Isaaz, est exécrable en diable. L’écriture du rôle y est pour beaucoup mais l’incarnation est là. On y croit. Et plus surprenant pour moi, Virginie Efira, que j’avais pas trop vue dans d’autre rôle, est particulièrement juste et drôle, voir touchante dans son rôle de Ned Flanders au féminin.

Le point fort du film, avec en tête la prestation de beaux seconds rôles comme Alice Isaaz et Virginie Efira. 

Mise en Scène

6 / 20

Ah la mise en scène ! C’est le point sur lequel j’attendais Paul Verhoeven. Je suis très friand de sa mise en scène, Robocop, Basic Instinct, Starship troopers sont mes films préférés de lui, mais j’avais trouvé très intéressante également la mise en scène de Black Book, moins graphique mais avec de très bonnes idées de caractérisation de personnage et de dramatisation de scène. Mais ça c’était avant. Ici, c’est le naufrage.

Où est Paul Verhoeven ? Nulle part.

Les plans si maîtrisés auparavant sont ici cadrés systématiquement à l’épaule, pas de chorégraphie qui fait sens, pas d’idée de mise en scène, pas de point de focalisation, juste rien.

C’est simple au départ j’ai cru que j’étais face à un téléfilm !

De plus comme dit plus haut, avec une lumière aussi pauvre, on est vraiment ton sur ton. De plus qu’est ce que Paul Verhoeven est allé se compromettre dans une histoire aussi… française ? C’est une histoire sans ampleur, à la limite de l’anecdote. Pourquoi ? Pour les scènes de sexes qui s’y trouvent ? Pour le thème abordé de l’amour avec violence ? Il y avait mille manières de mieux le traiter, et dans des films qui aurait pu être bien supérieur. Basic Instinct, c’était déjà un des thèmes abordés, la fille avait besoin pour avoir un orgasme de tuer. Et quel film ! Les deux films ne sont même pas comparables tant ils ne sont pas dans la même cour.

Il y a des scènes qui auraient dûes être puissantes. La scène du viol tout d’abord, tout le film tourne autour de cette scène. Et bien rien, pas de fulgurance, pas de génie. Si M. Verhoeven tombait sur le film The Revenant et qu’il voyait la scène de “viol par l’Ours”, il pleurerait sans doute, en voyant qu’il n’est plus du tout dans l’école des grands, il est dépassé par les jeunes qui font le cinéma, lui ne fait que le suivre et pas le meilleur ! Et que dire de la scène dites “des jumelles”. C’est une scène si hitchcockienne, lui qui l’aime tant, on est sur du point de vue comme fenêtre sur cour, il y avait des variations à faire sur les valeurs de plans, il y avait des angles à trouver, il avait de la matière à faire de belles choses. Ici, il nous fait ce que font les pires réalisateurs : de la mise en image du scénario.

Sans saveur, sans audace, sans Verhoeven.

Il y a bien quelques petites idées, l’apparition du sang dans le bain, certains raccords elliptiques au départ qui font sens, certains d’ailleurs sont un peu trop cuts. Mais bon, on va pas bouder son plaisir, quand on voit ce qui reste à se mettre sous la dent.

Pour reprendre la métaphore Hitchcock, je dirais que ce film me fait penser à “Complot de famille” le dernier film de Hitch, sans force, avec des scènes qui font un vague echo à ce que Hitch était capable de faire au meilleur de sa puissance, mais surtout un film daté, qui n’est plus du tout dans le coup. Et quelque part quand je vois “Elle” et que je pense à la filmo de Paul Verhoeven, j’ai mal. J’espère qu’il y aura pour lui une vie après.

Une mise en scène indigne de Paul Verhoeven. 

Son

14 / 20

La composition musicale nous est proposée par une femme ce qui est assez inhabituelle pour être précisé : Anne Dudley. Sa partition est très élégante, et donne immédiatement une densité et une émotion à un film qui en manque cruellement. Elle nous donne pourrait-on dire le “la”, on pense bien sûr à Jerry Goldsmith dans Basic Instinct mais aussi Bernard Hermann, ce qui n’est pas, loin s’en faut, rien. Le problème c’est que nous ne sommes pas dans un thriller, comme je ne cesse de le marteler, mais dans un film de moeurs, une sorte de film sociale un peu trash. Or là pour le coup, la musique semble subitement en décalage avec l’ensemble.

Une bonne composition de qualité supérieure au film, mais qui n’est pas adaptée au type de sujet traité. 

Direction artistique

8 / 20

Nous l’avons dit, le casting est un peu poussif en ce qui concerne Isabelle Huppert dans le milieu des jeux vidéos mais encore plus dans le rôle d’une leader de boite. A mon sens le choix des jeux vidéos est pas judicieux.

L’autre problème est l’obsolescence des vidéos que la société de jeux vidéos met en place. On voit bien que le graphisme est daté pour une console comme la PS4, et ce n’est d’une part pas faire honneur à la PS4 que de montrer des graphismes pareils et pas crédible en terme d’histoire car immédiatement on a du mal à croire qu’ils arrivent à écouler plein de jeux comme ils nous le prétendent au départ.

Il y aussi deux autres passages qui sont à la fois pas crédibles et mal faits. C’est le passage de la séquence cinématique du viol. Dans cette séquence il y a une incruste du visage d’Isabelle Huppert sur un personnage du jeu vidéo, mais l’incruste est vraiment vilaine, pour des pros de l’infographie, on se pose des questions sur leurs compétences…

D’autre part les infographistes placent une séquence de viol dans leur jeu vidéo… et tout le monde trouve ça normal ! Je veux bien que dans le futur la tolérance soit relevée, mais le film est contemporain vu qu’il est question de la PS4 et il n’est même pas envisageable d’avoir une séquence de ce genre sans qu’il ait toutes les associations qui se manifestent, or ce n’est même pas évoqué et d’ailleurs ce n’est même pas un soucis qui les taraude lors de la conception du jeu. Ce qui tend à décrédibiliser l’univers.

Une mauvaise retranscription du monde du jeu vidéo, avec en plus des choix inappropriés. 

Effets Spéciaux

NS

EN RESUME

ELLE est  :

– un film de mœurs

– avec une musique de qualité pour un thriller…

– … pas un thriller

– composé de seconds rôles féminins bien interprétées

– un film écrit maladroitement

– pas un film digne de Paul Verhoeven

– long… mais long… qu’est ce que c’est long !

– un mensonge sur son contenu

– composé d’une intrigue policière qu’on résoud en 5 minutes

– une esquisse de réflexion sur les mœurs douteuses

un film à éviter

Note Finale

9 / 20

Bilan

couverture2J’espère que cet article vous aura plu, sans doute que ce guide gratuit vous intéressera  :

“Tout ce que l’école de Cinéma ne vous apprendra jamais”

(Et qui est pourtant essentiel pour réussir)

A quelle adresse souhaiteriez vous que je vous l’envoie ?

Je déteste les spams, votre adresse mail ne sera jamais cédée ni revendue 😉

2 Comments
  1. François 2 années ago
    Reply

    Ce film extrêmement décousu, d’un esthétisme douteux et dépassé est un film sur la culpabilité collective, familiale, l’ombre du père (un monstre) plane et l’héroïne doit “payer” pour les crimes de son père; viols jugés “nécessaires”, fils crétin, mère nymphomane, petit-fils d’un autre que son fils, une vraie damnation…Le film ne se comprend que par cette symbolique lourdingue. Evidemment, le catholicisme est jugé responsable, ridiculisé (personnages de crêche en plastique, épouse bigote du voisin) tandis que le non-catholique (le circoncis) a un droit de cuissage sur la bourgeoise ! Le seul qui pourrait relever la boite qui produit des jeux vidéos laids et dépassés, c’est Kurt, un méchant qui vient du froid sans intérêt. Du très mauvais. Je suis heureux de lire votre critique !

    • Marc 2 années ago
      Reply

      Je ne pouvais pas mieux dire !
      Merci François pour votre avis.

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